Montréal

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STENDHAL ET MES SAISONS EN ENFER COMMUNISTE (1)

25-06-2013

STENDHAL ET MES SAISONS EN ENFER COMMUNISTE (1)

Article intéressant sur le communisme !

         Envoyé par Lam Cham Tho 

    
Professeur Nguyn Kim Quý
 
 » Pour mieux nous maîtriser, ces salauds exploitaient habilement
l’instinct le plus bas, le plus dégradant :  besoin de manger « .


    Mesdames et Messieurs,
      1. Je ne sais jamais pourquoi j’ai tant aimé Stendhal et ses
romans. Et ça depuis le lycée où je me plaisais à lire et relire les
pages odoriférantes du Rouge et le Noir, de La Chartreuse de
Parme,malgré l’aversion de mon père, catholique fervent, voire
extrémiste. A propos, je me souviens de cette question que me posa à
brûle-pourpoint M. Victor del Litto, président du Stendhal Club, lors
de mon dernier séjour à Grenoble, voilà quatre ans: “Pourquoi
aimez-vous Stendhal?” Je demeurai perplexe, ne sachant que répondre.
Au cours des interviews pour mon poste de professeur, aux États-Unis,
j’entendais se reposer la même question. A vrai dire, j’avoue que
j’ignorais tout à fait les raisons de ma prédilection pour cet
écrivain marginal, génial –pourtant très mal connu, et peut-être, très
mal aimé des lecteurs de son époque. Pour moi, en effet, aimer
Stendhal, c’est comme aimer une femme, ou un homme. On aime, ou on
n’aime pas, c’est tout. Surtout avec lui, il y eut au début une sorte
de coup de foudre très doux. La cristallisation, pour reprendre son
propre mot dans De l’amour, ne vient que lentement et très longtemps
après. Et un coup de foudre, aucune “victime” ne l’ignore, ça ne
s’explique pas.
     Des années ont passé. Et me voici, pourtant, devant la page
blanche à la recherche d’une nouvelle explication possible –ou plutôt
impossible. J’aime Stendhal, peut-être à cause de ses romans, et dans
ses romans, à cause de ses héroïnes immortelles, si belles, si
tendres, qui ont exercé une séduction irrésistible non seulement sur
les héros, leurs amants, et les lecteurs comme moi à l’âme sensible,
mais encore sur les critiques contemporains les plus sévères dont Paul
Valéry, Jean-Paul Sartre et Julien Gracq, par exemple, entre beaucoup
d’autres. J’aime, en plus, dans ses œuvres ce parfum féerique si
enivrant, impérissable comme chez Proust, cette atmosphère si
enchanteresse, a-temporelle, faite de fiction et de réel entremêlés,
transfigurés –qui me consolent de bien des “âpres vérités”, selon le
mot de Stendhal lui-même, de la vie, et me font rêver des cieux plus
bleus, des sons plus purs pour mes éternels hymnes à l’amour et à la
beauté.    

Suite le 9 juillet