Montréal

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Paramètres électoraux II

25-07-2012

Paramètres électoraux II

                  Par Michel Frankland                

Amir Khadir a ce je ne sais quoi qui plaît à certains électeurs.  Il dégage une densité évidente, celle des passionnés. Habile de surcroît.  Il demeure que le piquetage devant un vendeur de souliers tient du délire.  Une toute petite partie des chaussures de Monsieur Archambault provient d’Israël. Lysiane Gagnon note que les commerçants palestiniens de Paris n’hésitent pas à étaler des objets fabriqués en Israël s’ils les jugent attrayants pour le consommateur. Ce délire s’est manifesté dans son association aux attitudes les plus extrémistes des «carrés rouges». Il s’est demandé, lui, député d’un système démocratique, s’il ne fallait pas défier la loi. Voilà de quoi lui coûter cher en politique. Encore qu’il pourrait habilement  s’associer au tintamarre des casseroles. Mais je parierais qu’il va écoper.

La CAQ pose un autre problème.  En principe elle représente le meilleur des deux mondes. Elle a dénoncé la complaisance cynique du PQ-carré-rouge ; elle n’est pas le Parti libéral, dont on a déploré la gestion de la crise étudiante. Comment se fait-il alors qu’il ait perdu un pourcentage élevé entre ses débuts et sa constitution en parti politique impliqué dans les divers déchirements  sociaux ?

Trop de prudence nuit. Il m’est venu une comparaison en regardant un match entre Venus Williams et Vika Azarenka. Cette dernière, percevant la force de plus en plus pressante de Williams, se mit à la prudence. Elle retournait  d’une manière sûre les balles. Venus avait la partie belle. Elle plaçait dans les coins ces balles faciles, trop prudentes. J’écoutais François Legault et il m’a semblé qu’il jouait le même jeu prudent… sans flamme, sans passion. Sans allumer l’électeur. Le peuple n’y trouve pas le cœur qu’il a envie d’entendre battre. Battre d’espoir. «I had a dream !» tonnait Martin Luther King. Le peuple veut  qu’on lui montre le chemin  par où traverser la Mer Rouge.  Je me suis demandé quel genre de conseiller il avait choisi… Politique et passion riment. Où chez Legaut trouve-t-on la saine ferveur inhérente à une campagne efficace ?

Je signalais à un voisin qu’un ami, comme un frère pour moi, se présentait pour la CAQ dans mon comté.  Abel Arslanian a réalisé ici des projets remarquables depuis des années. Un homme de cœur et d’efficacité. Mon voisin me sermonne : il ne faut pas voter pour un candidat, mais pour un parti. Vraiment ?

Alors, rappelons à ce voisin, au demeurant brillant et ami de longue date, une loi pratiquement immuable des élections : 50-40-5-5.  Le critère le plus fécond dans la mentalité populaire, c’est la valeur du chef de parti. Suit, à 40 %, le programme de l’organisation politique. Et, ex aequo en queue de peloton, le candidat local et l’organisation du comté. Tous les partis d’expérience l’ont constatée.

Ajoutons deux éléments qui semblent étrangers  à cette loi quadripartite. Le PQ avait constaté que le nombre de cartes de membre qu’on fait signer amène 6,5 fois plus de votes. De même, les vieux routiers de la politique prédisaient par expérience que le vote dans un comté correspond au nombre de poignées de mains aux électeurs.  Le lecteur perçoit probablement le lien avec la formule 50-40-5-5 : ces deux ajouts ne se réalisent, dans la pratique,  qu’avec un chef énergique et un programme attrayant. Autrement, l’équipe nécessaire à la réalisation de ces deux ajouts n’existera pas.

Comme quoi les élections sont cruelles. Vous vous êtes dévoué dans votre comté. L’immense majorité de vos électeurs vous reconnaît une qualité remarquable pour la réalisation de nombreux projets dans le comté. Mais voilà que votre parti subit un échec cuisant et vous êtes battu par une jeune personne qui n’a fait que satisfaire aux exigences minimales de la validité électorale. Comble de l’absurde, elle se baladait en vacances lors de l’élection !

Cela pose le problème de la représentativité proportionnelle. On vante la planche de salut de la proportionnelle pure : 28 % du votes, 28 % des sièges. Enfin, on serait représentés à 100 % !… Les  tenants de cette théorie Blanche Neige oublient l’objectif fondamental de l’élection, soit de mettre au pouvoir un parti qui puisse gouverner. Mais cela  s’avère impossible avec la proportionnelle pure, car ce système est par nature instable. J’ai eu en ce sens des témoignages convaincants de la part d’Italiens et de citoyens d’Israël qui s’arrachaient les cheveux en se demandant comment sortir de ce merdier.  Car ce système plus pur que pur donne aux partis marginaux une puissance en pratique démesurée. Ils peuvent  tout bloquer, ou alors il faut leur faire des concessions qu’on sait médiocres pour l’État.

La vraie solution, celle de l’Allemagne entre autres, consiste dans une voie mitoyenne. Mais la moindre tentative en ce sens a avorté ici à chaque fois qu’on a pensé à l’adopter…

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