Lutte pour le pouvoir par la gauche et la droite
Par Michel Frankland         Â
La gauche et la droite, parce qu’elles constituent des représentations à leurs yeux cohérentes et explicatives de la réalité socio-économique, entendent bien faire triompher leur point de vue respectif.
La gauche est branchée  sur le cœur, les émotions. Les Misérables de Hugo, illustre on ne peut mieux la compassion de la gauche pour les laissés pour compte, pour le bon peuple toujours exploité, pour eux,  par les riches et puissants. C’est donc par les manifestations populaires que la gauche se bat. La France, le peuple le plus naturellement à gauche de la planète, réagit spontanément en descendant dans la rue.  Dans les moments plus corsés, il se défend à coups de pavés.
La droite garde les yeux clairs. J’allais écrire «lucides». Elle lit la réalité autrement. Elle se méfie des émotions, qui lui paraissent corrompre la nature, qu’elle soit végétale, sociale ou, surtout, économique. Aux désordres des émotions populaires et aux gâchis présumés, elle opposera ultimement l’armée. Elle prendra bien soin, auparavant, de s’enquérir de politiciens à la parole d’or. La droite cherche donc un tribun qui ait la confiance du peuple et pourrait l’infléchir dans le «droit» chemin.  Ou encore, on spéculera sur la pub ou le coup d’éclat médiatique. Lors de la Crise d’Octobre, le «coup de la Brinks» relève de cette stratégie. Afin de semer la crainte des conséquences économiques de l’indépendance, la Brinks, entreprise spécialisée dans les transports monétaires sécurisés, véhicula vers l’Ontario, à grands renforts des médias, des documents économiques prétendument vitaux pour l’économie québécoise. Le raisonnement, fallacieux, voire pervers, qu’on voulait instiller dans les caboches populaires, postulait que l’indépendance serait ruineuse. Il fallait donc déménager en lieu sûr les documents fondamentaux sur lesquels reposait l’économie. Évidemment, Monsieur Parizeau montra que lesdits documents valaient à peine l’encre utilisée pour les écrire. Mais la mesure produisit un effet  certain.
Il en va de la même eau pour le traitement des prisonniers. La Chine et l’URSS traitaient leurs prisonniers politiques substantiellement de la même façon. Si l’individu s’est montré déviant par rapport aux dictats du Parti, il convient de le rééduquer.  Mao disait à ce sujet : «Une tête tranchée est l’aveu d’un échec.» Je cite de mémoire. Nous assistons donc dans ces régimes à des interrogations interminables. Les interrogateurs se relaient. L’incarcéré doit, à chaque affirmation, signer un document attestant ce qu’il vient d’affirmer. Les premiers documents sont anodins. Il s’agit de créer l’effet d’entraînement. Bientôt, l’esprit vacille. Les Hongrois appelaient ces divagations par épuisement «faire du cinéma». On trouve des événements de même nature chez Georghiu et chez Dumitriu.
On aura saisi le lien avec la nécessaire compassion de la gauche et ces interrogatoires interminables. La compassion implique le respect de la vie. Il faut donc redresser sans tuer. Quoique, on le constate, la méthode ressemble bien fort à du sadisme prolongé.
Rien de comparable avec la méthode de droite. Alignée sur l’efficacité, la droite tient bien en vue le chronomètre. En combien de temps puis-je atteindre mon but ? Le prisonnier résiste, Du must schiessen ! – Tu dois tirer. Le cas affreux de la Shoah le montre : les Juifs, se persuadent les Nazis, sont coupables de nous avoir exploités. Pourquoi perdre du temps à les réhabiliter ? Supprimons-les. Et d’une manière efficace, comme il se doit ! On fait donc creuser les fosses par d’autres prisonniers. Les victimes elles-mêmes sont mises à contribution en vue de leur exécution. La CIA a agi de même au Chili. Pas de «brettage» avec des révoltes populaires. Supprimons Allende et mettons notre Pinochet à sa place. Nous n’avons qu’à parquer sur des terrains de soccer les syndiqués, profs et journalistes qui forment l’essentiel de ses militants. Nous en tuerons une partie pour que les autres se tiennent tranquilles. Nous en torturerons quelques-uns et nous finirons par les supprimer tous. Bref, il y a quelque chose d’ubuesque dans cette approche simpliste. Elle ne tient pas compte des réalités plus subtiles et plus profondes qui marinent au fond de l’inconscient populaire et qui finissent par renverser les dictatures.
Notons pour mémoire le traitement américain des prisonniers à Guantanamo. Ici, l’approche de droite s’avère particulièrement nulle. On ne supprime pas les prisonniers parce que ce serait contraire à la Constitution américaine. On les torture, mais sans vraiment obtenir quelques renseignements utiles. Sous la torture, ils avouent n’importe quoi, sachant qu’ils ne seront pas tués de toute façon. La torture manifeste plutôt le désarroi rageur des responsables de la Machine de l’Oncle Sam qui ne savent pas quoi faire avec ces musulmans-ovnis. Des vieux routiers de la guerre les ont prévenus à l’occasion. Traitez bien vos prisonniers. Si vous les torturez, les Américains qui tomberont dans leurs griffes vont subir l’enfer. Mais la courte vue et l’inefficacité planifiée l’emportent.
Le prochain article : L’espionnage conçu différemment à gauche et à droite.
Michel Frankland
site de bridge jugé incontournable par les experts
http://pages.videotron.ca/lepeuple/
____________________________________________________________
Christine Schwab
psychologue compétente et extrêmement honnête avec ses clients
(pas de prolongation inutile de traitement)
www.cschwab.net
____________________________________________________________
Henri Cohen
Un expert en pollution domestique et industrielle,
www.coblair.com






