Démocratiser la démocratie
   Par Romain Landry  Â
Vivons-nous toujours dans un pays démocratique ?
Au cours des derniers dix ans, l’ultra libéralisme a donné lieu à l’apparition d’une droite prédatrice très cupide. Le capitalisme sauvage entre alors dans l’ère du banditisme avec la complicité de nos gouvernements. Pendant qu’une minorité s’enrichit d’une façon obscène, la majorité s’appauvrit à un rythme alarmant.
Faut-il se surprendre de la désaffection politique ? À quoi sert d’élire démocratiquement un gouvernement, si une fois au pouvoir, il se sent absolument libre de n’en faire qu’à  sa tête ?
Démocratiser la démocratie, voilà ce à quoi nous convie Gil Courtemanche dans son livre, La Seconde Révolution tranquille ou Démocratiser la démocratie, publié en 2003. Une démocratie qui ne viendrait pas d’en haut mais d’en bas, de nous par nous et pour nous. La démocratie, c’est l’égalité et la participation des citoyens et ça non seulement lors du vote, mais dans la vie quotidienne.
Une fausse démocratie
Peut-on encore parler de « démocratie » dans notre société ? Sur le plan juridique et légal, nous avons des droits, mais qu’en est-il dans la réalité ? À condition d’être riches, l’accès à l’éducation et à la santé devient de plus en plus difficile pour le citoyen moyen.
Si les travailleurs ont le droit de protester et de former des syndicats, ils sont impuissants devant la multiplication des fermetures d’usines et la perte d’une partie de leurs fonds de pension durement acquis. Si les citoyens jouissent théoriquement de la liberté d’expression, en réalité la concentration tsariste des médias leur laisse peu de pouvoir. Il n’y a plus ni temps ni argent pour le journalisme d’investigation.
Le fantôme de la liberté
La liberté ressemble à un feu follet. Elle ne dure que quelques secondes. Les partis politiques couchent dans le lit du monde des affaires et de la haute finance. Il n’existe aucun véritable parti de gauche. Plus souvent que d’habitude, les médias et ses nombreux éditorialistes borgnes ne font que véhiculer le message du monde des affaires, soit celui du néolibéralisme le plus primaire et le plus rétrograde.
Le nouveau capitalisme contre la démocratie
L’ultralibéralisme gagne la planète et annihile les droits garantis par les États pour les remplacer par le pouvoir de l’argent et ainsi protéger des puissants et des corrompus.
L’un des spéculateurs les plus voraces de la dernière décennie, George Soros, s’est enrichi à coup de milliards en spéculant contre les monnaies comme celle de la livre sterling anglaise et celles de pays asiatiques émergeants. Ce nouveau capitalisme a provoqué des faillites poussant dans la pauvreté et la précarité des millions de personnes.
Le capitalisme moderne s’est développé de concert avec la démocratie parlementaire traditionnelle. Les deux se nourrissent l’un l’autre sans trop se menacer. L’idée étant de prouver la supériorité du capitalisme et démontrer que Marx avait tort tout en donnant, à l’occasion, un semblant de visage humain au capitalisme.
Sous l’impulsion de Ronald Reagan, aux États-Unis, et de Margaret Thatcher, en Angleterre, apparaît le capitalisme sauvage, c’est-à -dire « au plus fort la poche ». Milton Friedman, le grand prêtre de l’économie américaine, a aidé la CIA à financer les escadrons de la mort en Amérique latine. Ainsi, des milliers de citoyens de la gauche ont été les victimes des brigades de la mort.
Au Canada, Ralph Klein et Mike Harris ont emprunté le même chemin catastrophique. La dérèglementation a ainsi permis à l’entreprise privée de s’en mettre plein les poches. Dans la belle province, Mario Dumont avec l’ADQ a tenté de devenir la Mme Thatcher des Québécois avec ses politiques de droite.
La débâcle de l’État communisme
La faillite du communisme et l’effondrement de l’Empire soviétique a facilité l’apogée du néolibéralisme qui, disait-on, allait assurer la prospérité et la liberté pour tous. Le désenchantement ne se fit pas longtemps attendre…
Ingrédients pour une criseÂ
Les éléments suivants, quand ils se trouvent réunis, sont immanquablement les précurseurs d’une crise : déréglementation, globalisation du monde, délocalisation, spéculation, flambée de fusions et d’acquisitions, technologies débridées, courbettes de nos politiciens devant l’entreprise privée en leur accordant subventions et avantages fiscaux, fonds de pensions durement acquis par les travailleurs triturés par les spéculateurs ou simplement dilapidés par des entreprises assoiffées de profits, salaires et rémunérations démesurées aux PDG, faillites de multinationales…
Des escrocs cravatés en sont arrivés à avoir plus de pouvoir que l’État et manœuvrent en toute impunité. Tout ce beau monde cravaté ne croit qu’en un seul droit : faire toujours plus de profits. Il y a pourtant d’autres droits plus fondamentaux.
La société civile riposte
Les grands chantres du libéralisme nous disent qu’on ne peut rien faire, qu’il s’agit tout simplement d’attendre. La patience portera fruit et le libéralisme, nous disent-ils, signifie plus de croissance. Or cette croissance a multiplié les milliardaires tout en éliminant la liberté et créant de plus en plus d’injustice et de pauvreté.
