Tout va très bien quand tout est au plus mal !
Par Eric E.G. NOGARD
A entendre les nouvelles qui nous concernent, tout irait très bien, la Martinique serait de toutes les Régions de France le Coin le plus prospère, sauf que la banane n’entre que pour six pour cent dans l’économie de l’Île, sauf que l’Usine à Sucre du Galion, sa seule Usine à Sucre restante est à l’agonie et sauf que la rue Victor HUGO, réputée Avenue des Champs Elysées de Fort-de-France fait pitié.
C’est à réentendre le Allo ! Allo James, quelles nouvelles de la Martinique, c’est à réentendre le Tout va très bien Madame la Marquise, que lui réplique James en lui faisant observer que son écurie – celle de la Marquise – a brûlé et que tout est en flammes de ce qu’il lui reste.
Comment ne pas admettre que la Martinique est sur le trottoir et que la prospérité affichée – bijoux, 4X4, belles piscines… – ne sont pas moins des trompe-l’œil que le dernier manteau d’hermine de la Marquise sur la paille…
La Manche… la Manche… voire la Prostitution, c’est tout ce qu’il lui restera à faire, et le jour et la nuit, si Elle n’a garde d’arrêter ses extravagances Socio-Syndicalo-Politiques, si elle n’arrête d’obéir à ses pulsions d’égoïsme, de haine, de désir de revanche, de vengeance qui peuvent durer des siècles – si elle ne consent à se libérer comme le serpent de sa vieille peau, de son fourreau devenu trop « ghetto » qu’est l’idée fixe d’un esclavage à réparer.
A Monaco, chacun s’identifie à son Prince et tout va, chacun y trouve son compte, le Monégasque est heureux.
Aux Etats Unis, tout le monde fraternise une fois proclamés les résultats Electoraux. On est tous Américains de cœur et heureux de se soumettre à la Constitution qu’on s’est donnée, ou sous les ailes de laquelle on s’est Réfugié.
A Saint’ Lucie, on travaille sans fantasmer sur les avantages salariaux et sociaux de ses voisins de l’autre côté du Martinican channel.
On exerce son droit de grève sans outrepasser la mesure : on fait grève en se gardant de contraindre les autres à arrêter le travail, et sans entraver la marche de l’entreprise dont on sait qu’elle est sacrée.
Tout manquement à cette règle se règle par une giclée de la part de la petite troupe Saint’ Lucienne formée au Canada.
Et nul ne se soucie du fauteur cloué par terre… à tout jamais.
Gagner un bout de pain est si dur dans certains pays qu’il tient vraiment du miracle, de la bénédiction, malgré toute la sueur à verser, toutes les peines à consentir pour très peu… pour moins que rien.
Jeter, gaspiller, concourir à se montrer, à faire voir son bel intérieur, s’infatuer d’avoir voyagé davantage que Marco Polo lui-même… autant de choses devenues tellement banales au Martiniquais qu’il en est devenu incapable du moindre raisonnement, de la moindre retenue dans ses exigences à laisser perplexe l’étranger d’où qu’il vienne.
Même le plus petit enterrement se veut avoir le faste des obsèques d’un Pharaon… peu en importe le prix.
Bref, tout va très bien Madame la Marquise :

Plus de banane, plus de canne à sucre – ne pas se méprendre sur ce plus – la Rue Victor HUGO est foutue comme Henri IV sur le Pont Neuf, mais une Consolation, on peut encore empêcher de travailler, on peut encore entraver la marche des Entreprises !.. on peut encore hurler à tout va : « Békés, profiteurs, voleurs, dehors ».
On est le brasier, que le Phoenix s’en sorte, il n’est jamais trop tard.
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