Montréal

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Une Langue Folklorique, rien de plus.

29-11-2011

Une Langue Folklorique, rien de plus.

Par Éric E.G. NOGARD                

 

C’est vrai qu’on aime le Créole – du moins admettons-le – au point d’en faire l’une des Merveilles du Monde, sinon la seule.

 

Hélas ! Un Fantasme n’est qu’un Fantasme, pas un Rêve : bien des Rêves sont devenus Réalité, le deviennent et le deviendront.

 

Quant au Fantasme, il ne sera tout au Plus qu’un rêve sans lendemain.

 

 

Prenons l’Herbe. Quoi qu’elle fasse et quoi que le Botaniste puisse faire pour elle, elle ne sera qu’une Herbe comme le veut son destin.

 

Certes elle ne rompra pas sous la poussée du vent, mais n’est-il pas vrai qu’un bon coup de soleil, un bon coup de carême, aura vite fait d’en laisser la Lande toute Pelée.

 

Libre à l’Herbe d’envier le Chêne, de le Haïr ou de l’Aimer, il y a fort à parier que l’Herbe n’aura jamais la Force ni la Hauteur du Chêne.

 

Autant dire que le Créole peut être une Super Star qui jamais ne sera une Langue.

 

 

N’est-il pas un peu tard venu sur le Marché : quel est son passé, quelle est son Histoire, Consultons notre Mémoire et consultons nos Mages.

 

Qu’il soit le Sel, qu’il soit les Fines Herbes ou qu’il soit la Vanille dont nous sommes friands.

 

Mais en faire à marche forcée, contrainte, une arme provocatrice et vaine, NON.

 

Que peut faire le Créole et que peut-il pour nous en cette Ere que l’on nomme la « Mondialisation ».

 

Que peut faire le Créole en cette Ère où tout vire à la Nation Unique dont il n’est même pas sûr qu’on en connaisse le Maître :

 

Et ce Maître sera-t-il un Humain, sera-t-il un Humanoïde, sera-t-il un Robot, sera-t-il un Robotoïde, ou alors, les Rênes ne seront-elles pas reprises en main par le Créateur Lui-même, ce Grand Architecte de Toutes Choses Vivantes comme de Toutes Choses Inanimées.

 

 

Nonobstant les raisons perverses, d’intérêt personnel si on veut, qui prétendent faire ériger le Créole au Rang de Sujet d’Université, consenti bon-gré mal-gré.

 

Quelle en est notre vraie maîtrise.

 

Maîtrisons-nous assez l’Orthographe pour que son Écriture fasse la Satisfaction des Populations Créolophones dont on sait combien elles sont nombreuses et d’un créole différent du notre.

 

Maîtrisons-nous assez sa syntaxe pour en faire un moyen satisfaisant de communication écrite intra-muros, voire au-delà de nos murailles.

 

En vérité nous fantasmons. Et, si nous ne faisions que fantasmer où en serait le mal.

 

Mais nous perdons du temps, nous jetons de l’argent quand nous en avons tant besoin pour tellement de choses utiles et même indispensables, vitales.

 

Attendons au moins de maîtriser notre Dette, notre Économie et notre Épargne, puis après on verra si notre béguin pour le Créole tient encore.

 

Gare à notre entichement, gare à notre Folie Douce, gare à notre abus du Forceps.

 

 

Le Créole, le Grand Saint-Pierre, pourquoi pas, mais avec un argent qu’on n’a pas, des moyens qu’on n’a pas, des ressources qu’on n’a pas, ne nous inventons pas de nouveaux casse-têtes.

 

L’idée d’un Grand Port Maritime nous va comme un Gant, où sont les SOUS.

 

Chamoiseau, faute de la moindre idée en est déjà à appeler à l’aide… à grands frais… à ses dépens ou à celui du Contribuable, c’est à lui de le dire : Devoir les Yeux de sa tête et désirer la Lune.

 

Quand cesserons-nous d’accrocher notre chapeau hors de portée de notre main.

 

Sauf à réaliser – au mépris de nos dettes et de nos miséreux – un Saint-Pierre plus faux que grand, comme les articles de son Musée qui ressemblent davantage à des photocopies qu’à des originaux, car Saint-Pierre (Down Town) a bel et bien le dos plaqué au mur de ses contreforts en Falaise, les mots de CHAMOISEAU, la Volonté de LETCHIMY resteront vains.

 

De même, Notre Créole que nous aimons et que nous chérissons même, connaît mieux que nous ses chances mais dans notre vanité, voulons-nous l’écouter un instant, lui qui ne cesse de nous mettre en garde :

 

Qui n’aime son petit doigt, mais ne vaut-il pas mieux se l’auto-amputer que périr corps et âme.

 

Prenons à l’occasion conseil des crabes qui nous restent, eux au moins, ils réfléchissent à ce qu’ils font.

 

Nous aimons tous le Créole, cessons à son sujet de jouer aux plus amoureux les uns que les autres.