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Crimée : le point de vue russe

16-06-2018

Crimée : le point de vue russe

par Michel Frankland

L’Occident, celui sans la Russie, a condamné d’une façon catégorique la reprise de la Crimée par les Russes.

Quelle prétention de nos gouvernements ! La Crimée, depuis 1873, était russe. Ethniquement, politiquement, socialement, économiquement.

Pour des raisons extrinsèques de nature politique, voilà que ce territoire russe depuis fort longtemps, passe sous régime ukrainien.

En 1873, Catherine II annexe la Crimée à la Russie par le traité de Jassy. Par contre, en 1856, la France et l’Angleterre s’unissent à l’Empire Ottoman pour attaquer la Russie. L’objectif est clair : prendre possession de la Crimée, dont le traité de Jassy avait pratiquement chassé un grand nombre d’Ottomans de la Crimée.

Mais la victoire bolchévique de 1917 pousse les troupes fidèles au Tsar Nicolas I vers le Sud de la Russie, l’Ukraine et la Crimée. Les soviétiques reprennent la Crimée. La collaboration des Tatars, habitants la Crimée, avec le Nazisme, n’a pas été oubliée par les Russes. Staline exile donc en Sibérie cette population associée aux troupes d’Hitler.

Arrive Khroutchev. Chargé de l’Ukraine par Staline, il juge approprié de donner des territoires aux paysans ukrainiens. En1954, il leur livre la Crimée. Ce geste, dans le contexte, est purement fictif. L’Ukraine est une partie de l’Empire soviétique. Comprenons : ce n’est pas vraiment un don, mais une fiction politique propre à plaire aux Ukrainiens. Il devient donc évident que si Nikita Khroutchev –ou les autorités soviétiques avaient pu imaginer que l’Ukraine quitterait le bloc soviétique, il n’aurait jamais fait ce don, pour lui aussi faux que politique. Un don bidon !

Mais une fois la séparation ukrainienne réalisée, les Criméens sont fort malheureux. Par un geste purement politique, ils sont séparés de la mère-patrie. cette région est composée en forte majorité de Russes. Par l’histoire. Par les gènes. Par la langue. Par la culture. Par le sentiment patriotique.

Poutine constitue donc un héros, à la fois pour les Criméens, qu’il reprend en les soumettant à un vote sur la question, et pour le peuple russe en général. Ce don factice, qui par définition, n’en était pas un, ne nuit plus au rassemblement avec la grande Russie.

 

 

Mais les Américains, en mal de trouver des fautes à Poutine, convainquent le reste de l’Occident de l’Ouest que Poutine a tort. On remarquera l’esprit simpliste de l’analyse. On ne cherche pas les facteurs historiques. On a trouvé un os. Terminée l’analyse !

On notera en ce sens comment les Américains ont trouvé horrible les missiles soviétiques installés à Cuba ; mais des missiles installés en Ukrainienne visant les voisins russes, ce serait bien…

Bref, le point de vue russe sur la Crimée m’apparait valable.