Montréal

Nouvelles

Une Chose nous échappe.

25-07-2012

Une Chose nous échappe.

            Par Éric E.G. NOGARD                       

 

 S’il est une chose qui nous échappe et qui pourtant ne devrait pas nous échapper, n’est-ce pas notre part de responsabilité dans bien des choses dont très souvent nous nous plaignons beaucoup, pour ne pas dire le plus.

 

Et, en ceci, même si nous portons une vénérable barbe blanche – symbole dit-on de la sagesse – ne montrons-nous pas combien notre instinct grégaire nous rassemble comme un troupeau, beaucoup plus que nous n’imaginons.

 

A vrai dire, nous nous plaignons de tout ou presque, ou presque, attendu que, dès que ça va pour nous, tout va.

De même, à vrai dire, dès qu’en ceci ou en cela les choses ne vont pas à notre gré, il n’y a qu’un coupable, autrui.

 

 

Un peu trop appauvris, pas assez enrichis, c’est Sarkozy.

Du retard scolaire, des hôpitaux à la dérive, c’est l’État.

La violence entre dans l’enceinte de l’école, c’est la maîtresse.

Les prisons sont surchargées, c’est la faute au manque de prisons.

 

Quant-à nous nous regardons, comme la vache passer le train.

Ne pouvons-nous pas éplucher notre banane ou développer notre camember.

Notre paie n’est-elle pas assurée, le Patron n’y prend-il pas garde.

Si l’Armada fait eau, n’y-a-t-il pas la Reina de España.

 

Et que passe le temps, et c’est ainsi qu’il passe désinvolte.

Qu’on dise gare au bruit, que nous importe, nous en sommes à l’abri.

Qu’on dise gare au gaspi, amène-t-on son coffre avec soi dans la tombe.

Qu’on dise gare à l’escroc, n’avons-nous pas sur langue les miettes qu’il nous jette.

 

Tout est donc bien, tout est parfait, et la vie est si courte.

Alors amusons-nous. Faisons comme des fous.

Prenons la vie par le bon bout, jamais nous n’aurons le vent debout.

Nous sommes intelligents, le monde tourne comme nous le voulons.

 

Et soudain, Patatras ! Le pot de Chambre s’est foutu par terre.

Quel salaud celui-là, il nous met dans la merde.

Le marchand de poulets met la clé sous la porte, ce nigaud.

N’est-ce pas une honte, est-ce nos Député qu’on mettra à la ponte.

 

Il est vrai qu’il y a notre belle Angéla, elle a la bourse pleine.

C’est pas comme la Bertha qui pétait des Obus, elle s’est tue.

Alors c’est le moment, mutualisons les trous, comblons les de ses sous.

Notre petit Curé lui dira in nomine Patris, Angéla c’est comme ça.

 

Et c’est vrai qu’Angéla se taira, sa bouche se fermera,

Ahurie qu’elle sera devant ce petit monde hier si joyeux.

Mais sa bourse comme sa bouche aussi se fermera,

Une fois qu’elle aura dit, ou c’est le mariage ou le chacun chez soi.

 

Alors comprendrons-nous qu’une chose nous échappe,

Ou nous a échappé…

 

Remarque : Nos chroniques expriment l’opinion de « Martinique Province Française », un Mouvement Français dont la consistance se confirme de jour en jour.