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Une cour populaire rejette l’appel d’un activiste anti-collusion

30-10-2012

Une cour populaire rejette l’appel d’un activiste anti-collusion
                       Envoyé par Lam Cham Tho

Une Cour d’appel au Vietnam a rejeté l’appel porté par un activiste renommé qui était condammné à 5 ans de prison pour avoir disséminé la propagande anti-gouvernementale.

 

La Cour Suprême du Peuple de la province de Ninh-Thuan au Sud-Est du Vietnam a maintenu la sentence initiale portée contre Phan Ngoc Tuan, 53 ans, défenseur des droits des travailleurs. Ce même activiste a par ailleurs mis en doute les actes commis par le gouvernement local.

Tuan, un missionaire catholique, a été arrêté le 10 Août de l’année dernière pour avoir distribué des tracts dénoncant les « méfaits » des autorités locales. Le 6 Juin, lors d’un procès dans lequel aucune assistance juridique ne lui était accordée, il était condamné à cinq ans de prison en plus de trois ans de probation, pour avoir « fait de la propagande contre l’État », suivant l’article 88 du Code pénal.

 

Sa femme, Nguyen Thi Nu, révélait à RFA Section Vietnam, qu’elle n’était pas avisée de la date de l’appel que tout récemment. « On ne m’avait pas informé de cet appel et je ne le savais qu’après avoir visité mon mari le 29 Août », disait-elle.

Durant l’annonce du verdict, mon mari disait ne s’attendre à aucune clémence de la part de la Cour … étant donné qu’il combattait la corruption à haut niveau … », confiait-elle.

 

Elle ajoutait aussi que son mari lui avait dit qu’il contestera la sentence même s’il faut aller jusqu’au Chef de l’État et ce, quel que soit le jugement de la Cour Suprême.

 

Nu racontait qu’elle ne recevait aucune réponse de la Cour à l’égard de l’action qu’elle et son mari avaient portée pour la défense des intérêts des travailleurs, action qui était mentionnée aussi dans le contenu des tracts distribués auparavant.

« Jusqu’à maintenant, la Cour Suprême ne considère le procès qu’en relation avec les évènements depuis 2011 en ce qui a trait aux tracts anti-gouvernement », continuait-elle.

« Il y avait 500 travailleurs dans cette affaire mais seulement un, mon mari, qui osait se lever pour défendre leur intérêts.

 

Phil Robertson, directeur-adjoint de Human Rights Watch’s Asia, division basée à New-York, disait que le procès de Tuan démontrait une fois de plus l’intolérance du gouvernement vietnamien envers toute opposition d’idées et d’opinions dans la société. « Mettre les activistes comme Phan Ngoc Tuan sous les verrous signifie simplement que les gouvernements locaux auront les mains libres pour abuser de leur pouvoir pours’enrichir tout en violant les droits et libertés individuels », déclarait-il.

« Ce cas fut un autre exemple où le Vietnam préfère tirer sur le messager plutôt que résoudre les doléances, source des combats des activistes, qui demandent justice et imputabilité. » (Source: RFA Section Vietnam)