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NOIRS DU QUÉBEC : DES MODÈLES POUR LA JEUNESSE

08-02-2012

NOIRS DU QUÉBEC : DES MODÈLES POUR LA JEUNESSE
Par Yves Alavo

En présentant les lauréats de la 21e édition du Mois de l’histoire des Noirs, la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs a voulu souligner le travail, la passion, la détermination et l’engagement de plusieurs personnalités des communautés noires du Québec qui, chacune à sa façon, contribue grandement à la société québécoise et sert de modèle positif à l’ensemble de la communauté.
Les lauréats choisis sont présentés dans le calendrier annuel du Mois de l’histoire des Noirs (les calendriers sont disponibles gratuitement au bureau du Mois). Ce calendrier rend hommage à des personnes qui se sont distinguées d’une manière particulière dans leur domaine d’activité. Cette tradition vieille de plus de 19 ans est très symbolique pour Michael P. Farkas, président de la Table Ronde du Mois de l’histoire des Noirs : « Il est important pour nous de faire rayonner des modèles positifs et par le fait même de démontrer que les communautés noires ont un impact et un apport importants dans notre société. C’était pertinent il y a 20 ans et ça l’est encore aujourd’hui, car nous avons toujours besoin de prendre davantage notre place. Il y a encore du chemin à faire… »
La 21e édition du Mois de l’histoire des Noirs.  Rencontrez quelques personnes :

Né à Port-au-Prince, en Haïti, Wesley Louissaint (avril 2012) WESLI a été gagnant du Prix Radio-Canada Musique comme Révélation de l’année 2009-2010 et nommé pour le Prix de musique folk canadienne pour l’album de musique du monde de l’année (solo). Wesli, artiste engagé qui fait rayonner la musique du monde, a lancé fin 2011 son deuxième album, Liberté dans le noir, lequel compte des invités prestigieux comme Mes Aïeux, Tiken Jah Fakoly, Radio Radio et Paul Cargnello.  
Notre collègue A. Brunet de La Presse, analyse parcours et démarche artistique de Wesli : Après avoir fait dans le rara et la musique troubadour, c’est à Montréal que Wesley est vraiment devenu Wesli, c’est-à-dire qu’il y a construit son identité musicale: mélange contagieux et exigeant de musiques haïtiennes, reggae, ska, afrobeat, funk, soul, hip hop, rock et même rigodon!  À Montréal comme partout dans l’univers du global sound, Wesli est le seul à avoir réussi telle mixtion.  En témoignent l’album Kouraj et ce tout récent Liberté dans le noir, deuxième album que Wesli espère être le vrai déclencheur.
Assis sur une inspiration négro-africaine, il intègre, rythmes, sons et fantaisies de la diaspora culturelle.  Guitariste brillant, il s’est entouré de complices, dont une section de cuivre sans pareille.  Alain Brunet écrivait récemment : D’aucuns estiment que ce Montréalais né en Haïti, chanteur, guitariste, compositeur, réalisateur, leader d’orchestre, de surcroît bête de scène, a tout pour exploser sur les scènes du monde. Révélation de la Société Radio-Canada en 2008, premier prix au festival Babel Med Music à Marseille (2010), Wesli vient de lancer son deuxième album… et n’a pas le soutien qu’il mérite.

Professionnel diplômé en sciences politiques, Henry Ngaka (Septembre 2012) possède une vaste expérience médiatique et une culture internationale poussée qui a fait sa renommée dans le paysage médiatique québécois. Après deux années à la barre de l’émission Afrique noire au Québec, présentée à la télévision ethnique du Québec depuis 1993, Henry Ngaka produit sa propre émission en 1995, qu’il nomme Paysage – AFRO MONDE.  Il est certain, qu’avec son expérience, ses réalisations, aurait-il été dans les cercles d’influence du réseau des médias, qu’il serait chef d’antenne quelque part.  Là, encore avec assurance, il est évident que la compétence n’est pas le facteur essentiel du développement professionnel normal dans notre société qui carbure encore à la discrimination active.

Née en Haïti, Marjorie Théodore (octobre 2012) a grandi au Bénin, au Congo et au Gabon avant de finalement aboutir au Québec, où elle a terminé ses études. Depuis 11 ans, Marjorie Théodore est présidente-directrice générale de Vues & Voix et est initiatrice du Colloque international du millénaire « Évènement Millenium Event » (CIME 2010). Elle est aujourd’hui représentante officielle de l’ONG PLAC 21, à New York, au siège de l’Organisation des Nations Unies et chargée, à ce titre, de la gestion de son pôle Culture, innovation, société de l’information, de la connaissance et du savoir.

N’importe quelle femme de la majorité ayant son profil serait membre de nos CA ou alors assise à la table où se prennent  les décisions, dans un cabinet politique ou au sein de l’équipe dirigeante d’une de nos grande institutions.  Comment expliquer, autrement que par une certaine forme active d’exclusion, cette situation qui fait qu’elle soit obligée de s’expatrier pour profiter de ses efforts et avoir un poste à sa mesure!

Né au Togo en 1975, Edem Awumey (Novembre 2012) a passé quelques années en France, où il a publié son premier roman, Port-Mélo (Gallimard, 2006; Grand Prix littéraire de l’Afrique noire). En 2007, il s’est installé sur les bords de la Gatineau, à la frontière du Québec et du Canada anglais. Il y poursuit ses activités d’auteur et de chercheur sur les thèmes de l’exil et des phénomènes de transferts culturels. En 2009, son deuxième roman, Les pieds sales (Boréal, Seuil), était finaliste au Prix Goncourt.  Il vient de lancer son nouveau roman Rose déluge, en 2011.

Militza Jean (décembre 2012) est originaire d’Haïti. Première Noire chef au NCSM Québec, elle remporte tous les honneurs reliés à son poste. Au fil des ans, elle agit également en tant que rédactrice en chef du journal communautaire haïtien Linou, fonde une chorale de mamans et d’enfants, aide à la création d’un Bureau coordonnateur à Montréal et préside plusieurs conseils d’administration. Elle est directrice des communications du mouvement Femmes en action pour Haïti (FAH) et travaille sur Vwazinaj, un projet à l’étude qu’elle a validé des suites de son voyage humanitaire en Haïti après le séisme.

Cheveux naturels, avec beaucoup d’humour, deux artistes, BerekYah et Xav Ier ont lancé le mouvement en tournant un documentaire, dans lequel ils ont interrogé divers artistes qui ont osé le port de leurs cheveux crépus. On sait que le mois de février est aussi le Mois de l’histoire des Noirs au Québec.  Vivre avec ses cheveux naturels, c’est un geste qui devrait aller de soi, mais qui est pourtant presque révolutionnaire: laisser ses cheveux naturels pour une femme noire, sans défrisant ni perruque, est encore aujourd’hui, ici au Québec, une rareté. Au point que ces deux artistes de Montréal ont décidé de faire de février le «mois de frovrier», dédié au port des cheveux naturels, en simple afro ou sous forme de dreadlocks.

Toute la documentation :  http://www.moishistoiredesnoirs.com/index.php/fr/