DU CHAOS DES MONOPOLES VERS UNE REFONDATION DE LA COMMUNICATIONÂ :
de la communication à l’alter communication (Seconde partie)
Par BEDOUNG Pamphile Barla Hervé     Â
Des espaces d’échanges francs et sincères ont toujours été limités ou nuls entre le peuple et son gouvernant. Certains n’ont pas de site Internet ou de page dans les sites sociaux. Quant à ceux qui s’hasardent sur ce chemin, très peu s’ouvrent à un échange avec les citoyens. D’autres très vieux, ne s’intéressent même pas à cette évolution communicationnelle et ignorent cette nouvelle race de citoyens internet.
Pourtant, cette nouvelle génération de communication a brisé tout monopole. De la communication confisquée et contrôlée, Internet et le téléphone portable dont les innovations sont croissantes offre au citoyen lambda une alter communication qui est ouverte, accessible, non contrôlée moins chère, communautaire, internationale, anonyme et surtout libre et mobilisatrice. Aucune dictature n’à un véritable pouvoir sur elle. Elle s’insère dans nos mœurs et devient à l’observation une arme de
destruction massive des monopoles d’opinions. Les leaders d’opinion ne sont plus seulement ceux de l’espace public classique, ils sont aujourd’hui dans les réseaux sociaux. Ce ne sont plus seulement des leaders politiques ou des leaders économiques ou ceux de la société civile actuelle ; c’est toute personne connue ou inconnue.
Les politiques doivent s’accommoder de cette nouvelle configuration de la communication. Nul n’a jamais eu le monopole du savoir. Aujourd’hui, un point de vue, un article, une interview ou tout simplement un discours est soumis à l’appréciation de tous et chacun peut, à la lumière de sa culture, son intelligence et sa sagesse, contester ou approuver. Le contrôle des médias classiques est contourné par des réseaux sociaux via Internet. Ces leaders peuvent mobiliser des centaines voire des millions d’individus en un clic. Les exactions peuvent être filmées et diffusées à la seconde dans le monde entier. Le monde est devenu un réseau unique avec des leaders d’un genre nouveau : employés, employeurs, chômeurs, étudiants, élèves etc. Le leader peut être riche, il peut être pauvre. Il suffit simplement qu’il soit connecté au réseau internet.
Quel rôle donc jouer dans l’écologie communicationnelle actuelle et comment vivre dans ce nouveau levier de développement de la communication ? Telles sont les questions que doivent se poser les leaders du XXI ème siècle. Questions curieusement toutes simples parce que faciles. Le peuple a remis sa souveraineté aux gouvernants non pas pour se servir mais pour le servir. Le gouvernant doit donc travailler pour le peuple et avec le peuple. Il doit être un ministre dévoué et acharné au service de ce peuple. Les personnes qui le composent étant substantiellement la finalité de toute sa réflexion et son action politique dans la cité humaine.
Le gouvernement n’a plus le monopole de la communication ou de l’information. Il ne peut plus se targuer du contrôle de tout et de tout le monde. Le monde owellien est réel mais a ses limites. Les attentats du 11 septembre 2001 nous le démontrent. Les révolutions actuelles dans le monde arabo-musulman nous le prouvent. Monsieur Assange fondateur  du site internet wikileaks est un exemple parfait.
Curieusement et malheureusement, au Nord comme au Sud, dans les dictatures comme dans la première démocratie, les réactions ont été similaires : répressions policières et armées brutales au Sud, répression plus feutrée, mais répression violente tout de même, de Monsieur Assange par une accusation de viol de deux femmes. Censure de l’Internet au Sud, appel au nord à ne plus héberger le site wikileaks.
Au Sud comme au Nord, l’alter communication devient une réalité. Elle se fait par le chaos : destruction des biens publics et privés, affrontement entre les peuples, affrontement militaire et policier contre le peuple, fuite des leaders, défection, délabrement de l’Etat, mort d’hommes etc. C’est une révolte, mais aussi une révolution parcequ’elle fait appel au changement des mentalités politiques par une refondation totale de la gouvernance dans la cité.
Internet est cependant sans limite. Des questions de gouvernance éthiques, intellectuelles et communicationnelles se posent. Jusqu’où aller, comment communiquer et comment coopérer entre les peuples et les gouvernants ? Ces questions doivent être une préoccupation collective dans la recomposition de l’architecture
communicationnelle. Les politiques ne peuvent plus continuer à se tailler des lois à leur faveur alors que chaque lois de la République doit être promulguée pour le bien commun. Les gouvernants ne peuvent plus continuer à abuser des lois par la censure ou à continuer à se mirer, à se faire louer comme des dieux alors qu’ils ne le sont pas. Il serait temps qu’ils cessent d’être des instruments de divisions pour une meilleure maîtrise de leur pouvoir sans partage. Internet met un stop à ces façons politiques. Les citoyens doivent aussi s’assumer sans complexe et apprivoiser cette alter communication. La responsabilité doit être reposée au centre du débat.  C’est une question d’éducation, de formation et de moralité où chacun devra s’assumer au regard de cette pensée de François Rabelais : « Sciences sans conscience, n’est que ruine de l’âme ». Il faut donc restaurer le débat démocratique et changer le personnel politique qui marche à contre courant de cette évolution.
BEDOUNG Pamphile Barla Hervé Consultant
Certifié en Management System International (MSI)
Troisième cycle en droit des affaires, D.E.S.S en fiscalité des entreprises
@Â : [email protected]








