Le soir de la Saint-Valentin
 dans un camp de déportation au Nord de Sai Gon occupé
Â
Je scrute le firmament et son berceau constellé
Je revois chacun des baisers gravés
Sur le front, sur la joue, sur les lèvres du bonheur
Je t’en confie le reflet
Et le soin de protéger notre amour, nos amours, en mon absence
Sur ma tête traîne un nuage de plomb
À mes yeux apparaît l’âtre du foyer
Qui brasille dans le crépuscule du soir
Dans un fouillis d’ivraie, de pissenlits, de fougères irritantes
Je me suis roulé
Et j’ai le vif regret
De notre couche moelleuse qui fleure bon l’odeur de tes cheveux.
Â
Ô ma bien-aimée. Ô ma terre natale.
Je t’aime. Je vous aime. Je songe à toi, je songe à vous éperdument
Éperdument…
Â
Le poète amoureux, rescapé du camp, va nous rejoindre
pour fêter nos Noces d’Or le mois le plus long de cette année.
Â
Cordialement,
Â
Hoà ng Nguyên Bao Viêt
Â






