Montréal

Nouvelles

« Je crois »

25-06-2013

« Je crois »

   

Par Serge H. Moïse                                             

Que l’amitié sincère

Des êtres qui sont chers

Vaut bien plus que de l’or

Que l’on perd sans remords

Je crois

Que la grande solidarité

Au sein de notre humanité

Devrait nous rassembler

Pour mieux nous renforcer

Je crois

Qu’une chaude aménité

Symboliserait la nécessité

De resserrer les liens réels

Du coude à coude fraternel

Je crois

Que la douce convivialité

A travers la grande cité

Réchaufferait les cœurs

Et dans tous les secteurs

Je crois

Que nos dieux tutélaires

Sauront bien nous abstraire

De cette situation grabataire

Dont nous sommes tributaires

Je crois

Que lorsqu’entre nous enfin

En nous prenant par la main

Et reformater notre emblème

Nous nous dirons : Je t’aime

Je crois

Qu’à force de singer les autres

On se transforme en apôtres

De tout ce qui se fait ailleurs

Pour notre très grand malheur

Je crois

Que faire du m’as-tu vu

S’avère un complexe de plus

Dont il faudrait se défaire

Pour trouver ses vrais repères

Je crois

Que notre acculturation

A empêché toute la nation

D’essayer au moins d’innover

En fonction de ses spécificités

Je crois

Qu’un enfant qui a faim

Et qui nous tend la main

Mérite mieux qu’une obole

Encore moins une parabole

Je crois

Qu’une maman sans emploi

Ne pourra plus avoir la foi

Quand il faut qu’elle pleure

Puisque son enfant se meurt

Je crois

Que les jeunes diplômés

Obligés de s’expatrier

Afin de gagner leur vie

S’ennuient de leur patrie

Je crois

Que d’autres jeunes par contre

Ne viennent pas à leur rencontre

Se réclamant du pays d’accueil

L’alma mater en fera son deuil

Je crois

Que livrés à eux-mêmes

Dans cette pauvreté extrême

Ces pauvres en toute confusion

Frisent la déshumanisation

Je crois

Qu’au-delà de toute espérance

Il nous faut de la transcendance

Pour saisir la chance qui passe

Et ne point perdre la face

Je crois

Que la vraie chaleur humaine

Dissipera beaucoup de peine

Chez ceux qui en ont besoin

Pour parcourir leur chemin

Je crois

Que l’amour est le grand roi

Nous devons respecter sa loi

De nous seuls sœurs et frères

Dépend la fin de notre calvaire