La Martinique, cette Isle à faire Peur.
Par Éric E.G. NOGARD             Â
Comme si Personne ne réalisait quelle Partie est en train de se jouer.
Et dire qu’on en dira demain qu’on ne savait pas.
Et dire qu’on en dira demain qu’on faisait confiance.
Et dire qu’on en dira demain qu’on redoutait de perdre son gagne-pain… mais qu’on n’était pas des Lâches.
C’est ça le propre du mauvais joueur, c’est ça le propre du joueur de la pire espèce, du joueur qui triche cyniquement, pour tout rafler, et qui, s’il lui arrive de perdre, se met à pleurnicher :
« Je n’ai pas fait exprès, je ne savais pas, je faisais confiance, j’avais peur de perdre mon emploi et donc mon gagne pain. »
Et c’est ainsi que la Martinique est devenue une Île à faire peur, tellement elle compte de mauvais joueurs, de mauvais joueurs qui ont la partie belle, la carte écornée et usée de l’esclavage surgissant toujours de leur manche, telle une Carte Capitale, du plus bel effet et du meilleurs office, au sein d’une Population tellement abusée qu’elle n’en peut mais, qu’elle lay down her arms and surrender, broken under the strains.
Et c’est ainsi que bien des Martiniquais se sentent étranglés et perdus en cette Martinique devenue pour eux moins hospitalière que le pays étranger le plus hostile, mais où au moins, on sait à quoi s’en tenir avec bêtes, choses et gens.
Tant des nôtres ont déjà fui et tant d’autres aimeraient pouvoir le faire, mais est-ce si facile.
Maintenant qu’on s’y est fait un nouveau Dieu avec ses bons apôtres et son compte de saints, voilà qu’on se prépare à « débaptiser » les rues porteuses de noms d’esclavagistes, ou prétendus tels, comme si, en matière d’esclavage, il y avait un autre esclavagisme que ce complexe dû à la peau noire, cette peau pourtant si belle, mais qui, hélas, tient lieu d’enveloppe à des esprits si coincés, à des mentalités si étroites comme à des tortionnaires tellement ambitieux et pervers.
Comme si, en fait, la peau noire pourtant si belle, n’était pas le souffre douleur de complexés imbéciles, qui ne sont pas dignes de la porter.
Car le Coupable n’est pas la peau, ni l’une ni l’autre d’ailleurs. La Preuve en est palpable : le Métissage.
Quelle loi à ce jour a pu l’empêcher et quelle loi l’empêchera jamais. Les peaux qui s’aiment, pour fusionner au plus intime, regardent-elles à leur couleur.
Car le Coupable n’est pas l’esclavage : nul ne peut en parler décemment pour l’avoir connu en Martinique.
Si le rag-time et la soul music rappellent qu’il existât quelque part, nos chansons de Biguine comme de Mazurka et même de « Bèlè » le contredisent de la manière la plus irréfutable et le renvoient à notre préhistoire.
En revanche, la Dictature est bien de notre actualité et les Macoutes aussi, hélas.
Que l’Esclavage ne soit pas l’écran derrière lequel se cache la Dictature bien présente chez-nous, mais tellement trompeuse et forte de tant de Complices et de Complicités.
Que l’Esclavage ne soit pas le Rideau qui recèle les Macoutes et le Macoutisme que la Tutelle de la France a jusqu’ici pu tenir en respect, mais pour combien de temps encore.
Colonialisme et Esclavage, c’est ça notre Pré-histoire ou c’est ça notre malédiction, malédiction à laquelle nous nous accrochons désespérément comme à une bouée de sauvetage en matière de chantage pour l’accès à la chose de l’autre.
Nul ne songe à ces Démons, mis à part ces propagandistes qui autrement ne sauraient quoi dire pour justifier leur volonté de mainmise tout à fait injustifiée.
Dictature, Macoutes et Corde autour du Cou, n’y sommes-nous pas déjà , au point que, de toutes nos forces, nous souhaitions la partition de la Martinique selon une Ligne MASON & DIXON à déterminer.
Vu le nouvel état d’esprit, notre âme est à la sécession, à la nouvelle Dixie-Land.
L’espèce de Martinique qu’on nous promet n’est pas à notre goût… n’est-elle pas plutôt de nature à nous faire peur.
En tout état de cause, à défaut de rayer les mots Colonialisme et Esclavage de son Vocabulaire, la Martinique portera en son sein les germes de sa ruine pour plus tôt qu’elle ne saurait le croire.
Puisse-t-elle se ressaisir avant qu’il soit trop tard.







