Montréal

Nouvelles

Le Cas FANON, Tristesse et Écœurement.

13-12-2011

Le Cas FANON, Tristesse et Écœurement.

Par Éric E.G. NOGARD                     

 

Si Frantz FANON était celui pour qui on veut le faire passer, aurait-on eu à dépenser tant d’argent, tant d’efforts, tant de peine et aussi tant de temps… peut-être vainement.

 

Il est tout naturel qu’il y ait ceux qui l’aiment, qu’il y ait ceux qui l’admirent, ceux qui le désignent comme l’exemple à suivre, ceux qui Commémorent sa mémoire et qui voudraient peut-être, aux frais du Contribuable, en forçant l’Opinion à y consentir, ramener triomphalement ses Cendres en son Pays Natal : Opiniâtre Plaidoyer pour un Retour au Pays Natal, selon quel Contradictoire et devant quels Juges.

 

 

Lui vivant, Frantz FANON aurait-il consenti à l’exploitation des vertus qu’on lui prête, à des fins inavouées.

 

De même, n’y aurait-il pas une interprétation tendancieuse, excessive, voire abusive de ses pensées, que lui vivant, il eût certainement réprouvée.

 

Hélas, FANON est mort, et dès lors, de lui, les croque-morts peuvent disposer comme ils l’entendent car le climat s’y prête.

 

 

En tout cas il nous semble évident que le nom de FANON soit loin des oubliettes, qu’il soit même imposé et que nul n’y échappe.

 

Amphithéâtre d’Université, FANON. Forum Gréco-romain, FANON. Salle de Théâtre, FANON. Salles d’Hôpitaux, FANON. Places, rues et ruelles, FANON, à rattraper ALIKER et CESAIRE, voire à les surclasser au Palmarès.

 

Pas une Librairie, pas une Bibliothèque qui ostensiblement ne vous montre FANON, ne vous invite, ne vous incite, à lire FANON.

 

Bref, FANON par ci, FANON par là, FANON partout, comme le Tico-Tico par ci… de la chanson à la mode dans les années Quarante.

 

 

Or, selon nous, étant bien admis que FANON ne saurait être réputé valoir moins qu’eux, vaudrait-il plus que tant et tant de Médecins, de Chercheurs, de Praticiens auxquels l’Humanité est tellement redevable et à combien de titres.

 

Or, selon nous d’aussi loin que nous remontions dans le Cours de l’Histoire, FANON serait-il le Premier voire le seul à dénoncer l’Injustice comme l’Atrocité Humaine.

 

Ce Sentiment d’Horreur contre la Société de son Pays, lui serait-il né en Martinique, dans la Mesure où, comme tant et tant d’autres, il s’est volontairement engagé pour combattre les valeurs de la France, à partir d’une Martinique dont la société ne lui a guère donné à redire.

 

Les Bolcheviques seraient-ils étrangers aux changements survenus en lui comme en tant d’autres Concitoyens, à l’égard de leur Petite comme de leur Grande Patrie :

 

Tous, Jeunes, intelligents, partis Français et revenus plus Russes que Lénine et que Staline.

 

Or, selon nous, dans notre esprit critique, quelle place est faite au Libre Choix de l’Individu, par les Fanatiques de FANON, et par voie de conséquence, est-ce faire du FANON que d’imposer FANON.

 

Dans cette manière d’imposer, n’y aurait-il pas contrainte et torture au regard du Sociologue, du Psychologue, du Psychiatre, de tout Homme libre de sa Pensée, de sa Parole et de sa Plume.

 

Or, quelle forme de contrainte peut se prétendre libre de toute motivation intéressée, secrète et généralement inavouable.

 

 

Certes, FANON est d’une Famille Honorable, et il n’est pas dit que FANON soit indigne d’Intérêt.

 

Mais il a fait un choix dont nous ne sommes pas Juge et qui nous interpelle.

 

FANON aurait trahi son Pays, FANON serait un Traitre à sa Patrie.

 

Est-ce par Ignominie, Est-ce pour une Juste Cause, qui n’aimerait le savoir : Parti pour défendre la France, il se donne à l’Algérie, son Ennemie du moment.

 

Que ce soit une Honte, que ce soit un Malheur, même si notre sensibilité nous porte à croire à un Malheur plutôt qu’à une Honte, un Traitre est un Traitre, tout Traitre doit être Jugé, n’en déplaise à LUCRECE, n’en déplaise à la mémoire de MANVILLE.

 

C’est bien de faire l’Éloge de ceux qu’on aime, mais il est aussi bon de pouvoir mettre au Jour tout ce que d’eux on tait et qu’on ne sait que trop…

 

Autant le Cas FANON nous attriste, autant nous écœure le Commerce fait de son Souvenir et de sa Mémoire.