Montréal

Nouvelles

Vilolations des Droits de l’Homme (21)

06-04-2011

Troisième Cas : Un homme d’origine Cham a été torturé en prison jusqu’à la mort au Vietnam

Ba Van Ban, 25 ans, un jeune homme d’origine Cham du Hameau de Van Lam, commune de Phuoc Nam, district de Ninh Phuoc, Province de Ninh Thuan, a été exproprié de ses terres par une femme du nom de Thi Buoi. Les terres de Ba Van Ban sont proches du hameau de Hau Sanh, commune de Phuoc Huu, district de Ninh Phuoc Province de Ninh Thuan, afin de cultiver des arbres fruitiers. M. Ba Van Ban est déterminé à reprendre les terres qui lui appartiennent. Malgré de nombreux promesses, Mme Thi Buoc n’a jamais fait le moindre geste pour rendre les terres à M. Ban. Devant cette situation, M. Ban s’est rendu sur ses terres afin de couper quelques branches des arbres fruitiers pour exprimer ses mécontentements. La famille de Mme Buoi a fait une réclamation auprès des forces de sécurité du district de Ninh Phuoc, demandant des réparations auprès de M. Ban.

Le 2 Juin 2008, les forces de sécurité sont venues arrêter M. Ban pour l’emmener à la prison du district de Ninh Phuoc. Pendant les deux mois de rétenion, M. Ban a été torturé de telle manière qu’il en a failli mourir. Devant cette situation, les forces de sécurité ont autorisé la famille de M. Ba Van Ban à venir le récupérer pour l’emmener à l’hôpital provinciale de Ninh Thuan. Un jour plus tard, M. Ba Van Ban est décédé vers 22h le 27 Août 2008 suite à ses graves blessures.

Devant ces actes de barbarie, les villageois Cham du Hameau de Van Lang se sont allés manifestés pour exiger le respect des droits de l’homme de la part des autorités vietnamiennes et demander des explications sur les raisons qui ont causé le décès de M. Ba Van Ban qui a été torturé jusqu’à la mort.

Quatrième Cas : l’expropriation des biens des Ede

Le missionnaire Y Soai, d’origine Ede a rapporté que :

“Nous sommes de l’ethnie minoritaire qui vive sur les Hauts Plateaux du Centre. Les Hauts Plateaux du Centre sont des terres fertiles, riches en ressources naturelles avec un fort niveau de développement en agriculture, en élevage et contribue à plus de 30% de la production nationale, essentiellement des productions de café, des caoutchouc, des fruits et du riz. Les autorités communistes vietnamiennes se sont aperçues des richesses de nos terres. C’est pourquoi, ils ont cherché à nous chasser et à nous exterminer à tous prix, par plusieurs stratagèmes. Ils ont réquisitionné nos terres pour y installer des fermes, construire des zones d’exploitation, puis ils ont procédé au partage et à la disribution de nos terres aux familles des cadres du Parti Communiste. Nous étions obligés de quitter de force nos terres pour trouver refuge dans les zones lointaines et arides. Je prends un exemple concret : au village Buon Tara Puor, les autorités ont confisqué nos terres pour y construire une ferme, appelé ferme de Thang Loi et Cu Pul avec une surface de plus de 1000 hectares, à l’endroit de la commune de Hoa Dong, district de Krong Pac, province de Dak Lak. Les paisaibles villageois de Tar Puor n’ont jamis reçu en retour en compensation lorsque leurs terres furent confisquées pour la construction des fermes d’état.

Cinquième Cas : Répression à l’encontre des Ede

La répression des autorités à l’encontre des minorités ethniques Montagnard a conduit aux soulèvements sur les Hauts Plateaux du Centre en 2001 et en 2004, et récemment, vers mi Avril 2008. Suite à ces trois manifestations de masse, plusieurs centaines de montagnards ont été arrêtés selon le missionnaire Y Soai : “ Nous avons reçu des cadeaux empoisonnées des autorités vietnamiennes : c’est la mort de plusieurs centaines de personnes suite aux répressions et tortures. Après avoir été libérées, plusieurs personnes sont décécés suite à leurs blessures, dûes aux tortures infligées, 15 jours, 1 mois ou 2 mois après leur sortie de prison. Plus de 300 personnes ont été toujours maintenues en détention dans les prisons au Nord depuis 2001 jusqu’à maintenant, certaines ont été condamnées à des peines de prisons allant de 2 ans à 18 ans. Les raisons de ces condamnations : les réclamations de libertés religieuses, de démocratie des Ede, et la restitution des terres réquisitionnées par les autorités. Et juqu’à maintenant les autorités communistes vietnamiennes continuent leur politique de répression, d’arrestations et de maivais traitements. A l’occasion des chaque échéance importante au Vietnam ou à l’occasion des fêtes religieuses, nous sommes systématiquement convoqués aux bureaux des forces de sécurité pour interrogatoire ou emmenés de force pour y être interrogés et torturés et même pour chercher à nous maintenir en détention. C’est pourquoi, nous avons dû fuir notre pays natal, quitter nos proches pour aller chercher protection et justice auprès des communautés internationales.

Un exemple concret le plus récent : le cas de Y Ben Hdook, né en 1979, à Buon Bre, commune de Hoa Phu, ville de Ban Me Thuot, province de Dak Lak. Domicilié à Buon Dung, commune Cu Ebur, ville de Ban Me Thuot, Province de Dak Lak. Il a été kidnappé par les forces de sécurité le 26/04/2008, il fut interrogé et torturé sauvagement. Après avoir constaté que sa santé fut détérioré de manière dangereuse, les forces de sécurité l’ont emmené à l’hôpital, puis le laisser mourir le 1 Mai 2008 à l’hôpital provincial de Dak Lak. Suite à son décès, les forces de sécurité ont fait appeler sa famille pour venir récupérer son corps à l’hôpital en imposant l’interdiction de filmer son corps et en maintenant un contrôle strict durant toute la cérémonie de funéraire jusqu’à l’enterrement.

Pratique de torture systématique dans les prisons au Vietnam. Source : montagnard-foundation.org