« Cafouillage »

par  Serge H. Moïse
Puisque le ridicule ne tue pas
Il verra dégénérer à petits pas
Toute société sans gouvernail
Où il ne se crée aucun travail
II
Lorsque chaque petit morpion
Ose jouer au méchant scorpion
Qu’un laquais devienne prince
C’en est fait de Port-au-Prince
III
De tels accidents de parcours
Répétés sans cesse tour à tour
Conduisent vers le grand vide
D’une administration insipide
IV
Sous le règne de la médiocrité
La nation tout entière crie pitié
Le désespoir sur tant de visages
Semble augurer un pâle présage
V
Car la population en lambeaux
N’arrive pas à panser ses maux
Évitons d’augmenter le malaise
A cautionner toutes les fadaises
VI
Seraient-ils donc tous si mal nés
A l’insu de ces grandes divinités
Puisqu’ils sont alors condamnés
A mener une triste vie d’affamés
VII
Tant de misères et d’ignominies
Massacrant des millions de vies
Nous laissent dans l’indifférence
Qui nous conduit à la déchéance






