Fragilité humaine 8d) Les forces spéciales contre les ennemis spéciaux
Par Michel Frankland               Â
J’avais, il y a quelques mois, émis l’idée que les forces spéciales étaient une nécessité. Ma formulation impliquait que si ces forces spéciales n’existaient pas, il faudrait les créer. De fil en aiguille, par la distorsion coutumière à la transmission humaine, on me faisait dire qu’il fallait mettre sur pied une petite armée pour tuer les criminels. On m’a presque agoni d’injures.
Je ne parlais que de la réalité. Allez sur Wikipédia, à « Liste des forces spéciales». Je n’ai compté que celles des pays industriels occidentaux. Je me suis arrêté à 100. Il y en avait encore. La preuve de leur vocation «marginale» se manifeste dans leur description. Partons du plus connu de nous. Considérez le vague de la description du Groupe Tactique d’Intervention [1],subdivision de la GRC. Ce sont des membres «hautement formés qui ont la capacité d’utiliser des armes spécialisées, de l’équipement et des tactiques afin de résoudre des situations à risque élevé. La nature potentiellement violente et souvent dynamique de ces situations exige une réponse tactique hautement intégrée et coordonnée.»
De même, si vous vérifiez la vocation de groupes allemands tels que le Kommando Spezialkräfte ou le Spezial Einsatz Kommando, pour ne mentionner que ceux-là , vous vous butez à des descriptions qui évitent les précisions. Vous trouverez la même orientation «générale» de la Suède à la Finlande, en passant par la Bulgarie ou la France. Les orientations générales apparaissent souvent assez clairement, mais les moyens, les méthodes d’action…
Par exemple, ce moyen ne fera jamais l’objet d’une publication. Un ami, originaire d’un autre pays industriel, me confiait qu’il a été témoin, bien qu’indirectement, d’une entente sous le manteau. Un membre d’une de ces organisations a pour mission de rencontrer une famille influente de la pègre. Celle-ci accepte le marché : elle supprime tel terroriste ; dans environ deux semaines, un membre influent de cette famille sera élargi. Ses 11 ans de prison à terminer ? De l’air. Tout le monde est content. Sauf les journalistes, qui n’ont rien su.
Un autre élément mérite considération. Il s’agit des regroupements oeuvrant dans le même sens. Par exemple, le SCRS[2] canadien n’est même pas mentionné dans les forces spéciales. Et, plus généralement, les systèmes ayant trait à l’espionnage ne sont pas tous mentionnés dans la nomenclature de Wikipédia. La définition du SCRS m’apparaît claire et détaillée ; ce sont, encore ici, les méthodes qu’on garde sous silence. Évidemment, tactique oblige. Il demeure d’expérience collective, que pour ces actions marginales, le bon sens populaire ne s’enfarge pas en cela dans les fleurs du tapis.
Qu’on bute un salaud, le peuple ne fait pas de crise cardiaque ; il s’inquiète cependant des autorités qui définiront le salaud. Et si c’était simplement un ennemi politique ? En démocratie, ce crime odieux est moins pensable. Tous ces organismes dépendent du ministère de l’intérieur ou de celui de la défense. Et un ministre sait fort bien que s’il permettait un crime politique, quelqu’un, quelque part, parlerait. Symétriquement, les groupes spéciaux d’intervention savent pertinemment que l’action antidémocratique a toutes les chances de réveiller quelque remords, et ils seront sous le verrou.
N’empêche, les deux Kennedy et Martin Luther King ont été assassinés. Et les rumeurs reliant ces crimes aux «forces spéciales» n’ont cessé d’être appuyées par des personnes de gros calibre.
Au total, cependant, ces déviations antidémocratiques sont rares.
Le vrai problème se situe à deux niveaux. D’une part,. Au niveau politique. N’avons-nous pas éprouvé collectivement la présence de «bâtons dans les roues» provenant de nos élus ? Je n’insiste pas, tout le monde comprend.
L’autre problème s’avère souvent source de moindre efficacité : la méfiance entre les corps policiers. Bien sûr, le bon sens à l’occasion, prévaut. L’opération Marteau, réunissant des corps policiers différents, en constitue un exemple accessible. Mais, réaction humaine compréhensible autant que regrettable, cet excès d’esprit de corps continue de diminuer un rendement qui pourrait mettre sous les barreaux des criminels qui courent encore.
Voilà qui clôt cette série de 11 articles sur la fragilité humaine. Elle s’avère constance, profonde et variée. Les émotions, l’augmentation exponentielle de l’information et la carence adaptative d’un certain nombre témoigne abondamment de cette fragilité. Ajoutez à cela la malhonnêteté de certains politiciens, et le tableau est complet.
Il y a heureusement des individus responsables, courageux et efficaces qui nous donnent encore le goût de sourire. Je les salue bien bas.
Le prochain article aura pour sujet… Je vous le donne en mille…Vous verrez!
Michel Frankland
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[1] http://www.rcmp-grc.gc.ca/ert-gti/index-fra.htm
[2] http://www.csis-scrs.gc.ca/bts/rlfcss-fra.asp. Service canadien du renseignement de sécurité






