« Je crois »
   
Par Serge H. Moïse                       Â
Que l’amitié sincère
Des êtres qui sont chers
Vaut bien plus que de l’or
Que l’on perd sans remords
Je crois
Que la grande solidarité
Au sein de notre humanité
Devrait nous rassembler
Pour mieux nous renforcer
Je crois
Qu’une chaude aménité
Symboliserait la nécessité
De resserrer les liens réels
Du coude à coude fraternel
Je crois
Que la douce convivialité
A travers la grande cité
Réchaufferait les cœurs
Et dans tous les secteurs
Je crois
Que nos dieux tutélaires
Sauront bien nous abstraire
De cette situation grabataire
Dont nous sommes tributaires
Je crois
Que lorsqu’entre nous enfin
En nous prenant par la main
Et reformater notre emblème
Nous nous dirons : Je t’aime
Je crois
Qu’à force de singer les autres
On se transforme en apôtres
De tout ce qui se fait ailleurs
Pour notre très grand malheur
Je crois
Que faire du m’as-tu vu
S’avère un complexe de plus
Dont il faudrait se défaire
Pour trouver ses vrais repères
Je crois
Que notre acculturation
A empêché toute la nation
D’essayer au moins d’innover
En fonction de ses spécificités
Je crois
Qu’un enfant qui a faim
Et qui nous tend la main
Mérite mieux qu’une obole
Encore moins une parabole
Je crois
Qu’une maman sans emploi
Ne pourra plus avoir la foi
Quand il faut qu’elle pleure
Puisque son enfant se meurt
Je crois
Que les jeunes diplômés
Obligés de s’expatrier
Afin de gagner leur vie
S’ennuient de leur patrie
Je crois
Que d’autres jeunes par contre
Ne viennent pas à leur rencontre
Se réclamant du pays d’accueil
L’alma mater en fera son deuil
Je crois
Que livrés à eux-mêmes
Dans cette pauvreté extrême
Ces pauvres en toute confusion
Frisent la déshumanisation
Je crois
Qu’au-delà de toute espérance
Il nous faut de la transcendance
Pour saisir la chance qui passe
Et ne point perdre la face
Je crois
Que la vraie chaleur humaine
Dissipera beaucoup de peine
Chez ceux qui en ont besoin
Pour parcourir leur chemin
Je crois
Que l’amour est le grand roi
Nous devons respecter sa loi
De nous seuls sœurs et frères
Dépend la fin de notre calvaire






