Montréal

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Lucrèce ! Vous avez dit Fanon.

06-12-2011

Lucrèce ! Vous avez dit Fanon.

Par Éric E.G. NOGARD               

 

Tellement nous prenons sa Famille pour Honorable.

Tellement nous le prenons pour un Traitre à sa Patrie.

Tellement notre Conviction est grande, de la grandiloquence partisane d’André LUCRĖCE à travers :

 

« Dialogue avec André LUCRĖCE sur Frantz FANON »

Référence France-Antilles Martinique n° 13464 du vendredi 18 Novembre 2011 page 4.

 

 

Il est vrai que, pour nous, traîner un Nom de Famille sur la Place Publique n’a rien de réjouissant, et surtout, rien qui parte d’un mauvais sentiment ni d’une mauvaise intention.

 

Il est vrai que pour nous, doit être pris pour un Malheur, ce qui de prime abord peut être qualifié de Honte, un Acte de Trahison par exemple.

 

Il est vrai que selon nous, la Martinique depuis Césaire, est en mal de Héros et d’Illustres qui sortent peu ou prou de la Cuisse du Nègre Fondamental et de la Négritude.

 

 

Comme si, âgé de dix sept ans, à son départ en Dissidence, pour rejoindre la France Libre, aux bons soins des États-Unis d’Amérique, FANON distinguait déjà entre Combattre le Nazisme et se Battre pour sa Patrie, contre un Adversaire quel qu’il soit.

 

Comme si, à en juger d’après tant de Sites et Monuments qui portent son Nom en Martinique, Fanon avait besoin d’un quelconque « cri du cœur », fut-il celui de l’éminent Lucrèce, pour que lui soit rendue sa place d’Enfant Prodigue, qu’occuperait ou l’oubli, ou l’indifférence, ou l’ingratitude, voire les arrières pensées soigneusement cachées.

 

Comme si Fanon, ce pourfendeur de « Fléaux Majeurs », pouvait quoi que ce soit contre les Complexes vrais ou prétendus, qu’ils soient de Grandeur, qu’ils soient d’Infériorité.

 

 

Il est vrai que Lucrèce n’usera pas de son « militantisme », tellement il sait combien l’adolescent Fanon a dû se faire avoir, hors de la Martinique, par ces KOMSOMOLS actifs et tellement friands d’Intellectuels Naïfs, débarqués d’Outremer et dont leur peau noire faisait des sensitives gagnées d’avance aux Théories Bolcheviques.

 

Il est vrai que Lucrèce n’utilisera pas non plus « les outils de la Sociologie » dont il serait pourtant un Professionnel-Spécialiste de renom :

 

Ce serait pour quoi faire, dans cette incongruité manifeste qui donne le Travail de la Terre pour une Damnation et qui veut qu’aujourd’hui la Terre soit un objet de Lutte Revendicative Syndico-Politique pour le Travail de Martiniquais autres que soi-même.

 

Il est vrai que Lucrèce n’évoquera pas – en tout cas n’examinera pas à la loupe – cette Page d’Histoire qui conduisit Fanon, de la Martinique, à l’âge de dix sept ans au « Don de sa Personne à l’Algérie », quand ses Frères Martiniquais y combattaient en leur qualité de Français Engagés Volontaires, quelle Famille Martiniquaise si Bolchevique soit-elle, aurait l’indécence d’en disconvenir.

 

 

Dès lors, trêve de Comédie : Fanon a eu le malheur de tomber dans les Rets du Bolchevico-Racisme, il a Trahi son Pays, on doit le reconnaître, même si c’est un Malheur et non pas une Honte.

 

Dès lors, trêve de Comédie. Fanon n’a guère été, ni l’Élève, ni le Fils Spirituel de Césaire, à moins que ce soit au jeu de la Courte-Échelle ou à travers le Bolchevisme ; disons qu’en Martinique Fanon est Commodément Instrumentable par nos Illustres autonomo-séparatistes en mal de Porte-Drapeau.

 

Dès lors enfin, ne faisons pas de Fanon le Papier-Émeri qui nous est nécessaire pour un peu d’Éclat à notre Matité tellement applaudie par les Aveugles et les Inconscients.

 

Lucrèce ! Que Fanon, là où il est

Requiescat in Pace.