L’islam et la liberté d’expression ( 3)
Henri Boulad, sj – Berne, 19.8.2013
La tentation est grande aujourd’hui en Occident – au nom de la tolérance, de l’ouverture, du pluralisme, du multiculturalisme, du droit à la différence, etc – de condamner tout discours considéré par les musulmans comme offensant, blasphématoire ou discriminatoire. Le « politiquement correct » finit par dépouiller les citoyens de tout droit à la liberté d’expression ou d’opinion. Le risque est grand en Occident, au nom de la tolérance, d’introduire l’intolérance et de brader en quelques années des valeurs conquises de haute lutte pendant des siècles.
L’islam, en tant que négateur d’un certain nombre de valeurs et de principes qui sont à la base de la civilisation occidentale, représente une grave menace pour celle-ci. Refuser de dénoncer ce danger est carrément suicidaire. En ostracisant ceux qui osent tirer la sonnette d’alarme, on attaque le système immunitaire de la société.
Il existe un immense danger aujourd’hui, chez ceux qui n’ont jamais connu un régime oppressif et jamais lutté pour conquérir leur liberté, de brader celle-ci en toute facilité, insouciance, inconscience et désinvolture.
Devoir de parler, de dénoncer : se taire, c’est devenir complice
– « All that is necessary for the triumph of evil is that good men do nothing.” Edmund Burke
– « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » Einstein
– « En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » George Orwell
– « A ne point nommer le mal et nos ennemis nous rajoutons au malheur du monde. » Albert Camus
Au-delà du DROIT de s’exprimer, il faut revendiquer le DEVOIR de parler, de dénoncer, de combattre tout ce qui est contraire aux droits humains, tels que proclamés par la Charte internationale des Droits de l’Homme de 1948. Accepter que certains articles de cette charte soient refusés par des pays musulmans, c’est ouvrir la porte à toutes les dérives, c’est autoriser les immigrés des sociétés d’accueil à remettre en question certaines lois qu’ils jugent incompatibles avec leur religion. A force d’ « accommodements raisonnables » on finit par saper les fondements mêmes des sociétés démocratiques. C’est d’ailleurs ce que vise l’islamisme dans un Occident mou, culpabilisé par son passé colonial, doutant de lui-même, prêt à toutes les concessions pour demeurer « politiquement correct ». C’est ainsi que l’islam, par un lent grignotage, est en train d’occuper systématiquement le terrain. Toute tentative de dénonciation de ce phénomène est immédiatement taxée d’ « islamophobie ».






