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ORCHESTRE DE DOUZE VIOLONCELLES

05-03-2011

ORCHESTRE DE  DOUZE VIOLONCELLES

Par Yves Alavo

La SMCM (Société de Musique de Chambre de Montréal) est l’institution musicale du Québec qui a connu le développement le plus régulier au cours de la première décennie des années 2000.  Fondée en l’an 2000 par la violoncelliste d’origine bulgare Velitchka Yotcheva et le pianiste d’origine française Patrice Laré, la SMCM a pour vocation première d’offrir des concerts de grande qualité dont le répertoire s’étend de la période baroque aux musiques les plus contemporaines.

 

Comme de nombreux organismes et plusieurs sociétés de concert la SMCM a choisi la Chapelle historique du Bon-Pasteur pour y tenir la totalité de ses saisons de concert et de conférences.

 

«I Cellisti, mon orchestre de 12 violoncelles est la vedette, lundi 7 mars 2011, I Cellisti

I Cellisti, orchestra nous revient meilleur que jamais car c’est déjà sa troisième saison.  Une programmation ambitieuse avec des Å“uvres de Popper, de JS Bach, de Manuel de Falla et de Heitor Villa LobosDavid Popper David Popper, ne à Prague le 6 juin 1843 et mort à Baden bei Wien le 7 août 1913, est un violoncelliste tchèque.David Popper commence son apprentissage très jeune avant d’entrer au conservatoire de Prague. Il étudie ensuite avec le violoncelliste allemand Julius Goltermann. Ses dons attirent vite l’attention et il fait sa première tournée en 1863 en Allemagne, où il rencontre Hans von Bülow, en Suisse, aux Pays-Bas et en Angleterre..  Il fait ses débuts à Vienne, en 1867, en tant que violoncelle solo du Wiener Hofoper, mais démissionne afin de se consacrer à sa carrière de soliste acclamé. Il compose son premier concerto pour violoncelle en 1871. En 1991, il termine son Requiem, écrit à Londres, qui est généralement considéré comme sa composition la plus célèbre[1]. Il devient professeur au Conservatoire de Budapest en 1896.

Heitor Villa-Lobos

Auprès de son père, bibliothécaire et mélomane d’une vaste culture, Villa-Lobos apprend le piano, le violoncelle, la clarinette et la guitare. Cette dernière sera son instrument de prédilection. Ce jeune musicien, plutôt autodidacte, découvre sa passion auprès des musiciens de rue. À l’âge de seize ans, en 1903, il décide de s’enfuir de chez lui et va parcourir le Brésil, plus particulièrement les régions de Nordeste, recueillant au cours de son errance d’authentiques chants traditionnels. « Je trouvais stupide de continuer à imiter Beethoven. Pendant huit ans, j’ai voyagé dans les régions les plus reculées du Brésil […] on m’a cru mort et on a même dit des messes pour le repos de mon âme ! Mais j’ai rapporté de cette expédition d’incroyables richesses. » Il gagne alors sa vie en jouant dans les cafés et les restaurants. Il devait effectuer d’autres voyages semblables par la suite, bien qu’il entretienne un voile de mystère autour de ceux-ci ; son propre témoignage concernant des aventures avec des tribus cannibales du Nordeste est sujet à caution.

Par la suite, il étudie à l’institut national de musique de Rio de Janeiro, bien que sa musique ne se soit jamais conformée à aucune norme académique. Comme Villa-Lobos le dira bien des années plus tard : « Ma musique est naturelle, comme une chute d’eau ». Et aussi : « Un pied dans l’académie et vous êtes déformé ».

Après un autre voyage ethno-musicologique au cÅ“ur de l’Amazonie en 1912, Villa-Lobos revient à Rio de Janeiro. C’est là, le 13 novembre 1915, qu’il capte l’attention de cette ville en donnant un concert de sa musique nouvelle. Il fait sensation. Arthur Rubinstein est conquis ; il se fait son interprète et lui amène des mécènes. En 1923, il attire suffisamment à lui les faveurs des officiels pour obtenir une bourse pour étudier à Paris. Il y découvre les richesses de l’Europe. À son retour en 1930, Villa-Lobos entame une grande carrière politique et pédagogique et il est nommé directeur de l’éducation musicale de Rio de Janeiro. Tout en continuant la composition, il prend en charge la vie musicale de son pays (organisation de l’enseignement musical dans les écoles et maternelles, préparation des concerts…). Il fonde également le Conservatoire National de Chant orphéonique et l’Académie brésilienne de musique.

