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Aux rivières d’y répondre

26-05-2014

Aux rivières d’y répondre.

   La Chronique d’Éric E.G. NOGARD

Voilà pour nous une opportunité de rappeler le Souvenir du Médecin Martiniquais, le Docteur Jean MAGDELEINE (1925-2001), Chef du Service Pneumologie du Centre Hospitalier Universitaire la Meynard,  Président du Comité de lutte contre les Maladies Respiratoires de la Martinique, dont le Leitmotiv était : « le Souffle, c’est la Vie ».

 

Comme chacun sait, l’Eau l’est tout autant que l’Air, elle aussi est la vie.

 

Or, la dégradation de la Rivière n’a-t-elle pas pour Corollaire la raréfaction de l’eau, la désertification, et enfin, la mort des espèces vivantes, comme l’herbe sur la lande par temps de Carême.

 

***     ***     ***

 

S’adressant au Public, un savant pose la question de savoir pourquoi l’aménagement « durable » des rivières est-il si difficile à atteindre… en Martinique.

 

Peut-être à cause de ce fameux mot « durable » qu’il est de mode de mettre à toutes les sauces, pour les « rehausser intellectuellement » pourrait-on dire.

 

Peut-être parce qu’il ne suffit pas, en ce qui concerne la rivière, d’ânonner le lieu commun qui veut qu’elle soit un être vivant : il convient de méditer sur son anatomie comme sur sa physiologie.

 

Surtout qu’en Martinique, après qu’on l’ait assassinée, pour la remplacer par des torrents qui, eux, vivent au rythme des précipitations pluviales, on la connaît très peu.

 

Savons-nous seulement distinguer entre une rivière et un torrent.

 

Nous sommes prêt à jurer qu’il serait intéressant d’en poser la question au plus grand nombre, même chez les spécialistes d’aujourd’hui, des Ponts et Chaussées d’hier.

 

Peut-être conviendrait-il de le demander aux « Eaux et Forêts ».

 

Savons-nous combien il est facile de transformer une rivière en torrent, et pas l’inverse, et combien de Pays « réaménagent » leurs rivières (ou du moins tentent de le faire), pendant que d’autres s’acharnent à assassiner les leurs.

 

Sans entrer dans le détail, nous croyons pouvoir faire observer que la vie et le comportement d’une rivière relèvent de la complexité physique, anatomique et physiologique dont il est douteux qu’on s’en fasse une idée, vu la maltraitance à laquelle on la soumet.

 

Autrement, comment expliquer que le niveau d’une rivière soit à peu près constant toute l’année, ce pour quoi son comportement et son franchissement ne sont coupables que de si peu de déboires, comme son histoire peut en attester.

 

Et comment expliquer que ces mêmes rivières soient aussi redoutables (quand il pleut) qu’une rupture de barrage, alors qu’elles sont à sec sitôt tombée la dernière goutte de pluie.

 

C’est que nos rivières ont été remplacées par des torrents, tellement notre simple bon sens a cédé le pas au Grand Savoir de nos Universités d’aujourd’hui sur cette question vitale.

 

Or, une rivière et un torrent ne se traitent pas de la même façon : celui-ci étant juste une brute physique et l’autre, un être vivant qui n’a cessé de subir les mauvais traitements qui lui sont infligés quotidiennement par l’espèce humaine dite civilisée.

 

Et, en la tuant de plus en plus, l’humanité se tue à petit feu.

 

Les déboires déplorés aujourd’hui ne sont rien auprès du Drame qui nous attend en conséquence des torts faits à nos rivières.

 

 

Bref.

 

Selon nous, l’aménagement durable des rivières est difficile à atteindre pour trois raisons très simples imputables à l’espèce humaine qui :

 

–       Par ignorance ou par oubli agresse la rivière dans sa physiologie proprement dite, la transformant ainsi en torrent.

 

–       Par incivisme ou par malpropreté change en décharge universelle le lit du torrent qui lui a succédé.

 

Le côté positif du Torrent consistant à charrier les encombrants accumulés dans son lit à l’instar de la chasse du WC.

 

–       La soif inextinguible de toujours plus d’argent, au point que la Forêt Amazonienne elle-même soit en danger de mort, l’Amazone tout aussi inéluctablement.

 

Si ces Préjudices son aisés à commettre, les réparer n’est pas chose Commode, surtout quand notre Culture consiste davantage en le Vacarme du Tambour qu’en la sérénité de la réflexion que réclame notre devenir.

 

Remarque : Nos chroniques expriment l’opinion de « Martinique Province Française », un Mouvement Français dont la consistance se confirme de jour en jour.