Montréal

Nouvelles

L’agit-prop (2)

17-04-2012

L’agit-prop (2)

Par Michel Frankland               

 

  1. Il faut donc que les extrémistes créent le «Band Wagon effect», expression  de la politique américaine. Plus il y a de wagons partant pour l’Ouest, plus il sera sécurisant de partir nous aussi avec notre charriot. L’entraînement par contagion. Quand une faculté d’une université a débrayé, et une autre dans une autre université, on les fait parader, assurés que les médias joueront leur rôle de diffuseurs aux nouvelles du soir. On s’arrange pour que les médias interviewent une couple d’étudiants «ordinaires», du «vrai monde» sans affiliation politique – c’est quelquefois vrai. Des purs et simples ! C’est donc que la contestation est légitime et fait appel à des motifs relevant du bon sens. Si bien que, le plein des facultés d’accord avec la grève étant réalisé, On se tourne maintenant vers les hésitants. Il faut leur arracher une journée de grève. Juste ça. Sans ça, ils seraient du côté des irresponsables. Bref, on joue sur leur culpabilité en même temps que sur la valeur symbolique d’une seule journée de débrayage. Mais l’expérience montre constamment que le débrayage d’une journée a toutes les chances de se prolonger pas mal longtemps.

 

  1. Provocation.  Les marxistes sont passés maîtres dans l’art de faire sortir les policiers de leurs gonds. Entre autres, en gardant les policiers dans l’expectative. On ne fournit pas le l’itinéraire de la contestation. Et on varie l’emplacement du début et de fin de la marche.  Celle-ci vise trois objectifs. Premier objectif : que les policiers infligent des blessures aux contestataires. Dans la contestation  de février-mars, un étudiant a été blessé à l’œil. Réaction prévue, dûment codifiée dans l’AgitProp : «Nous, on manifestait pacifiquement. Et les policiers se sont conduits brutalement sans raison.» Si possible, encore ici, ce sera une jeune fille habillée correctement qui fera ce compte-rendu aux journalistes présents. A-t-on idée de s’en prendre à du monde si pacifique…

 

  1. Subversion de «marginaux». On mobilise les plus frondeurs. Ils quittent la manifestation «pacifique» et vont semer la pagaille ailleurs.  Dans la grève de février-mars, ce groupe batailleur est allé bloquer le pont Jacques-Cartier. Réponse classique de l’AgitProp : le mouvement est pacifique, mais peut ne pas contrôler tous les manifestants.» (…)

 

  1. 4. Donner à l’occasion les «preuves» de sa conscience sociale. Il faut bien témoigner de sa nature bienveillante. «Car ce ne sont que les circonstances qui attisent notre ressentiment. Autrement, nous sommes des modèles de bonne conduite.» On a donc procédé à une marche silencieuse, preuve de la dignité des manifestants (…). Bien sûr, ce n’était pas gratuit. L’acte était à double effet : on tenait, par ce silence,  à illustrer le silence du premier ministre. De même, et l’effet s’est avéré, tel que  prévu, encore plus puissant : le 22 mars, près de 200 000 étudiants manifestèrent pacifiquement.

  1. Étalage du pouvoir subversif. Le deuxième objectif de la marche : montrer aux masses laborieuses le pouvoir qui vient du peuple luttant pour une juste cause. Ce n’est pas pour rien que ce sont les rues les plus achalandées qui sont investies. Seul un groupe qui a du pouvoir peut agir ainsi. La preuve : on les laisse perturber le trafic le plus lourd de la ville.

 

  1. Recrutement. Le troisième objectif de la marche réside dans le recrutement. Les cellules marxistes doivent proliférer en nombre et en quantité. Dans les milliers qui manifestent, certains seront touchés par le message socialisant. Il arrivera que quelques-uns d’entre eux soient recrutés au fil des échanges lors d’une des marches. Mais le procédé normal consiste, une fois la grève terminée,  à inviter les marcheurs à des rencontres de réflexion sur les événements vécus ensemble. Et alors, par une approche habile, on amène les contestataires en herbe à dégager les vraies leçons sur l’oppression des riches et autres «maniganceux» du pouvoir bourgeois. Ils seront invités à quelques rencontres hebdomadaires…

 

Il est dommage que les gouvernements ne tirent pas les leçons des utilisateurs de l’AgitProp. Voici quelques lois qui m’apparaitraient utiles pour contrer cette méthode si parfaitement anti-démocratique.

  1. D’abord, que les grèves étudiantes, comme dans  le syndicalisme, soient l’objet d’un vote secret s’étalant sur une journée.
  2. Deuxièmement, que le gouvernement vérifie les faits présentés par les chefs de la contestation aux étudiants. Il corrigera au besoin les erreurs de faits et comblera par des informations pertinentes ce que les contestataires ont oublié de dire. Bref, on joue sur leur culpabilité en même temps que sur la valeur symbolique d’une seule journée de débrayage
  3. Troisièmement, que les dirigeants des manifestations indiquent clairement le trajet de la manifestation. Il sera accepté dans la mesure où il perturbe minimalement le trafic. Car le but consiste à attirer l’attention des médias. Ceux-ci seront au rendez-vous de toute façon.
  4. Qu’il y ait également des peines sévères pour avoir à ce point méprisé les citoyens par le blocage de milliers d’automobilistes, causant  des pertes de temps généralement onéreuses – sans parler du désagrément et d’un sentiment d’insécurité devant le chaos toléré. Ces peines devraient, sauf pour les actes criminels, être d’ordre monétaire. Plus ils paieront d’amendes, plus leurs actions diminueront, leurs fonds, le nerf de la guerre, leur étant devenus plus faibles.
  5. Il serait probablement bénéfique que le gouvernement publie, avant le début de ces manifestations, l’essentiel des tactiques de l’AgitProp.

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