Montréal

Nouvelles

Le soir de la Saint-Valentin

25-02-2014

  Le soir de la Saint-Valentin

 dans un camp de déportation au Nord de Sai Gon occupé

 

Je scrute le firmament et son berceau constellé

Je revois chacun des baisers gravés

Sur le front, sur la joue, sur les lèvres du bonheur

Je t’en confie le reflet

Et le soin de protéger notre amour, nos amours, en mon absence

Sur ma tête traîne un nuage de plomb

À mes yeux apparaît l’âtre du foyer

Qui brasille dans le crépuscule du soir

Dans un fouillis d’ivraie, de pissenlits, de fougères irritantes

Je me suis roulé

Et j’ai le vif regret

De notre couche moelleuse qui fleure bon l’odeur de tes cheveux.

 

Ô ma bien-aimée. Ô ma terre natale.

Je t’aime. Je vous aime. Je songe à toi, je songe à vous éperdument

Éperdument…

 

Le poète amoureux, rescapé du camp, va nous rejoindre

pour fêter nos Noces d’Or le mois le plus long de cette année.

 

Cordialement,

 

Hoàng Nguyên Bao Viêt

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