Nous et les traversées du lac (1)
  Par Alex Cristescu      Â
Je vous invite à oser faire une analogie entre le parcours de nos vies (qu’on pourrait facilement compter comme une «traversée terrestre» et les traversées du lac de Tibériade, que Jésus a ordonné à ces disciples. Les Évangiles nous l’ont raconté : chaque traversée fut une mission à haute risque.
Dès le début, on nous impose à être ailleurs, on prétend nous faire ceci ou se placer là , mais on est ICI, à Québec.
Presque la même chose avec Jésus : on s’attend à ce qu’il se fasse connaître au cœur du pays, c’est-à -dire dans la capitale Jérusalem. Mais Jésus se trouve en Galilée, sa région natale. Pourtant, les Prophéties indiquaient que l’héritier de David sera à Jérusalem. Jésus prend une autre route puisqu’il ne prend pas le chemin imaginé, la voie tracée d’avance. Dès le commencement, Jésus n’est pas là où on l’espère. En naissant dans une étable à Bethléem, il a dérouté les Mages qui le croyaient à Jérusalem.
Nous, non plus, on n’est pas là , où nos plans de vie, nos ambitions, nos parentés, ou la société voulaient nous voir.
Trente ans après sa naissance, Jésus tourne le dos à la cité de David pour se rendre en Galilée, qui n’est autre que sa région natale.
Trente ans après qu’on m’ait planifié une carrière en musique, je me trouve préoccupé sur l’autre côté du lac Atlantique, en tant qu’ingénieur quelconque.
Jésus ne laisse jamais de place au hasard. En se rendant au nord d’Israël, il se met à sillonner le territoire des Nations. En hébreu, on dit Gelil Haggoyim, ce qui, par raccourci, donne Galilée. Ce raccourci, Jésus l’emprunte pour lui donner une empreinte définitive. Isaie 9.1
Trente ans après avoir quitté la Roumanie, je me trouve au Canada, un vrai Gelil Haggoyim, un«pays de Nations». Un pays ou les passions bouillonnent autour des choses anodines pour certains, essentielles pour d’autres (voir la proposition d’une Charte dont l’objectif est difficile à comprendre, sauf un Agenda électoral caché…)
L’heure aurait-elle sonnée pour la Galilée? Faut-il qu’elle se réveille? Nous sommes là au carrefour des nations, lieu de passage, de brassage, de métissage Goyim, où «Nations» veut surtout dire «des païens», des gens du Liban et de la Jordanie, des Phéniciens et des habitants de la Décapole. Jésus sait où vont nous conduire ses pas rapides. La poursuite illumine l’homme qui éclairera le territoire des Nations.
Quelle différence entre les temps qu’on dit archaïques, lorsque «la lumière des Nations» traçait un itinéraire clair vers le futur, et nos temps présents, où rien n’est clair. Car, si le Maitre voyait dans la traversée du Lac de Tibériade un acte de fraternisation entre « élus » et « Goyim», qu’est-ce que nous contemplons aujourd’hui, après avoir traversé l’Atlantique, ici où les « élus » locaux discutent stérilement la question des droits et d’obligations reliés à l’uniforme des employés d’État ? De la dispute anodine et divergente qui n’aboutira point sur une clarté compréhensible, au moment que le nouveau Gouvernement sera en place.
À suivre, car les traversées du Lac de Tibériade n’ont même pas commencé. L’annonce de nouvelles élections non plus.