En 1944, Villa-Lobos effectue un voyage aux États-Unis pour diriger ses Å“uvres, obtenant un succès critique et même un certain succès populaire. D’importantes Å“uvres sont commandées par des orchestres américains et il écrit même une musique de film pour Hollywood, pour l’intéressant film de 1959 Vertes Demeures. Les années 1940 sont pour lui une période de triomphe international. Comme compositeur et comme chef d’orchestre, Villa-Lobos est célébré de Los Angeles à New York et Paris. En 1957, pour son soixante-dixième anniversaire, le Brésil institue l’année Villa-Lobos.

Il meurt, le 17 novembre 1959 à Rio de Janeiro, ville de son cœur, laissant environ 1 000 œuvres de tous styles, avec 12 symphonies, 17 quatuors à cordes, des opéras, des ballets, des suites, des poèmes symphoniques, des concertos, des œuvres vocales, des pièces pour piano, de la musique religieuse et des musiques de film.

Villa-Lobos, au-delà d’avoir été un grand compositeur, fut également un pédagogue musical pour son pays. Il conçut un système d’apprentissage de la musique pour des générations de Brésiliens, basé sur la riche culture musicale brésilienne, et prenant ses racines dans un patriotisme profond et toujours explicite. Il composa de la musique chorale pour de grands chÅ“urs d’enfants des écoles, souvent adaptée du folklore. Ce qu’il a légué au Brésil d’aujourd’hui, même au sein des nouvelles générations élevées avec les écoles de samba ou MTV, c’est un sentiment profond de fierté et d’amour pour lui, mêlé de semblables sentiments pour leur pays. C’est surprenant, si l’on considère qu’il s’agit d’un compositeur de musique « classique » mort depuis plus de quarante ans ; on trouverait difficilement un équivalent de cet engouement en Amérique du Nord.

Je suis sûre que vous apprécierez encore une fois toute la beauté de cet instrument magnifique qu’est le violoncelle», de préciser Velitchka Yotcheva.

 

Un programme unique qui se déroulera de manière sublime en un crescendo émotif que les personnes présentes dans la Chapelle historique du Bon Pasteur cette soirée, vivront et dont elles se souviendront toute leur vie.  Des œuvres choisies que la directrice artistique de la SMCM nous annonce :

 

D. Popper (1843-1913)                      Requiem pour 12 violoncelles

H. Villa-Lobos (1887-1959)             Suite pour 11 violoncelles, Opus.16

Bachianas brasilieras. N° 1 – Preludio (Modinha)

 

Entracte

 

 

J.S. Bach (1685-1750)                       Chaconne de la partita en Ré mineur (Arr. L. Varga)

M. de Falla (1876-1946)                   Danse rituelle du feu

G. Fauré (1845-1924)                                    Après un rêve

E. Puetz (1911-1991)                        Tango Passionato

L. Delibes (1836-1891)                     Duo des fleurs de l’opéra Lakmé

James Barralet (contemporain)         Quatre chansons populaires.

 

Notons parmi les douze violoncellistes de la soirée, Mme Katia Bragina, ainsi que le jeune et doué James Barralet.  Les critiques signalent : «Avec un don rare de communication et une sensibilité hors du commun, le violoncelliste James Barralet est un musicien d’une grande ouverture d’esprit aussi bien à l’aise dans Bach que Chostakovitch.  Il a captivé le public lors de la plupart de ses concerts au Royaume-Uni, et en Europe».  Venez écouter, lundi prochain une de ses Å“uvres qui sera jouée par I Cellisti en clôture du récital.

 

Fondatrice et chef de cette formation, unique au monde, Velitchka Yotcheva, va encore une fois, par son jeu d’une virtuosité exceptionnelle et avec la fluidité de son style, le niveau d’expression émotive, à la fois sensible et rationnel par séquence, soulever l’admiration et le recueillement collectifs, favorisant l’intégration musicale des œuvres, pièce après pièce, et aussi en créant cette élévation spéciale des esprits durant l’espace-temps où se déploie le récital et longtemps après la dernière note.

 

Vivre l’expérience des concerts de la SMCM dans le sanctuaire de la Chapelle historique du bon pasteur de Montréal, c’est, pour chaque participant, une expérience qui se compare à un voyage mystique.

 

 

Plus de détails sur le concert et la saison : http://www.smcm.ca/Site/fr/season.html

 

Société de musique de chambre de Montréal www.smcm.ca