La question de la Langue, une diversion bien calculée …..
  Â
       Par Christan Martin
Vers un Québec  Souverain et dollar Québécois
A mon arrivée à Mirabel, en février 82, j’ai été impressionné par l’accueil chaleureux des officiers des douanes. J’ai parlé en Français et tout le monde me répondait en français.  Je me suis dit : « C’est formidable! Je ne suis pas dépaysé ».
Le lendemain en prenant mon poste à la Banque, je constatais encore que tous mes interlocuteurs parlaient le français. Je n’en revenais pas. Comme prévu j’étais affecté à l’inspection Internationale.  Là le terrain changeait, l’anglais devenait naturellement indispensable, le département étant en majorité anglophone. Quelques jours plus tard nous partions pour l’Argentine.  J’étais très heureux de pouvoir à nouveau parler l’espagnol que je n’avais pas pratiqué depuis une décennie. En quelques jours, je rattrapai le temps perdu. Par contre, en anglais, quoique possédant une très bonne base dans cette langue, je peinais quelque peu, le vocabulaire de l’inspection me faisant défaut. Comme certains de mes collègues étaient unilingues anglophones, nous avons fait le compromis suivant mes collègues et moi afin que je fasse l’évaluation de leurs dossiers rédigés en espagnol et de leur côté ils m’aideraient à me fournir à demande des expressions anglaises pour faciliter la rédaction des évaluations des dossiers que je traitais. Ma charge de travail avait doublé mais j’étais quand même heureux. Cette situation me permettait d’améliorer mon anglais, de me faire une bonne renommée dans le travail tout en me faisant apprécier de mes collègues. J’étais fier d’être capable de travailler dans trois langues différentes et conscient des atouts que cela me procurait sur le plan professionnel.
Voici pourquoi je suis absolument réticent à l’argumentation de l’unicité linguistique que prônent les souverainistes québécois. Quels parents, soucieux de l’avenir de leurs enfants, voudraient les limiter à une seule langue?
D’ailleurs bien des jeunes savent que se refermer sur une langue unique est un piège. Lors de son voyage en Écosse pour promouvoir l’indépendance du Québec, Monsieur Duceppe s’était fait interpeler sur le sujet par trois jeunes québécois étudiant à l’Université d’Édimbourg. Voir l’article de Mali Ilse Paquin dans la Presse du 16 novembre 2010
Les paradoxes constatés
Quel paradoxe que de transiger régulièrement avec les États-Unis (+84% d’exportation vers notre voisin du sud) et de leur demander une garantie monétaire en vue de la création du dollar québécois.
Quel paradoxe que de vouloir se faire reconnaître par la France comme Pays Souverain et en même temps chercher comment se faire endosser par l’Euro!
Se faire garantir sa monnaie par le dollar US ou par l’Euro, où serait la souveraineté réelle du nouveau Québec libre?
 Sur le plan politique, je comprends le combat que le Québec a dû mener au fil des années pour se faire respecter et faire reconnaître son identité. Je salue les Québécois de souche pour avoir su bâtir un Québec francophone dans une mer anglophone. Mais aujourd’hui sans baisser forcément la garde, il faut être réaliste. Les enjeux économiques de notre époque ne sont plus ceux des patriotes d’antan.
 Qu’est devenu le Québec?
 Le Québec n’est plus le même. A écouter les revendications indépendantistes on se croirait dans un pays exempt de liberté, où la conciliation semble impossible. Il est triste de constater qu’une frange des indépendantistes est d’extrême-gauche, figée dans le combat du collectif contre le capitalisme.  Alors que l’Europe se construit et que le communisme est en déclin, ils tentent de créer ici les mêmes troubles que l’Europe a vécus. Je n’ai point besoin de vous rappeler l’Histoire, mais voir dans les rues de Montréal le drapeau rouge symbole de la révolution avec dessus la photo du CHÉ et prendre le peuple en otage est un affront au combat mené par les patriotes. Un affront encore plus grand, soit celui d’avoir bafoué le drapeau du Québec en y plaçant au milieu un grand carré rouge. Est-ce de l’insouciance ou de l’ineptie? Personne n’a osé défendre le drapeau québécois que les indépendantistes se sont appropriés. De plus, au lieu de taper dans les casseroles et d’arborer le carré rouge, si Madame Marois avait à cœur l’éducation des jeunes, elle aurait plutôt dû susciter une réunion de grande envergure pour élaborer avant les élections un plan d’engagement et présenter un mémoire en vue de consolider son programme électoral.  Elle a choisi de faire des déclarations démagogiques. Maintenant qu’elle est au pouvoir, nous sommes les spectateurs d’un théâtre d’improvisation, une création de diversions afin de faire oublier aux Québécois les vrais enjeux économiques actuels avec comme but ultime promouvoir la souveraineté. Il faudrait peut-être rappeler à Madame Marois qu’elle n’a pas été élue avec ce mandat.
