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ERREURS DÉMOCRATES EN RAPPORT AVEC LES ÉLECTIONS DU 6 NOVEMBRE 2018

07-11-2018

ERREURS DÉMOCRATES  EN RAPPORT AVEC LES ÉLECTIONS DU 6 NOVEMBRE 2018

 

par Michel Frankland

Je vous avais annoncé un article sur François Legault. Les élections américaines du 6 novembre constituent évident un sujet prioritaire.

 

Les résultats des élections américaines « mid-term » – j’ai passé plusieurs heures à CNN à l’entrée progressive des résultats en ce 6 décembre 2018 – constituent un sujet par définition brûlant.

La comparaison de Don Quichotte aux Démocrates et Sancho Panca aux Républicains m’apparait fructueuse. Don Quichotte, l’idéaliste, vit facilement dans les nuages – il est au niveau des moulins à vent, contre lesquels il se bat.  De l’idéal, mais peu du côté du sens pratique ; Sancho Panca se démarque par son bon sens et sa simplicité. Terre à terre. Je crois que Cervantes a vraiment voulu camper ces deux personnages universels. Le rêveur et le réaliste. Ils se retrouvent partout, particulièrement en politique.

 

Dukakis, candidat nettement défait par Bush père aux élections du 8 novembre 1988, exprima quelques années plus tard, dans une interview, les raisons de sa défaite. L’une d’entre elles m’apparait majeure. Dukakis rappelle que, devant des attaques évidemment aussi grosses que sans fondement, il ne répondait même pas. « Il était impérieux que je réponde. Mais je n’en comprenais pas la nécessité lors de cette désastreuse campagne. »

 

Le réalisme de Sancho Panca lui fournit en même temps un sens instinctif de la vulnérabilité de l’adversaire. Un peu comme l’instinct des bêtes mesure naturellement, par les subtilités de l’attitude physique de sa victime, les forces et faiblesses de l’animal ou l’humain qui se trouve en face d’elles. Traduisons : les Républicains savent dans leurs tripes que les attaques grossières toucheront un large public, et que les Démocrates ne verront pas la pertinence de répondre à de tels « ballons enflammés ».

 

L’idéalisme entraine, par projection, la certitude que les autres, ici la société, comprennent ce que dit la personne de haut vol. Ainsi, on a vu, à CNN, les beaux quotients démontrer la bêtise des attaques épaisses et simplistes de Trump.  On en a démonté le mécanisme. CQFD. Terminé. Mais Jos Bleau et sa femme, avec leurs quotients de 92 et 88, ne regardent pas CNN. Ils constatent que Trump a lancé des attaques vigoureuses, et les Démocrates n’ont même par répondu. Ou, disons, les ont rapidement touchées par une phrase ou deux.

 

Mais Trump a parlé FORT ET COMME UN LEADER SANS PEUR ET SÛR DE SA CAUSE. J’entends « fort » au sens physique. Pour avoir pendant plusieurs années enseigné la communication orale au cégep, je sais pertinemment, pour l’avoir étudié et l’avoir constaté empiriquement, que la force de la voix est un levier puissant d’adhésion. Ainsi fonctionne le spycho-somatisme humain.


Deuxième force de Trump, sa conviction totale, forcément contagieuse. Car le pendant de cette double énergie réside dans la nature de la foule. Elle attend qu’un leader lui indique clairement la direction à suivre.

Ajoutez à ces manigances la perception, au fond pas si fausse, que Jos Bleau et sa femme se sont sentis toujours méprisés par les Don Quichotte de la haute.  Enfin, on pourrait se venger d’eux !

Voici deux exemples révélateurs.

 

Trump montre comment les « hordes d’émigrés venant du Guatemala, composées de jeunes hommes forts et dangereux, proviennent d’un pays de pure violence, plein de vendeurs de drogues ». Alors que les Démocrates, enchaine-t-il, sont prêts à leur ouvrir la porte. Les Démocrates rappelèrent qu’eux aussi croyaient au contrôle des frontières.

Mais justement, comparée aux coups des canons du président américain, la réponse démocrate ressemble à un pétard mouillé. Les gens à quotient s’imaginent que l’expression montrant le simplisme de la rouerie présidentielle ne consiste qu’à rectifier la position. Jos Bleau et sa femme « voient bien » que les Démocrates ne sont pas de taille.

 

Il fallait donc prononcer une réplique détaillée et d’une voix FORTE devant des centaines de démocrates – question de passer devant tous les médias et de montrer, autant que Trump, l’aptitude à attirer des foules. Montrer clairement, en expliquant tout pour les nombreux esprits lents, comment Donald Trump a multiplement faussé la réalité. Rappeler, avec des précisions de date et des noms de Républicains en service, comment l’entente bipartisane sur l’immigration était en bonne voie avant que Trump la sabote. Les Jos Bleau de ce monde font partie des 20 % et plus d’illétrés fonctionnels. Il convient de les renseigner avec puissance et exemples abondants.

 

En ce sens, on a rappelé, trait fréquent des Don Quichotte, qu’ils se perdent en subtilités. La bataille politique ne s’avère efficace que dans l’expression d’un ou deux kérygmes. Les Démocrates ont pris conscience que leurs positions étaient « éparpillées ».

 

Deuxième exemple, la foi simpliste de Trump en Vladimir Poutine. Trump, après avoir rencontré Poutine, y va d’une solennelle conférence de presse.  « J’ai demandé à Vladimir Poutine s’il s’était mêlé de nos élections. Il m’a clairement et fortement affirmé que non ! » On voit le caractère ridicule de l’affirmation. Le policier, en conférence de presse, explique qu’il a élargi le prisonnier aux agissements louches, objet évident d’une enquête à venir : « Je l’ai élargi parce qu’il m’a affirmé fortement n’être pas coupable ! »

Si un président démocrate avait produit une telle affirmation, les Républicains l’auraient publiquement ridiculisé pendant des semaines, et de multiples façons. L’attitude démocrate : on n’a rien à dire puisque c’est évident pour tout le monde qu’il dit des conneries.  Bref, les démocrates ne savent pas se battre.

 

D’où les nombreuses déceptions démocrates en cette soirée électorale du 6 novembre