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Retour sur les élections du 4 septembre 2012

11-09-2012

Retour sur les élections  du 4 septembre 2012

                                 Par Michel Frankland                                                    

«Le programme économique et fiscal du PQ est populiste, irréaliste et taillé sur mesure pour courtiser la clientèle tentée par Québec solidaire. La pensée péquiste sur le financement des services publics est totalement dépassée.»

Cette citation  provient d’un esprit lourdement partisan, sans nuances – un auteur qui se complaît dans le brûlot ?… Du tout ! Elle provient de Joseph Facal, un des esprits les plus doués du Québec[1]. Bardé de diplômes, professeur aux HEC, Joseph a occupé des postes prestigieux dans le gouvernement péquiste de 1996 à 2003.

C’est dans le même  esprit que je  vous rapporte ici de larges extraits d’une lettre toute récente à un ami. Soit :

Marois représente cette espèce de gélatine mollassonne dans laquelle trop de Québécois, hélas, se reconnaissent. Nous nous enfonçons dans les dettes. Et elle est toute fière de nous annoncer un budget déficitaire (2,5 % si mes souvenirs sont exacts). Son association aux carrés rouges prouve avec violence son manque de jugement, et je vais dire une affirmation que personne ne dit mais que je crois : elle manque d’intelligence. C’est une chose de bien comptabiliser les divers postes budgétaires d’un ministère ; autre chose de voir clair dans une situation politique. Et d’aller brasser des casseroles en plus ! Elle avait la situation pour avoir une victoire majoritaire. Ma méfiance envers elle est saine, solide, joyeuse. Bourassa était aussi mollasson, mais il était intelligent ; pas elle.

De quelqu’un qui s’est investi avec passion dans les premières années du PQ mais qui a quitté ce parti : je suis de centre-droit et la gogauche péquiste m’horripile.  Mais c’est physique, je n’ai jamais voté libéral. Quoi qu’en dise Charest, ce parti a beaucoup plus d’intérêts que de convictions. Il m’apparaît corrompu peut-être au-delà de toute espérance. Note que la cote Charest chez les francophones est de 18 %.

Je voterais pour un parti indépendantiste de centre-droite. Mais quelque part au fond de mes tripes, je doute fort que les Québécois de souche aient ce type de force, de courage, nécessaire à faire l’indépendance. Joseph Facal m’écrivait il y a quelques semaines :

[…]notre apathie est un mélange d’ignorance, d’inculture et d’intox fédéraliste parfaitement réussie. Ça fait 200 ans que c’est comme ça. Et puis, faire l’indépendance, c’est assumer plus de responsabilités. Ben ben «forçant»…

L’intoxication fédérale dont il parle est brillamment exposée dans le livre butoir récent de Stéphane Gobeil, Un gouvernement de trop (VLB éditeur).  Gobeil, par une étude de moine, a comptabilisé les finances du fédéral pour une année complète. Tous les comptes publics,  tous les postes budgétaires de chaque ministère, notre juste part à payer de la dette fédérale, la péréquation, etc. Et il conclut que l’union fédérale nous fait perdre 11,5 milliards annuellement ! L’intox : «Vous,  les Québécois, ne valez pas beaucoup en administration. Vous avez vraiment besoin du fédéral pour vous sauver de la dèche.»

Je heurte possiblement tes idées politiques. Mon but n’est aucunement de te heurter. Je t’écris ceci simplement parce que j’ai beaucoup  d’estime pour toi. Je te présente un autre point de vue sur le Québec, associé bien davantage au Québec profond, dont je viens,  bien différent de Montréal.

Bien sûr, il y a des êtres valables dans tous les partis. Chez les libéraux, Raymond Bachand, Robert Dutil, la grande Lise Thériault, pour ne nommer que ceux-là, Au PQ, mon vieil ami Daniel Paillé (BLOC), Nicolas Marceau, Martine Ouellet et plusieurs autres. Mais leurs deux chefs n’ont pas été à la hauteur. Pauline Marois fait l’objet d’un paragraphe en début de texte dont je regretterai peut-être la violence et l’emportement – je n’ai rien dit de ses qualités. À part un tact généralement opérant, je suis frappé par ses défauts. Je suis un chroniqueur, non un analyste flegmatique. Je reproche à Charest ce que l’ensemble de la francophonie québécoise lui reproche : d’une  part, on lui en a voulu gros du refus remarquablement trop prolongé de créer la commission d’enquête sur la corruption, refus qui paraît révélateur à la grande majorité. D’autre part, Monsieur Parfait ne s’est jamais excusé vraiment de quoi que ce soit. La reconnaissance de son entière responsabilité de la défaite libérale, honorable par ailleurs, m’apparaît un élan particulièrement arrogant par son côté grandiose, exagéré : le Grand Charest aurait commis quelques fautes ? C’est trop pour ce Personnage-Phare ! Il prend cérémonieusement tout le blâme sur Sa Personne. Des erreurs chez d’autres deviennent des fautes impardonnables pour ce Grand Timonier politique….

Oui, je sais, il faut énormément de courage pour œuvrer en politique.  Mais le peuple s’attend à cette humilité qui voit les vrais problèmes, les identifie publiquement, propose des solutions réalistes et bannit toute forme de malversations. Des gens de cœur, d’âme et au jugement solide. Ces deux chefs ne m’apparaissent pas correspondre à ces exigences. Rongés par le désir du pouvoir plutôt. Dommage. Tellement de citoyens et de politiciens, élus ou battus, méritent beaucoup mieux !

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[1] Journal de Montréal, 2 septembre 2012