Montréal

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Vouloir faire du Créole…

10-08-2011

Vouloir faire du Créole…

Par Eric E.G. NOGARD

Vouloir faire du Créole ce que jamais il ne sera ne semble pas seulement une gageure perdue d’avance.

 

Le propre d’une gageure est certainement de se gagner ou de se perdre.

 

Et, dès lors qu’on l’engage en toute Liberté, où est le mal, qu’on la gagne ou qu’on la perde ? Le tout étant qu’on s’adonne à sa passion… à ses risques librement consentis.

 

Le fumeur s’adonne à son cigare, peu lui importe le cancer du tabac.

L’alcoolique s’adonne à l’alcool de son choix, que lui importe l’hydropisie.

Le joueur s’adonne à ses cartes, à ses dés, que lui vaut l’idée de finir sur la paille.

 

Encore que ces passionnés ont de la Famille et c’est elle qui trinque au final, la Communauté dans son ensemble n’étant pas épargnée, loin de là.

 

 

Il y a le Créole et ce qu’on veut en faire, très louable pourquoi pas.

Mais il y a des doutes, des doutes qui font craindre et craindre fait souffrir.

On ne craint pas toujours pour soi, on peut craindre et souffrir pour les autres.

 

Les acharnés du Créole, sont-ils sincères dans leurs motivations et peuvent-ils les avouer. N’auraient-elles pas quelque chose de Médiocrito-idéologico-politique… c’est juste une question.

 

Les mordus du Créole sont-ils honnêtes dans leurs procédés.

Ne feraient-ils pas un peu de forcing, de contrainte, de harcèlement pour imposer la soumission à leurs vues linguistiques quand rien ne dit qu’ils en ont la maîtrise.

 

A les entendre, le Créole n’aurait que des vertus : libérer la Langue, développer la Culture, aider à la Maîtrise du Français…

 

Mais quel Créole, car il y en a tant, et quelle Culture, pour quels besoins, pour satisfaire à quelle demande : mieux apprendre et maîtriser le Français ? – à quoi bon puisqu’on n’en veut pas – pour Conquérir les autres Civilisations… le Monde… l’Univers ?.. Nous aimerions y croire… la chose nous laisse dubitatif.

 

Et, pourquoi toujours prétendre que les jeunes sont demandeurs alors qu’à l’évidence, que peuvent-ils faire d’autre que d’obéir, surtout quand, vu leur âge, ils ne sont pas à même de tout comprendre aux pièges qu’on leur tend.

 

 

Une chose nous semble acquise : l’enfant intelligent s’en tire toujours.

Mais sommes-nous tous intelligents, assez du moins pour nous en sortir.

 

Une autre chose nous paraît l’être aussi : on peut être un fier canard boiteux et disposer de Filon, de Piston, de Passe-droit, de soutien.

 

Alors là, on réussira toujours, on est élu d’avance aux Emplois les meilleurs.

Mais aurons-nous tous du Piston, quelle en est la longueur, la vigueur.

 

 

Et si nous n’étions pas des surdoués, et si nous n’étions pas des Promis au Piston, et si le Créole n’était pas la Panacée annoncée…

 

Bonjour l’Illettrisme, Bienvenus les Laissés pour Compte ;

Sans parler de notre soif de nous exprimer en Peuple Majeur… en « NASYON » SOUVERAINE.

 

 

Le Créole est disons-nous une Langue Régionale.

Dès-lors, que la Région s’en occupe, à l’entendre, elle le peut.

 

L’Etat ouvre des Ecoles Obligatoires et Gratuites pour la Langue Nationale.

 

La Région, dans ses Centres Culturels, n’est-elle pas Libre d’Enseigner sa Langue Régionale… comment souffler dans les conques de Lambis… comment faire des BWA-BWA et Popotes (1).

 

Maman donne Gratos un Plat du Jour au demeurant Fort Copieux.

Que les Enfants soient Libres de Fourrer le Doigt dans leur Gousset pour s’offrir toutes les Fantaisies que bon leur semble.

 

L’Etat donne ce qu’il peut dans ses Ecoles, que les Maisons de la Culture fassent le reste.

 

 

Il convient dans la Vie – quand on se croit Grand –  de savoir faire la Part des Choses, et nous Croyons souhaitable que :

 

  • L’Etat dispense dans ses Ecoles l’Enseignement d’un Français de Qualité ;

 

  • La Région fasse s’épanouir ses Maisons de la Culture où peut entrer qui le désire, pour apprendre ce que bon lui semble, y compris le Créole.

 

Pas de Créole Forcé dans nos Ecoles Publiques, le Créole explosant assez de partout, de part ses néologismes surgissant de toutes les bouches, de toutes les plumes, sans qu’on s’avoue le pourquoi de cette contradiction de nature à surprendre :

 

  • Pourquoi tant d’Echec Scolaire.

 

  • Pourquoi cette vertigineuse progression dans la réussite au Bac.

 

  • Pourquoi le Bachelier d’aujourd’hui n’a pas de l’Orthographe la maîtrise qui était exigée aux Candidats au Certificat d’Etudes Primaires.

 

 

Le Créole est tel l’Alcool :

 

A consommer avec modération.

 

 

Sans compter que nous n’avons plus le choix :

 

  • Ou nous nous accrochons à notre Côté Rustique et Atavique au point d’en faire notre Camisole de Force… notre Ghetto…

 

  • Ou nous prenons le Train du Monde tel qu’il va… plus question de s’amiauler le nombril.

 

 

(1) – BWA-BWA et Popotes = Termes Créoles désignant la poupée rudimentaire faite d’un bout de bois ou de n’importe quoi.