Montréal

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DU CHAOS DES MONOPOLES VERS UNE REFONDATION DE LA COMMUNICATION

02-03-2011

DU CHAOS DES MONOPOLES VERS UNE REFONDATION DE LA COMMUNICATION :

de la communication à l’alter communication (Première partie)

Par BEDOUNG Pamphile Barla Hervé      

Des pouvoirs ad æternam, sacralisés et monopolisant des moyens d’expression sont sous tremblement de terre sans pareil à l’échelle de Richter. Les populations et les sociétés dépositaires de souveraineté longtemps réduites à de simples avatars, ne pouvaient sans risque porter atteinte à la sécurité publique ou d’être qualifiées d’ennemis de la République, réclamer les deux choses qui vaillent en tant que finalité de toute action politique : l’équité et la redistribution.

Après la chute du mur de Berlin et la conférence de la Baule ; deux événements précurseurs de chutes des systèmes monopolistiques vers des systèmes pluralistes, l’élite gouvernementale après des résistances acharnées, a fini par céder aux clairons de la démocratie et, il faut le noter, s’est ingénieusement appropriée des mécanismes de contrôles de l’espace public :

  • Multiplication des titres de journaux à  la solde des barons des gouvernants qui s’en servent comme arme contre leurs adversaires politiques ou qui asphyxient toute véritable politique de liberté d’expression ;

  • Multiplication des partis politiques qui travaillent plus dans le maintien au pouvoir du dictateur verni de quelques grammes de poudre démocratique qui s’envolent aux premières gouttes de pluies, que pour une alternance politique.

Dans la sphère internationale, les principes de gouvernance ont été erectés et commandés aux Etats. Seulement l’anarchie des souverainetés dont s’octroient les nations riches pour la protection de leurs intérêts, a contribué à renforcer les dictatures et les règnes infinis dans le monde arabo-musulmans et en l’Afrique noire. Au nom de ces intérêts, ces sociétés notamment européennes et nord américaines, ont collaboré étroitement avec ces dictatures transfigurées en démocraties de majorité qualifiée. Elles ont superbement ignoré une réalité multiforme et évolutive :

  • Le peuple est une réalité et une souveraineté concrète et non philosophique
  • L’équité et la redistribution du « gâteau » national,
  • L’amélioration de l’instruction qui a accru un besoin de liberté et de démocratie véritable
  • La mondialisation et la démocratisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication
  • La naissance et le développement d’une nouvelle race de citoyens née avec la vague internet. Ceux-ci  notamment sont venus enrichir et complexifier le paysage de la liberté d’expression.

Par conséquent, les peuples n’étaient plus du bétail électoral voué aux messages de soutiens concurrentiels des sections et sous sections du parti, des associations, des villages, des clans ou des individus au Chef de l’Etat.  Ces peuples ont aujourd’hui, une soif croissante et perpétuelle d’une concurrence basée sur la compétitivité sur le plan intellectuel, moral et matériel. L’aménagement de l’espace public devrait être alors la préoccupation du Prince. Malheureusement,  l’élite gouvernementale est restée égoïste, hautaine et même injurieuse. Et leur réaction vis-à-vis de cette aspiration populaire, est une violence armée inouïe. Des forces spéciales ont même été érigées pour parer à de tels sursauts démocratiques.

Si la liberté de presse est connue et exercée avec délice par toutes les tendances d’opinions, celle de rassemblement et de manifestation dans les voies publiques a été verrouillée voire frappée d’embargo avec l’appui de l’administration publique sourcilleuse de la garantie de la paix et de la tranquillité publique qui sont présentées  dans le monde des dictateurs comme des réalisations digne de prix Nobel face à une marée de misère et de pauvreté du fait de la confiscation par une minorité de la richesse nationale.

La communication est donc confisquée et monopolisée. Les libertés de rassemblement et de manifestation refusées au nom de l’ordre public. Quand elles sont autorisées et diffusées à grande échelle dans les medias public, elles sont des marches de soutien au Prince et une imploration à ce qu’il brigue un énième mandat pour la paix dans le pays. Si la presse publique est liée par sa ligne éditoriale, la presse privée sans grands moyens s’est rangée politiquement, idéologiquement ou socialement, rendant presque impossible un meilleur rendu de la liberté d’expression. Les représentants du peuple que sont les députés font plus allégeance à leur parti politique et à leur leader qu’au peuple. Chaque réunion tribale, corporatiste ou socioprofessionnelle se termine par une motion de soutien au Chef de l’Etat. Il est vénéré ; c’est un roi et il ne peut mal faire. Après lui le chaos est possible. Le contester devient par conséquent un dangereux crime contre la République.

BEDOUNG Pamphile Barla Hervé

Consultant ,Certifié en Management System International (MSI)

Troisième cycle en droit des affaires, D.E.S.S en fiscalité des entreprises

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