Comme si espionner était chose nouvelle.
    Par Éric E.G. NOGARD
La Curiosité, l’espionnage, l’investigation et la recherche sont proches parents.
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L’Europe est en émoi. L’Amérique l’espionne.
Elle viendrait d’en faire la découverte, c’est inimaginable.
Quel crime. Quelle horreur. C’est qu’on aura tout vu.
La chose était écrite. La fin du monde est proche.
A entendre François BAYROU, voici venu le temps du soudeur, de toutes les soudures, nous devons nous souder.
Soudons-nous pour lutter sous son autorité.
Le Modem nous y invite, il nous en conjure, il nous y exhorte.
Il est venu le temps du grand ménage, de la chasse aux espions.
C’est vrai Monsieur BAYROU, mais que de bruit pour rien.
Much ado about nothing, nous redirait SHAKESPEARE.
Un nettoyage qui, s’il se faisait, s’il se faisait comme il convient, ne laisserait sur terre, pas grand monde vivant ou, si l’on préfère, pas grand monde qui ne soit en prison.
Nous sommes tous des espions, des espions nés, depuis peut-être notre papa Adam.
Qui eût imaginé son commerce avec Ėve si nul n’avait songé à y mettre le nez.
Et d’ailleurs, de nos jours, à qui donc se frotter, à qui peut-on se fier sans la sage précaution d’en savoir un peu plus sur l’image que se donne son prochain.
Qui n’espionne pas, qui n’est pas espionné, est-ce signe de maladie d’espionner mille fois plutôt qu’une, usant des yeux d’Argus plutôt bien entendu que l’œil de POLYPHĖME sous le pieu de l’Hellène.
Le tout est de savoir à quelle fin on espionne, le bon et le méchant sont-ils les mêmes espions.
Le tout est de savoir ce qu’il faut espionner, ça peut être une affaire de sûreté ou de vice, de vie ou de mort.
Le tout est de savoir à quel point espionner, question de prévention ou jusqu’à l’espionnite, jusqu’à la maladie, jusqu’à la déraison, comme les fouille-merde et voyeurs.
Espionner est signe de santé, attendu que la notion de santé implique l’équilibre : ni trop, ni trop peu.
Car cela va de soi, notre prochain n’est pas sûr comme nous pourrions le croire. Et le droit de regard sur tous ses faits et gestes devient de plus en plus une nécessité que nous croyons vitale.
En revanche.
Rien n’interdit à personne de bien se couvrir pour ne pas être vu : n’y-a-t-il pas l’abri, la burka, la cagoule, l’encre de seiche, le rideau de fumée et même le recours à Protée.
Rien n’interdit à personne d’être sans reproche, en tout cas assez, malgré notre tache originelle, pour être déclaré « cas sans intérêt », dans le monde où nous sommes, où le pire est possible de mille et une façons : n’est-ce pas déjà , le sauve qui peut général.
D’ailleurs, n’est-il pas vain de mettre l’espionnage en question quand au stade où nous sommes, du fait de la recherche, chacun de nous se trouve, sans le savoir, sur la platine, sous l’objectif de plus de microscopes qu’Argus ne comptait d’yeux.
Espionner n’est pas une chose nouvelle.
Espionner ne peut être empêché.
Espionner serait-il un sujet pour tant de bruit pour rien.
Foutons donc la paix aux Américains.
We are just nothing without America !..
Éric E.G. NOGARD
N.B. : Si notre Chronique vous intéresse, pourquoi ne pas l’aider à survivre, elle nous réclame chaque jour davantage de Sacrifices et nous fait prendre plus de Risques. Par avance, MERCI pour votre Soutien.
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