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Contestation étudiante Méprise 6 Nature des droits

06-06-2012

Contestation étudiante Méprise 6 Nature des droits

Par Michel Frankland

Une méprise courante et très rarement questionnée porte sur la nature des droits.

Reconnaissons d’entrée une distinction fondamentale. Il y a deux sortes de droits. Un droit est absolu ou circonstanciel.

Les droits absolus sont au nombre de… un. Il n’y a qu’un droit absolu. Celui d’être respecté. Une société doit d’abord reconnaître l’ultime décence de toute personne. Sans distinction de sexe, de race, de religion ou de couleur de la peau. Voilà pourquoi ce droit fondamental est le moins respecté par les dictatures. Car l’exercice de ce droit suscite la liberté, la capacité de croire assez en soi pour défendre des opinions et s’opposer à la dictature. La dictature, ultimement, ne respire que lorsque les sujets  – comme on parlait des sujets du roi – sont réduits, intérieurement du moins, à l’état d’esclaves.

Dans nos sociétés démocratiques, on en relève malheureusement des éléments. L’intimidation, des attitudes racistes entre autres. Une des manifestations de l’importance de ce droit consiste dans le suicide de certains étudiants privés de leur dignité par l’intimidation. On les traite comme des sous-êtres, des indignes, des rebuts. Or, il est d’expérience psychologique que l’on est, pour une bonne part, ce qu’on croit que les autres croient qu’on est.

Les autres droits sont circonstanciels. Ils ne peuvent s’exercer qu’à certaines conditions. Supposons que nous vivons dans les sables du Sahel, nous demandant chaque jour si nous trouverons l’eau et la nourriture pour survivre une autre journée. Le droit absolu demeure.  Je suis pauvre comme Job. Mais je mérite intrinsèquement le respect. J’ai  tout perdu sauf ma qualité essentielle d’être humain.

Mais voyez-vous l’absurdité d’un jeune qui clamerait, du fond de ces sables inhospitaliers, qu’il a droit à l’éducation ? Les chefs de la tribu lui rappelleraient une évidence : «On n’a pas une cenne !» Je veux illustrer par cet exemple extrême le caractère relatif, parce que circonstanciel, des droits autres que le droit d’être respecté. Si bien que le droit à l’éducation, sujet d’actualité s’il en fût, doit se situer dans les limites étatiques du support financier à l’éducation.

Or, nous sommes dans les dettes jusqu’au cou ! Vous vous souvenez de ce constat financier d’il y a quelques mois : le Québec est le cinquième état dans la liste des plus endettés. La Grèce, première de cordée, a plongé dans les affres économiques que l’on sait. Pas loin derrière, on trouve l’Espagne, le Portugal, l’Islande. L’Irlande n’est pas non plus en grande santé financière. L’Italie non plus. Nous sommes dans ce sillage.  Les institutions financières nous soufflent dans le cou. Et elles n’entendent pas à rire. On a vu certains pays européens taxées  d’une cote de crédit alourdie.  Ce qui rend, par cercle vicieux, leur dette encore plus difficile à assumer.

Le gouvernement Charest, pour conserver le pouvoir, a préféré nous beurrer de cadeaux, quitte à pelleter la dette croissante dans la cour des générations futures. Mais voilà, les institutions financières lui rappellent que la kermesse est terminée. Il se voit dans l’obligation de ramener les droits de scolarité à ce qu’ils auraient été s’ils avaient été indexés au coût de la vie – avec, peut-être, une très légère augmentation.

Les étudiants, on le voit, sont tout à fait inconscients de la nécessité de ce rattrapage. Symétriquement, le gouvernement Charest m’a semblé abyssal dans l’explication de tenants et aboutissants de la raison d’état qui motive  cette décision.

Si j’étais au gouvernement, je déclarerais candidement aux électeurs : «Je désire vous donner à chacun un million par jour. Malheureusement, nous n’avons pas cet argent. Partons donc de ce que nous avons.» Et je montrerais, étalant les avoirs collectifs par chiffrier, que nous n’avons pas le choix  de charger cette somme minime aux étudiants.

Minime en effet. Un fiscaliste a montré que, en tenant compte de tous les rabais fiscaux, L’augmentation des frais de scolarité coûteront à l’étudiant en moyenne à peine de 1000 $ sur cinq ans.

Mais cela suppose  chez les étudiants assez de santé mentale, de maturité et de bon sens pour comprendre qu’à part le droit absolu d’être respecté, tous les autres droits sont fonction des finances publiques. Bref, l’enseignement, aussi noble en soit la nature, n’est qu’un droit circonstanciel.

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