Les mutations de la mondialisation
Jean Erich René
Ing. Agronome
On ne doit pas se laisser figer par la peur d’écrire
Parmi les immortels vous ne faites que vous inscrire
La résurrection du Christ c’est bien son évangile
Il en est de même des autres tels Homère et Virgile
La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989 et l’effondrement de l’Empire Soviétique en décembre 1991 étaient les signes symptomatiques de l’écroulement de la République Démocratique Allemande (RDA) et de la déliquescence du Socialisme. Par un effet domino, les échos se sont répercutés en Pologne avec l’arrivée de Lech Valesa au pouvoir et en Roumanie par la chute sanglante de Chaucesco. Avec le recul du temps on s’est rendu compte que ces secousses politiques découlaient en droite ligne de la dynamique de la Mondialisation économique enclenchée en 1980 par le tandem Margareth Thatcher au Royaume Uni et Ronald Reagan aux USA. L’onde de choc ne s’est pas arrêtée puisqu’au troisième millénaire, mine de rien on subit encore les conséquences de ses flots. Oyez !
Le Monde Capitaliste s’était affirmé en 1850 avec la Révolution Industrielle marquée par :
- l’avènement du machinisme
- l’émergence d’une classe ouvrière
- la percée du socialisme comme Théorie critique
La Mondialisation représente la deuxième révolution capitaliste, propulsée par l’économie virtuelle. Nous entendons par là que la Mondialisation est surtout caractérisée par des transactions du marché financier c’est à dire par la transmission d’ordre d’achats et de ventes sans la présence de biens réels. En effet, 95% des échanges du monde se font actuellement dans les hautes sphères de la finance par le jeu des messages électroniques. Un faible pourcentage est dédié à l’économie réelle c’est à dire aux transferts des biens tangibles.
Le Capitalisme s’affirme dans sa phase financière. Avec la libéralisation du Marché, les flux monétaires circulent librement et prennent la
voie de l’autoroute de l’informatique où les frontières n’existent pas. Dans l’espace de deux cliques du clavier de son ordinateur on peut acheter et revendre un produit et gagner une plus-value de l’ordre des millions de dollars. Cette absence d’obstacle, pour notre plus grand malheur, est responsable de l’interdépendance des économies du monde et du coup, synchronise la simultanéité de leur déchéance. Le Wall Street se transforme en une véritable brasserie de l’économie virtuelle et devient par contre le tombeau de l’Économie Mondiale. On reproche aux dirigeants leurs salaires faramineux. Pour exprimer leurs frustrations les manifestants ont fait le pied de grue devant leur édifice à New York.
Sur le plan purement philosophique l’économique tient le politique en respect et le social en laisse. En effet, la mondialisation de l’économie a entrainé le rétrécissement du périmètre politique et paupérisé nos sociétés. Aujourd’hui, en matière monétaire, il est tout à fait impossible pour un état de contrôler la fluctuation de la demande. Le rôle de médiation des courtiers des Marchés Financiers, entre les résidents et les étrangers, facilite les flux et les reflux monétaires indépendamment du pouvoir politique. On vend et on revend des biens qu’on ne possède pas matériellement, favorisant ainsi la montée des enchères. Le pouvoir politique subit indifféremment la pression des forces économiques en présence. Les lois du Marché priment sur la raison politique. Un véritable bras de fer s’engage entre le Public et le Privé avec la préséance de ce dernier.
Certes, une nouvelle architecture politique se dessine au niveau des rapports internationaux. Dans un passé récent l’organigramme plaçait en tête :
- l’ONU à l’échelle internationale,
- l’État à l’échelle nationale,
3. les entrepreneurs à l’échelle locale.
Avec la mondialisation cette conformation politique n’est plus de mise. 5 institutions ou pour mieux dire 5 Ministères contrôlent la planète Terre. Par ordre d’importance citons :
- Le FMI ou Fond Monétaire International
- La Banque Mondiale
- L’OCDE ou Organisme de Coopération pour le Développement Économique
- L’OMC ou Organisation Mondiale du Commerce
- L’OTAN ou Organisation Traité Atlantique Nord au niveau des décisions politiques.
Ces institutions internationales dictent les normes à suivre dans :
- Le domaine du commerce international
- L’investissement
- La sécurité
Une deuxième catégorie d’acteurs se jette dans le lit de la mondialisation. Elle est principalement représentée par :
- les grands groupes financiers
- les grands groupes médiatiques
- les ONG ou Organismes Non Gouvernementaux
Grâce à la magie de l’information à distance, le complot est bien ficelé pour orienter les informations sur les flux financiers dans le sens
du courant souhaité par les Nouveaux Maitres du Monde. Le réseau médiatique façonne les informations selon un prisme mondialisant. Il convient de nous appesantir davantage sur la présence des ONG qui pullulent particulièrement en Haïti. Leur présence n’est pas innocente puisqu’elles représentent les tentacules de proximité, pas les moindres, de cette conformation décalée de la Mondialisation. Les ONG sont implantées sur le territoire national afin de dupliquer :
- le gouvernement et ses institutions
- inhiber des organismes humanitaires tels que Médecins sans Frontière, Green Peace etc. qui charrient les sentiments de frustration des citoyens de la planète face aux initiatives économiques mortifères des Architectes de la Mondialisation.
D’ores et déjà il est aisé de comprendre l’origine des 500.000 emplois que vient de promettre le Gouvernement de Michel Martelly à la faveur de cette pluie d’investisseurs qui viennent de tomber sur Haiti. Il s’agit d’un projet vieux de deux décennies. Soyons justes et
honnêtes. Haïti, petit pays mais grande Nation , en dépit de tous les reproches et de toutes les récriminations formulés contre les Présidents Jean Bertrand Aristide et René Préval, grâce à un dernier sursaut nationaliste, ils ont su tenir tête hors de l’eau, par la ruse, à cette tentation vers la dérive mondialisante imposée par les Forces Internationales.
La souveraineté nationale est piétinée. La dépendance économique d’Haïti se confirme de plus en plus. Nous sommes réduits à l’état de paria. Cette nouvelle architecture politique des rapports interétatiques se révèle vraiment suffocante pour la Nation haïtienne. « Un Chef
d’État qui ne lit pas ne saurait prétendre diriger son peuple. » martelait le Griot Dr François Duvalier. Pour répéter une hypothèse liée au paradigme classique et néo-classique : « Ce sont les lois économiques qui assurent l’équilibre du marché » Avec la Mondialisation on assiste à une mutation économique métastasée en :
- mutation politique
- mutation philosophique
- mutation culturelle
Par une ironie du sort, ce bouleversement du paysage du Monde Contemporain est défavorable aussi à ses propres géniteurs, La Mondialisation est matricide, compte tenu des lacunes économiques enregistrées particulièrement en Amérique et en Europe que sanctionne Standard and Poors :
- les USA ont perdu un A
- six pays de l’Europe sont menacés aujourd’hui mardi 6 décembre 2011 de perdre leurs AAA. Citons notamment : la France, l’Espagne, l’Allemagne, l’Autriche, la Finlande et le Luxembourg.
Que dire des petits pays tels qu’Haïti placés sous les griffes des grandes puissances qui privilégient un type de leadership déterminé en catapultant au pouvoir, grâce aux medias, le candidat de leurs rêves pour exécuter leurs saintes volontés. Que les Consuls prennent garde, en exécutant les mots d’ordre de leurs patrons pour garder le fauteuil présidentiel. C’est un crime de lèse-patrie de soumettre la Nation Haïtienne aux effets létaux des mutations de la Mondialisation.






