Excès du pouvoir par la gauche et la droite (2)
Par Michel Fankland
En ce sens, une des illusions véhiculées par les ténors politiques de la gauche portent sur la distinction entre la dette et les avoirs. Le raisonnement va comme suit : «Il est vrai que le Québec  a une dette qui est la cinquième pire des états ; en revanche, nous avons beaucoup d’avoirs.» Et les voilà qui comptabilisent les biens gouvernementaux  et opèrent avec satisfaction la soustraction de la dette. Mais c’est là un mirage. Si j’ai beaucoup de dettes, mais que je possède également deux maisons et un chalet, il est raisonnable de conclure : «Je vais vendre une de mes demeures et mon chalet, et ma dette sera réduite à une proportion tout à fait gérable.» Mais comment voulez-vous vendre un cégep, un hôpital, l’édifice du parlement ? D’ailleurs, nous les avons bâtis parce que nous en avons besoin ! Le crash survenu en Grèce et la précarité de la péninsule ibérique sont produits par des partis de gauche. Et celui qui souffle dans le cou du Québec également.  On ne s’endette pas sans conséquence. Nos actes nous suivent.
L’excès dans lequel verse la droite n’est pas plus glorieux. L’argent règle tout. Il s’ensuit deux conséquences graves. La première consiste à rechercher l’excellence des travailleurs en leur accordant un salaire selon leur compétence. On voit les deux inférences néfastes. D’abord, la droite ne jurant que par l’efficacité, les moins bons perdront leur emploi. La deuxième : on imagine toutes les magouilles, les coups bas, les querelles, les compromissions honteuses, les vacheries, les lettres anonymes et autres jambettes du genre qu’une telle pratique entraînera. Sans compter des compromissions  D’une part, pour obtenir un salaire meilleur ; d’autre part, pour conserver son emploi. Il en résultera beaucoup d’injustice. Des crises graves.  Vous êtes renvoyé à cause de combines infâmes. On ourdit votre renvoi parce que n’êtes pas «de la bonne gang».  Vous avez trois enfants et une maison à payer. Vous vous dites que l’idée de François Legault portait des effluves empoisonnées.
Le deuxième excès est à la fois plus général et plus grave. Il repose sur la confiance dans le caractère régulateur des lois du marché.   John Galbraith, le fils du grand économiste du même nom, l’explique remarquablement dans le best-seller The Predator State. L’être humain, rappelle-t-il, est irrationnel, inconstant, changeant. Ses jugements sont biaisés, déformés et influencés par ses semblables. Sans oublier que les lois du marché sont enrobées dans une publicité trop subtile pour être jaugée à sa juste valeur par un esprit moyen. Si bien que «[…]even if there were no monopoly, no externalities, perfect information and perfect forsight, markets composed of real people would still not perform as the conservative visions requires[1].»
Bref, le conservatisme ne repose pas sur la réalité ; il constitue un idéalisme sous les apparences du bon sens («Conservative idealism», p. 23). À la fois parce que les publicitaires sont nettement trop habiles pour un quotient moyen. Et aussi parce que les propriétaires d’entreprises sont mus par des appétits de puissance et de suprématie qui les poussent à exploiter toujours davantage le client. Donald Trump, exemple typique !
Michel Frankland
site de bridge jugé incontournable par les experts
http://pages.videotron.ca/lepeuple/
____________________________________________________________
Christine Schwab
psychologue compétente et extrêmement honnête avec ses clients
(pas de prolongation inutile de traitement)
www.cschwab.net
____________________________________________________________
Henri Cohen
Un expert en pollution domestique et industrielle,
www.coblair.com
[1] The Predator State, p.22 passim, Simon & Shuster, 2008. Je recommande instamment cet ouvrage.






