WISCONSIN ou comment appliquer la règle du 1=80 de l’American Dream.
Par Jean-Paul Kozminski
Lors de son allocution au conseil général du SQEES 298 (FTQ) le 23 mars dernier, Mary Kay Henry, présidente internationale, nous faisait part de la réaction provoquée par le vote du 9 mars au sénat du Wisconsin, vote qui enlevait les droits fondamentaux de négociations aux employés des secteurs publics.
Madame Kay Henry nous rappelait que 1% de privilégiés aux USA détiennent 80% de la richesse nationale. Savons-nous que dans le pays des gens libres, 50% des citoyens n’ont pas de fonds de pension et qu’un enfant sur quatre a faim. Soyons justes : les statistiques mondiales nous disent qu’un enfant sur trois ne mangent pas toujours un repas (et quel repas?) par jour.
Le Financial Times (Londres) nous donne quelques statistiques : Les revenus de 90% des ménages américains, sur une base annuelle, sont restés presqu’inchangés depuis 1973, en fait n’ont augmenté que de 10% au cours des 37 dernières années. Un pays où on a le moins de chances de passer d’une tranche de revenus faibles à une tranche supérieure.
Soulignons, comme le Financial Times, que plus de la moitié des faillites personnelles aux États-Unis sont dues à une maladie grave ou à un accident. Quand on pense à ceux qui sont contre une protection d’assurance universelle, on ne peut que se poser des questions sur leurs valeurs morales teintées d’égoïsme et de rapacité.
L’Amérique est le meilleur pays au monde pour être pauvre! On prête cette formule à Alexis de Tocqueville.
Sur la même période, les revenus des 1% les plus riches ont été multipliés par trois. Le revenu «médian» étant de plus ou moins 45000$, les PDG on franchi la barre des revenus 300 fois supérieur à ce revenu.
Nous avons vu cette inscription : Qui a tué le rêve américain? Poser la question c’est réfléchir à cette question fondamentale. Mais quel est ce rêve? Quels sont les parents qui ne rêvent pas d’un meilleur avenir pour leurs enfants? Un avenir où la santé, l’éducation, le droit à un travail décent à l’abri d’un toujours possible arbitraire patronal, d’une retraite, non pas à 55 ans, mais à un âge raisonnable et avec un revenu «vivable», où le droit d’association, de représentation ne serait pas bafoué, où une maladie ou un accident ne forcerait pas la vente de la maison et la dilapidation de biens durement acquis?
Autre Question : qui crée la richesse? Nous les connaissons ceux qui, tous les jours, vont au travail, parfois avec leur sac à lunch, ceux qui accomplissent souterrainement leur petit ouvrage quotidien, ceux qui travaillent dans les mines, la forêt, l’agriculture, les entreprises de transformation, les pêcheries, les petits mains, les ouvriers spécialisés, les éducateurs et professeurs, les personnes oeuvrant dans la santé, et aussi nos fonctionnaires, notre police et nos ambulanciers, etc… ceux qui participent à notre bien être et au bien être de nos enfants, de nos parents. Ceux qui méritent de travailler dans le respect et dans la dignité. C’est contre eux que sont dirigées ces attaques Wisconsines et ces attaques frappent aussi les Canadiens et les Québécois avec les gouvernements provincial et fédéral actuels. Soyons vigilants!
Autre question? Allons-y avec celle-ci : à qui appartiennent les ressources naturelles d’un pays? Eau, sous-sol, minerais, forêt, etc… ces ressources ne doivent-elles bénéficier qu’au 1%?
À ceux qui s’approprient le travail pour leur propre profit? Ceux  qui veulent diminuer ou abolir les quelques avantages durement négociés? Ceux qui ne voient que la rentabilité? Ceux qui, grassement payés, n’obéissent qu’à un conseil d’administration déconnecté des soucis quotidiens et exigeant toujours plus de retour sur l’action?
Comprennent-ils  que si toutes bonnes choses ont une fin, les mauvaises aussi?







