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Programme « Aba Grangou », une insulte

31-01-2012

Programme « Aba Grangou », une insulte

Par Jean Erich René

Les  vrais Grangous, ce ne sont pas les gens qui n’ont rien à manger mais les responsables nationaux qui, sous couvert de  programmes bidons, subtilisent les deniers publics en les affamant depuis 1804.

Jusqu’où iront l’indécence et l’audace de nos dirigeants qui croient pouvoir soumettre les lois de la République et les cadres étatiques à leurs intérêts personnels.Ils ne se contentent pas seulement d’avoir deux ou trois nationalités, par surcroît, ils se foutent de nos gueules. Nos Hommes d’Etat s’embarquent dans une aventure digne des corsaires et croient pouvoir tromper tout le monde et son père. Le changement pour être souhaitable doit s’orienter dans le bon sens. Certaines dictatures éclairées malgré les frais collatéraux regrettables au décompte ont engagé des actions positives qui ont contribué à l’augmentation du patrimoine national. Quand le programme politique d’un Gouvernement n’est que de la pacotille dictée par certains esprits non avertis et qui n’ont jamais été à aucune école ni initiés aux rouages de la machine administrative, il y a lieu de se demander : Quo vadis Haïti !

« Aba Grangou » n’est qu’un vÅ“u pieux. Ce n’est pas un objectif  qu’on compte atteindre puisque le ver est déjà dans le fruit. Il faudrait un cadre théorique préparé par des techniciens chevronnés établissant un chemim critique du genre Méthode Pert CPM. Dans 1 an Fernandez nous a construit une Université à Limonade parce que tout est planifié. En Haiti deux ans après le séisme on n’arrive même pas à déblayer le Palais National parce qu’on est dirigé par des Chefs sans qualité ni dignité qui ne font que plumer la poule. Shame on you !

Quel est ce monstre semblable à King Kong, nommé Commission Aba Grangou qui vient de surgir bref, soudain, tout à coup des bois ? Sa bagay saa ye ? Elle est présidée par Sofia Martelly qui ne saurait se prévaloir d’aucun titre ni compétence en la matière ? Quels sont les rôles des Ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et des Affaires Sociales qui sont techniquement équipés pour implémenter des programmes capables de soulager la faim en Haïti. Seront-ils placés sous la tutelle de la Première Dame dont le rôle n’est pas constitutionnel. La Commission Aba Grangou est-il un Gouvernement parallèle? Si par hasard, des fuites d’argent sont relevées, et c’est le cas le plus probable dans ces Commissions opaques, véritables tonneaux de Danaïde, qui sera justiciable ?  

Selon Métropole Haiti du Mercredi, 25 janvier 2012 : « Les autorités haïtiennes ont procédé ce mardi au lancement d’un programme baptisé « ABA Grangou », qui consiste à mettre en place une stratégie nationale de lutte contre la faim et la malnutrition à travers tout le pays. »  Kwelekwekwe !

« Aba Grangou » n’est pas une activité sociale   qui serait dévolue ordinairement à une Première Dame dans tous les pays du monde. Les cantines de Mme Magloire étaient plus commodes et n’intégraient pas les rouages administratifs. Sophia Martelly vient de franchir les limites du tolérable. La solution de la problématique de la faim en Haïti ne peut pas être ravalée à de simples recettes de cuisine ni à des distributions, dans les zones défavorisées,  de plats de blé souvent brûlé ou mal cuit. Actuellement en Haïti la Majorité Nationale a faim. Tout le monde est sans abri. S’agit-il d’importer de la nourriture pour empocher de gracieuses commissions sur d‘importants stocks. Que dit le Parlement? Tout d’abord ce serait une concurrence déloyale par rapport aux commerçants patentés qui payent leurs taxes et leurs impôts. Une telle initiative présidentielle aura pour effets immédiats :

–      L’augmentation des importations alimentaires comme c’est le cas pour la subvention de l’urée dont l’excès entrave la culture du riz dans l’Artibonite suite à un chamgement notable de la texture du sol provoquant l’infiltration rapide de l’eau dirrigation et de l’urée appliquée avant d’être absorbée par les racines du riz. Echec et mât !

–      Le renforcement du déséquilibre commercial, à cause des produits importés dont le dumping  va inhiber la production alimentaire nationale en décourageant nos producteurs .

– La réduction au chômage de nos travailleurs agricoles vaincus par les produits concurrents importés sous la baguette de la Commission Aba Grangou

–      La dévaluation de la gourde haïtienne et une augmentation subséquente de la dette nationale sans même contacter un nouvel emprunt.

Tout compte fait la Commission  » Aba Grangou va nous jeter à pic dans le cercle vicieux d’une inflation galopante augmentant davantage les prix des produits alimentaires et par ricochet accélérer la famine. Somme toute, loin de crier « Aba Grangou » économiquement parlant  on ne fait que dire « Vive Grangou » puisque le coût de la vie va augmenter. Les incidences seront à la fois malheureuses sur les marchés des biens, de l’emploi et de la monnaie. Il faudrait un itinéraire sûr et une boussole  pour arriver à destination dans un délai déterminé. Réduire de 50% la faim en Haïti d’ici à 2016, selon vos ambitions, Mme la Première Dame de la République, ce n’est pas un pari facile à gagner, comme les élections présidentielles truquées. Vous voulez donner une assistance alimentaire à :

–      2,2 millions d’enfants,

–      1 million de mères de famille et de gens en extrême pauvreté grâce à des transferts d’argent et de nourritures,

–      1 million de petits planteurs dans le cadre de programmes agricoles.  

La pilule est trop amère pour être avalée sans un verre d’eau et sans grimace. Où va-t-on puiser cet argent ? Le budget national sera bouffx130 par le progranne Aba Grangou. Nos ministères vont collaborer, en vertu de quel organigramme?Nous nageons dans l’informel.  La Cour Supérieure des Comptes aura-t-elle le contrôle  des dépenses effectuées ? Pourquoi ne pas prêter cet argent, par le biais du crédit bancaire, aux agriculteurs qui ont en tant besoin ? De plus, de tels objectifs relèvent du pouvoir régalien du  Gouvernement. Sur le Plan macroéconomique, il incombe au PM Garry Conille de mettre à exécution le Plan annoncé dans son discours de Politique Générale à travers les différents compartiments de l’Administration publique. Le Président de la République constitutionnellement n’est pas responsable. L’interpellation, en une telle occurrence, visera le PM. En conséquence, il doit avoir la primeur. En recevant un sac de riz de la Première Dame, on ne peut pas crier Aba Grangou. On ne fait que maintenir le Peuple dans la misère et la mendicité  tout en augmentant l’aura du couple présidentiel. Au lieu de leur donner à manger une fois vaut mieux  leur apprendre à pêcher et ils auront à manger toujours, conseille le proverbe chinois.

La Commission « Aba Grangou », au sens des esprits avertis, n’est qu’une excroissance administrative redondante et très suspicieuse au point de vue de la manipulation des fonds. Il faut de la farine pour faire du pain. Abstractions faites de toutes idées préconçues, les techniciens de l’Art doivent d’abord débattre des voies et moyens à mettre en œuvre pour atteindre en Haïti l ‘objectif : « Aba Grangou », non pas  au bénéfice des privilégiés du Régime en place ni au seul profit des 4,2 millions d’Habitants prétendument visés, mais pour nourrir dans la dignité 10,2 millions d’Haïtiens(es) c’est à dire l’effectif de notre population, selon les dernières données statistiques de 2011. La Commission Aba Grangou, comme un champignon poussé sur une souche de bois pourri , est une arnaque de trop et une insulte à notre intelligence.