Il est bon de souligner les dissensions à l’intérieur même des divers courants de souverainistes. En sus de ne pas s’entendre sur le comment et les moyens de parvenir à la souveraineté, nous notons qu’aucun n’est prêt à faire de concessions financières pour le grand saut patriotique. Comment peuvent-ils penser que l’indépendance se ferait sans compressions budgétaires et par conséquent de baisses de salaires et une dégradation des conditions de travail? L’idée d’indépendance relève de l’obsession et est basée sur une émotivité revancharde qui défie le temps et la réalité actuelle.
 L’indépendance, épée de Damoclès et ses conséquences
J’ai eu l’occasion d’écrire un article intitulé : « L’épée de Damoclès plane encore une fois sur nos têtes ».   (Lire plus) voir lien ci-dessous
http://www.lecarrefourdesopinions.ca/?p=8769
J’ai envoyé ce texte au journal Métro le 23 août 2012 qui l’a publié dans son courrier du lecteur le 24 Août 2012( Lire plus… voir lien ci-dessous) Toutefois ils se sont permis, sans me demander l’autorisation, de tronquer mon article de 50% de son contenu, changeant ainsi le texte de l’explication des conséquences de l’indépendance. Cela montre bien que la partie concernant le nouveau système monétaire du dollar québécois dérange terriblement.  Je me souviens qu’en 2002 j’avais organisé un forum sur la dollarisation (remplacement du dollar canadien par le dollar US). Déjà , à cette époque, la garantie monétaire du dollars US servait à manipuler l’opinion des électeurs pour sécuriser l’idée de l’indépendance du Québec, l’effondrement du dollar canadien étant ainsi occulté.
http://journalmetro.com/opinions/courrier-des-lecteurs/144746/courrier-des-lecteurs-du-24-aout/
 « Petite » actualitéÂ
Le Canada ne s’est pas réjoui de voir Madame Marois cherchant à resserrer les liens commerciaux entre le Québec et l’Ecosse. Je serais curieux de connaître les statistiques d’échanges commerciaux entre le Québec et l’Ecosse. Ce que nous savons par contre c’est que l’Ecosse souhaite obtenir son indépendance en 2014 gardant tous les avantages acquis, la Reine, l’Union Européenne, la livre sterling ou peut-être même envisager l’adoption de l’euro.
« Pauline Marois se réjouissait de sa « rencontre historique» avec le premier ministre indépendantiste de l’Écosse, Alex Salmond. Mais elle passe inaperçue. » dixit l’article de Paul Journet publié dans la presse du 29 01 2013.
Voilà encore une grosse pub en faveur de la souveraineté qui semble être un fiasco. Une façon de porter le message sur le plan international.
Québec souverain : Dollar québécois?
Je vous invite à lire attentivement l’article de Patrick Grady Cité Libre Vol. XX, No.5 juin 1992 (voir son résumé en fin de page). Cet article objectif conforte ma position quand je disais qu’il ne s’agit pas de la viabilité du Québec, mais plutôt des conséquences de l’effondrement du dollar canadien vs la création éventuelle du dollar québécois;
A noter que bien qu’écrit en 1992, cet article demeure d’actualité car financièrement les choses n’ont pas changé sinon que la dette s’est accrue substantiellement. Les principes de base de l’effondrement du dollar canadien en cas d’indépendance demeurent les mêmes.
http://global-economics.ca/Que.dollarcanadien.pdf
Voici deux extraits de l’excellent article de Patrick Grady :
 […] La souveraineté du Québec sonnerait le glas du système financier canadien actuel qui englobe l’ensemble du territoire national. L’instauration d’un système différent au Canada et au Québec aurait pour effet de réduire l’efficacité des marches financières et d’accroître le coût des emprunts. Limitant les possibilités de diversification des risques concernant les prêts et les dépôts, dont jouissent les institutions financières à l’échelle du pays, cette mesure nuirait aussi à la stabilité du système financier et à celui du Québec en particulier[…]
[…] Compte tenu de toutes les difficultés que l’on peut prévoir et de la fragilité de l’élément confiance, les Québécois ne doivent pas se laisser tromper par ceux qui affirment que le Québec pourra conserver Ie dollar canadien quoi qu’il arrive. IL y a très peu de chances que l’union monétaire puisse durer advenant la séparation du Québec. Et peu importe ce que peut bien dire Jacques Parizeau, tôt ou tard, et plus probablement tôt que tard, les Québécois se retrouveraient presque certainement en possession de dollars québécois dévalués. C’est là un des prix à payer s’ils estiment que le nationalisme doit primer sur l’intérêt économique en optant pour la souveraineté. […]
Patrick Grady est un ancien haut fonctionnaire au ministère fédéral des Finances. Il a beaucoup écrit sur la politique économique, la macroéconomie et les finances publiques. Ses articles ont paru dans la Revue canadienne d’économie, la Revue fiscale canadienne, Canadian Public Policy, Canadian Business Economics, la Revue canadienne d’évaluation de programme, L’Actualité Economique, Canadian Forum, Options politiques, le Journal of Empirical Economics, Cité libre, Business Quarterly, Globe and Mail, le National Post, le Financial Post, le Ottawa Citizen et la Gazette de Montréal.
Christian, un internaute qui veut mettre les points sur les « i ».






