JACK LAYTON : Un homme intègre et combatif
Par Yves Alavo
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, est décédé tôt ce matin à l’âge de 61 ans, âge ou l’assurance que confèrent l’expérience et la compétence assumée, ouvrent des horizons superbes. Il est mort chez lui à 4 h 45, ce lundi 22 août 2011, entouré de ses proches, lit-on dans un communiqué du NPD. M. Layton a dû se retirer fin juin de ses fonctions de chef du NPD pour combattre un nouveau cancer, dont il n’a pas précisé la nature.
En le voyant il y a un mois, en train, une fois encore, comme durant la campagne électorale, de se sacrifier pour le peuple, les familles
dont il a eu le souci et toutes les canadiennes et tous les canadiens, nous avions compris secrètement, qu’il nous disait en fait au revoir. Engagé, issu d’une famille qui vivait en politique depuis son grand-père, son père (député, ministre conservateur et président du caucus sous Brian Mulroney) et son fils (conseiller municipal à Toronto), tous élus à différents niveau, en harmonie avec sa conscience et une énergie généreuse, il venait de réussir un exploit : devenir le chef de l’opposition officielle à la Chambre des Communes. Exploit qu’aucun leader, même le fondateur Tommy Douglas (depuis la création du parti, en 1961), n’avait pu réaliser pour le Nouveau parti démocratique du Canada.
Dans le panorama politique de nos grandes régions idéologiques et sociales, dans ce milieu où les valeurs, la générosité, l’intégrité sont rares et qui est plus souvent synonyme de collusion et de corruption, Jack Layton est arrivé et s’est imposé comme une personnalité
entière, intègre et vraiment au service du public dans la franchise et avec un dévouement authentique. Au faite de sa carrière publique et politique, appuyé par un caucus de 102 élus (dont plus de la moitié au Québec et aussi 41% de femmes) depuis le 2 mai 2011, il perd le combat contre le cancer, offrande totale qui a commencé au cours de la campagne qu’il a mené d’abord avec le risque de perdre sa vie et surtout pour l’idéal d’une vie exemplaire, pleine et sacrifice ultime.
Il avait alors confié la direction intérimaire du parti à Nycole Turmel, femme de tête et de cÅ“ur, expérimentée et chef de file de nos chefs de file syndicaux et politiques sur la scène canadienne. En février 2010, Jack Layton avait annoncé publiquement être atteint d’un cancer de la prostate. Le chef du NPD avait expliqué à l’époque souffrir d’une forme de cancer « traitable » et s’était dit déterminé à vaincre la maladie.
Même s’il devait suivre des traitements pour combattre cette maladie, le chef néo-démocrate a tenu à demeurer aux commandes de son parti. En mars 2011, Jack Layton a aussi subi avec succès une intervention chirurgicale à la hanche en raison d’une légère fracture qui l’a obligée à se déplacer avec une canne lors de la dernière campagne électorale. Sa femme, Olivia Chow (députée fédérale), a elle aussi souffert d’un cancer, en 2005.
Jack Layton est devenu chef du NPD en janvier 2003. Il succédait alors à Alexa McDonough qui quittait les commandes du parti pour prendre sa retraite. Ses enfants, Sarah et Michael, son épouse Olivia, ont passé les dernières heures avec Jack Layton, parti serein et assuré que la relève est en mesure de prendre ses responsabilités. Nous leur présentons nos plus profondes et sincères condoléances.






