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Peut-être analphabète mais… pas si bête.

02-03-2011

Peut-être analphabète mais… pas si bête.

Par Eric E.G. NOGARD     

Depuis bien avant l’époque où nous sommes, le titulaire de Diplômes a aimé avec dédain se distinguer des moins Diplômés que lui en les traitant d’analphabètes, cette règle heureusement est loin d’être générale car il n’est personne de plus humble que le vrai riche et de plus simple que le vrai Savant. La Fatuité n’est pas leur Apanage.

 

Néanmoins, il convient de le reconnaître, qu’au cours d’une promenade, il est assez fréquent de faire rencontre avec des gens plus chargés de diplômes que la mule d’un Contrebandier Andalous de retour de Gibraltar au temps de la Carmencita et pourtant vides comme des cruches laissées la gueule en bas.

A tel point qu’on est surpris de l’énoncé de leurs Grades en Université.

Au point qu’on soit tenté de leur suggérer, pour qu’il n’y ait pas méprise, d’afficher leurs titres sur leur front… ou ailleurs.

 

D’ailleurs convient-il de reconnaître aussi, que la sagacité et la finesse de personnes rencontrées par hasard font croire à la rencontre d’un ressortissant de Harvard – et c’est le moins que l’on puisse dire – alors que l’interlocuteur est un « sans diplôme », quelqu’un comme vous et moi !..

 

Désormais, ne prenons pas le mot analphabète en son Stricto Sensu.

 

Ces deux historiettes se proposent de « lancer » le propos.

 

C’était le père FELIM, mon arrière grand’ oncle, pour avoir épousé mon arrière grand’ tante, chassée de Saint-Pierre par l’Eruption Volcanique de triste mémoire, celle de la Montagne Pelée en Mai 1902.

 

Le père FELIM était le Maire de la Bourgade de Macouba, tout au Nord de l’Île de la Martinique, abstraction faite de la Bourgade de Grand-Rivière, plus septentrionale encore.

 

Etant Maire et Conseiller à l’Assemblée Coloniale, Gouverneur, Administrateurs, Avocats, Médecins, Industriels, Négociants étaient ses interlocuteurs : un Lilliputien au Pays des Micromégas.

 

Un Gouverneur mourut, n’était-ce pas le Gouverneur ALBERTI.

Un Télégramme parvint à notre père FELIM.

 

« Vous informons décès Gouverneur X – STOP. Mettez Drapeau en Berne – STOP. »

 

Notre Maire se démena en vain pour obtempérer à l’injonction.

Il y répondit par le Contre-Télégramme :

« Cherché partout Drapeau en Berne – STOP. Pas trouvé – STOP. Hissé Drapeau Tricolore – STOP ».

Vous l’avez bien compris, le Drapeau tricolore est pour nous le Drapeau de la France aux couleurs BLEU, BLANC, ROUGE.

L’Historiette fit beaucoup rire dans les rangs de qui n’étaient en rien plus savants ni plus sagaces que notre Maire.

Les autres, tellement plus rares et combien plus cultivés et instruits, se contentèrent d’un sourire.

 

Et puis la mode fut aux Ponts par-dessus les rivières qu’on traversait à Gué et seulement par beau temps, à moins qu’on emprunte une barge (un bac) en certains endroits.

 

Toutes les Communes de l’Île (excepté Macouba) ont eu le leur.

Le père FELIM réclama le sien pour sa Bourgade.

 

« Vous n’y pensez pas, Honorable Collègue, vous n’avez pas de Rivière ».

 

  • « Je ne vous le fais pas dire, Voyez combien je suis plus nécessiteux que vous autres qui avez et Rivières et Ponts quand en Revanche, je n’ai ni rivière ni pont. Est-ce juste. Donnez-moi le Pont, Dieu fera couler une rivière en dessous. »

« La Cause est entendue, Vénérable Collègue ».

Et c’est ainsi que le Père FELIM eut un magnifique pont enjambant une profonde vallée.

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