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Les embûches de l’intégration des immigrants(1)

10-08-2011

Les embûches de l’intégration des immigrants

Par Zénon Mazur

 

Le Canada reçoit chaque année plusieurs milliers de nouveaux arrivants en provenance des quatre coins du globe. Notre paysage racial est probablement l’un des plus diversifiés sur la planète. Nos gouvernements nous annoncent d’ailleurs avec une fierté non dissimulée le nombre d’arrivants, en ajoutant immédiatement une progression plus grande l’année suivante. En soi, cette politique est positive étant donné l’apport et l’enrichissement culturel et est également nécessaire, considérant notre taux de reproduction très bas. Donc, si nous regardons le problème sur une base culturelle et économique, nous devrions nous réjouir collectivement. Cette politique d’immigration est fort louable dans l’ensemble. La sélection se fait selon des critères tels la scolarité, l’âge et une évaluation sommaire de l’état de santé. Au Québec, le facteur prédominant est toutefois la connaissance de la langue française et il est impératif de protéger le fait français très minoritaire en Amérique du Nord.

Au risque de déplaire à certains grands penseurs et stratèges politiques, j’aborde le problème de l’intégration des immigrants de façon globale tout en tentant de dégager différentes lacunes de notre système afin d’y remédier le plus rapidement possible. Selon moi, cet aspect est complètement négligé aux niveaux purement fonctionnels et pragmatiques même si les discours officiels en font souvent mention. En tout respect, je crois que ces interventions ne sont que du vent. Chaque société possède sa culture, son histoire, ses traditions et sa langue. Cet ensemble constitue la fibre d’une société, et c’est la préservation de ces éléments qui en garantit la pérennité. Ne pas protéger ces éléments entraînera la dégradation des valeurs ancestrales et la perte inévitable de l’identité nationale au profit d’une mosaïque hautement fractionnée et non intégrée.

Dès leur installation au Québec, les immigrants bénéficient d’avantages économiques et sociaux importants et inimaginables dans la plupart des autres pays. On peut citer à titre d’exemple l’assurance santé, les allocations de sécurité sociale, les cours de langue gratuits, les logements sociaux, un fond de dépannage pour ceux qui arrivent d’un pays où le climat est plus clément que le nôtre, etc. Dans le cadre de la politique fédérale sur l’unification des familles, leurs parents âgés et malades ont l’opportunité de se joindre à leur parent et bénéficier ensuite exactement des mêmes privilèges. Tous ces éléments sont le fruit de notre politique sociale basée sur le partage de la richesse collective. Nous vivons dans une société social-démocrate. Cette politique a pour but d’enrichir notre société au niveau interculturel et de  faciliter l’intégration des immigrants dans la société québécoise. La majorité des gens apprécient grandement ces mesures facilitant leur installation, et deviennent autonomes ainsi que productifs pour leur nouvelle patrie et ça, dans un temps relativement court. Leur insertion est tout à fait remarquable.

Toutefois, regardons de plus près certaines  étapes d’acceptation en tant qu’immigrant. Après un séjour ininterrompu d’au moins trois ans, tout immigrant peut demander la citoyenneté canadienne. Il faut bien entendu passer un examen comportant quelques questions rudimentaires. Le taux de réussite à cet examen frise d’ailleurs cent pour cent. C’est étonnant! On pourrait présumer que cet examen est largement inspiré de la dernière réforme de notre Ministère de l’éducation.

À titre de comparaison, il est intéressant de considérer les règles d’attribution de la citoyenneté en Hollande. Après un séjour réglementaire, un candidat à la citoyenneté doit réussir au préalable un examen oral et écrit visant à démontrer sa maîtrise de la langue officielle. Cet examen est du niveau de l’école secondaire. Par la suite, l’individu peut postuler à la citoyenneté hollandaise. Il en découle que, contrairement à ce qu’on retrouve au Québec, la société hollandaise n’encourt pas de frais de traduction lorsque ces nouveaux citoyens se retrouvent devant les tribunaux. Bien entendu, ce problème n’existe pas pour les immigrants francophones.

Nous constatons que ces étapes d’attribution de la citoyenneté canadienne permettent l’entrée d’individus qui sont non contributifs à la société québécoise.

Une certaine partie des immigrants demeure en marge de la société d’accueil, complètement marginalisée, jetant souvent un éclairage pas très favorable sur l’ensemble de certains groupes ethniques. Les statistiques montrent que les gangs de rue sont majoritairement composés de gens issus de certaines communautés culturelles. Il s’agit là de groupes criminalisés. Certains politiciens préconisent des mesures légales plus sévères, d’autres prônent la lutte à la pauvreté comme solution, et d’autres encore proposent des mesures sociales encore plus larges. Ces mesures peuvent enrayer les effets en partie, mais elles ne touchent pas à la cause véritable du problème : l’intégration dans la société d’accueil. Il faut par conséquent se poser la question suivante : Les nouveaux arrivants sont-ils tous intégrables ? Il devient peut-être pertinent d’ajouter un autre critère à l’admission d’un candidat à l’immigration – sa capacité d’intégration dans notre société.

(suite la semaine prochaine)