« Errance »
 Â
       Par Serge H. Moïse
Les deux yeux fixés sur l’ailleurs
A l’instar des oiseaux migrateurs
Ils ne cessent de scruter l’horizon
 A la recherche d’une : destination
II
Tous en quête d’une vie nouvelle
Et motivés par cette force irréelle
Enfin celle de ce grand désespoir
 Qui procure tellement de pouvoir
III
Ils ont supplié leurs dirigeants
De ne plus jouer aux indigents
Et qu’ils cessent de quémander
Hélas à travers le monde entier
IV
Dans ces frêles embarcations
Mijotant rêves et convictions
Ils se jetteront dans l’aventure
Quitte à y trouver la sépulture
V
Ils ont fait preuve de vaillance
Et hélas condamnés à l’errance
Rejetés sans guides ni objectifs
Ils ne feront face qu’à des récifs
VI
Fils de Dessalines et de Pétion
Qu’avons-nous fait de la nation
En choisissant la réconciliation
Nous achèverons la rédemption
VII
Cette longue traversée du désert
Loin des pâturages les plus verts
Nous condamne-t-elle à l’errance
Jusqu’à la complète déchéance






