A effeuiller la Marguerite.
Par Éric E.G. NOGARD
Il est vrai que les temps ont changé, mais qui d’entre nous ne s’est donné un jour la joie d’effeuiller la marguerite en pensant, elle à son Prince ou lui à sa Princesse, en se disant à chaque pétale d’ôté à la fleur :
« Je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ! »
Mais hélas, si effeuiller la marguerite est une chose tellement aimable qu’on la souhaiterait à son pire ennemi, si tant est qu’on ait des ennemis :
Effeuiller le bananier n’est pas chose souhaitable, pour peu que nous sachions ce qu’est sa feuille pour la banane, surtout d’exportation, tant il est vrai que, par sa Fonction Chlorophyllienne, la Feuille pour la Banane et le sein pour le Bébé sont du pareil au même.
Réduire le nombre de feuilles c’est flétrir la mamelle et, pour peu qu’il n’y ait plus de feuilles, tarie est la montée de sève.
Sur quel marché pourrait se vendre une banane assez étique pour ne plus être bonne à nourrir les cochons, à servir de fourrage.
Que serait la Martinique sans la culture et la vente de sa banane vendue comme fruit à consommer tel quel.
Notre équation peut en donner une idée même approximative :
Martinique – Banane = Haïti.
Si ce n’est pire, la Martinique n’ayant pas comme Midas de champs de sables aurifères et les parasites, quelle qu’en soit l’origine, animale ou végétale, n’étant pas d’un tempérament à épargner quoi que ce soit, n’en déplaise aux Bio. et aux Écolo. de tout crin et n’en déplaise à leur matière grise.
Quelle transformation propre à donner de la valeur ajoutée à sa banane, peut être envisagée en Martinique, car l’idée n’est pas de Louis-Régis, pas plus qu’elle n’est de nos jésuites de l’Assaupamar. Cette idée étant d’une époque où ils n’étaient pas nés :
Poudre de Banane, Banane au Chocolat, Banane au Blablabla, en vérité pourquoi pas.
Hélas, il est un peu tard pour qu’on y pense, nous avons pris goût au Caviar, au Champagne, au Foie-Gras, aux Feux Tous Éclats de la Rampe et nos prix ont suivi sur le sentier de la surcharge pondérale.
Nous produisons plus cher que les Bolcheviques et plus cher que les Capitalistes.
Aucune valeur ajoutée possible, qui puisse absorber les Coûts de la transformation de notre banane.
Si Henri Louis-Régis en doute, le Créneau lui est ouvert, son Salaire de Fonctionnaire lui a monté un petit Capital, qu’il se dépêche de monter Son Usine de Transformation de la Banane Martiniquaise et nous l’appellerons Saint Henri, le Balisier aura fait de lui un Élu.
Sans Compter ce que Louis-Régis feint d’ignorer et ce qu’il a le Culot de prétendre :
–      Qu’ « en 53 ans d’exposition aux dangers liés à l’utilisation des produits sanitaires on n’ait pas trouvé un moment pour mener une étude sérieuse », c’est ignoblement faux et, si c’était le cas, c’est, non pas aux Békés, mais aux Services du Ministère de l’Agriculture et des Forêts que notre Don Quichotte et ses Sanchos devraient s’en prendre.
–      Qu’il faille « ajouter des opérateurs au sol, dotés d’un équipement à dos ».
C’est que décidément, ces défenseurs du Peuple sont bel et bien des Hypocrites qui se gargarisent de Fanon, sans se gêner pour suggérer de sacrifier davantage les Damnés de la Terre pour que leur santé à eux, bons Bourgeois de Calais, soit préservée du contact d’une seule molécule du produit dont la pulvérisation par Hélico est plus juste, plus honnête et plus économique (car nous ne sommes pas riches) dans l’exposition à un danger que les seuls ouvriers manipulateurs ne devraient pas être les seuls à supporter.
La Banane Martiniquaise est un des répondants du Martiniquais.
A moins que Louis-Régis ne puisse proposer mieux,
Que tous les Martiniquais l’épousent pour le meilleur et pour le pire.
Autrement, Bal fini, violon dans sac, pa ni Banann encô.