Heureusement la société civile a commencé à réagir à tous ces mensonges. Le G-8, l’Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont été la cible de toutes les manifestations planétaires de la société civile mondialisée.
Les prédateurs, mot prémonitoire de Courtemanche, congédient leurs employés jugés excédentaires, et ce, malgré qu’ils font des profits criminels. Les prédateurs n’avaient cependant pas prévu la montée d’autant de boucliers d’organismes comme Alternatives et Attac. Les manifestations à Seattle, Gênes et Québec dérangent nos escrocs cravatés. Les luttes des chômeurs et des assistés ne font que commencer.
Les orgies capitalistes amènent Bill Clinton à réaliser que les Al Capone du libéralisme ont dépassé les limites de la décence. Les escrocs cravatés font de la désinformation et dissimulent leurs fraudes.
De plus en plus de syndicats ( So…So…So… Solidarité ) établissent des liens avec la société civile. Sans la solidarité qui est la démocratie en action, nous redevenons tous des bêtes de proie ou des chasseurs solitaires. De plus en plus d’organisations professionnelles prennent position contre les rapaces et demandent aux gouvernements d’assumer leur responsabilité. Il y a certes croissance, mais c’est uniquement pour les plus riches. Les emplois crées sont majoritairement à temps partiel et peu rémunérés.
Pas de démocratisation sans la gauche
Plus souvent que d’habitude, le NPD a choisi le mimétisme en reniant ses origines coopératives et socialistes dans l’action. Il doit revenir aux politiques sociales démocrates du CCF de Woodsworth – l’ancêtre du NPD – responsable de la création de l’assurance chômage. C’est grâce aux politiques de Tommy Douglas si l’on a instauré le premier régime d’assurance-hospitalisation gratuit et universel. Ce dernier est aussi le père du premier régime d’assurance-automobile public en Amérique du Nord.
Les fondements réels de la gauche consistent désormais à faire la politique dans les rues. C’est l’unique moyen de réaliser la solidarité, l’équité, la démocratie et la redistribution de la richesse. L’utopie des partis politiques actuels est une chimère et le vote le jour de l’élection n’est qu’une parodie de la démocratie. La solidarité, ancêtre de la démocratie, s’impose plus que jamais. Un parti véritable de la gauche est désormais nécessaire. Les visées centristes de certains chefs du NPD au pays ont démontré leur inefficacité.Â
Inverser la pyramide
La révolution tranquille qui s’amorce consistera à inverser la pyramide du pouvoir, détenu actuellement par des gouvernements pantins au service des prédateurs. Le temps est arrivé de remettre les citoyens à leur place, c’est-à -dire au sommet. Gil Courtemanch est d’avis que la Révolution Tranquille au Québec est inachevée et que ses citoyens ont besoin d’une Seconde Révolution Tranquille.
Les citoyens inventent la cité : Porto Allègre
Réunis annuellement dans cette ville industrielle du Brésil, des millions de personnes ont crée de l’espoir démontrant qu’il est possible de créer un monde nouveau et faire de la politique autrement.
Quand le parti des travailleurs (PT) a pris le pouvoir à Porto Allègre, il a mis sur pied une démocratie de type participatif. L’efficacité et la croissance économique sont assurées parce que toutes les forces vives sont associées à la gestion de la collectivité. La clé du succès réside dans la démocratie. Plus nombreux sont les gens affectés aux décisions, plus le sens des responsabilités est fort et plus le sens du devoir et du respect s’accroît. Vingt conseils municipaux ont été organisés pour les différents services de la municipalité de Porto Allègre. Tout cela est chapeauté par le Conseil de la municipalité au service de ses citoyens qui sont devenus les chiens de garde de la politique.
Porto Allègre est un succès, parce que les citoyens ont pris les choses en main et font de la politique autrement. Pour le reste de l’humanité, voilà le chemin à suivre, nous conseille Courtemanche.
Mes commentaires sur cinquante ans de vie politique au Nouveau-Brunswick
Louis J. Robichaud en instaurant son programme, « Chance égale pour tous », donna lieu à une réforme sociale colossale. Richard Hatfield poursuit les réformes sociales et institutionnelles initiées par son prédécesseur Puis, apparaît une flopé de politiciens du centre droit, avec en tête de liste Mckenna dont les miracles qu’il prétendait faire n’étaient que des mirages. Lord a ensuite poursuivit dans la même lignée que McKenna. Shawn Graham, simple ventriloque de McKenna et de son valet, McGuire, à la façon d’un éclair, disparaît de la scène politique le 27 septembre 2010. David Alward, le dernier arrivé sur la scène politique a hérité des nombreuses erreurs de ces deux devanciers. Comme toujours, les partis minoritaires, en l’absence d’un scrutin proportionnel, n’ont aucune voix au chapitre. Pire encore, le NPD au Nouveau-Brunswick, sous la gouverne très autoritaire du centriste Dominic Cardy ne laisse présager rien de très progressif. Son argument massue :  MY WAY OR THERE IS NO WAY (Suivez-moi; sinon, on s’en va nulle part.)
 






