Montréal

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La laïcité en question 4

25-02-2014

La laïcité en question 4

  par Michel Frankland

Dans le troisième article sur la charte de la laïcité, nous nous demandions dans quelle mesure l’application de la charte pourrait provoquer un tel charivari social que la sagesse consisterait à opter pour des mesures plus modérées. Nous concluions qu’il convient alors de comprendre la nature de l’Islam. Car si l’Islam et le christianisme se trouvent à ce point proches théologiquement, n’y a-t-il pas moyen d’opter pour la voie du dialogue ?

Or, la réalité est bien différente. En fait, l’Islam et le Christianisme diffèrent profondément.

1.      Par essence, le concept de laïcité est incompatible avec l’Islam : «« N’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le coeur insouciant envers Notre Rappel de la vraie religion » (Coran 18, 28). Dans les pays à majorité musulmane, il n’est pas question  de gouvernance autre que musulmane.  Dans la même veine, les Islamistes citent volontiers un dictat de Mahomet tiré de la Sunna (i.e., de la Tradition) : «L’islam domine et ne saurait être dominé.»

2.     On m’objectera les pays musulmans – entre autre l’Égypte, l’Irak, la Turquie, la Tunisie –où l’on a adopté le mode démocratiques, avec élections libres et, dans certains cas, le multipartisme.  Mais c’est un leurre. Si les Islamistes ont consenti de bonne grâce à ce «modernisme», c’est qu’ils savent fort bien que la majorité populaire votera clairement pour le parti islamiste. En fait, les purs et durs gagnent sur les deux tableaux. Non seulement sont-ils au pouvoir, mais les voilà  forts d’un mandat populaire. La volonté d’Allah affirmée SANS CONTRAINTE ! C’est de toute façon ce qui se passe dans les pays musulmans. Les enjeux électoraux opposent de jeunes intellectuels en mal de modifier l’Islam vers une certaine modernité, aux masses musulmanes qui ne conçoivent l’Islam que pour ce qui en définit une exigence essentielle : l’union intime du religieux et du politique. Et partout, les élections  confirment massivement cette définition de l’Islam.

3.     Pour l’islam, Dieu n’est pas un père. Un voisin musulman à qui je récite le Notre Père, croyant que nous avons là une base commune. Il m’interrompt assez sèchement : «Dieu n’est pas un père !» On comprend cette affirmation quand on nous révèle que le concept de personne découle du christianisme et de sa foi aux trois Personnes de la Trinité. Mais l’idée de personne n’existe pas dans le Coran. C’est même une notion étrangère à la langue arabe ! L’arabe reconnaît la notion d’individu, en ce sens qu’un être humain n’est pas un autre être humain. Mais la notion de personne suppose l’autonomie, et partant toutes ces libertés incompatibles avec l’Islam.

Nous sommes donc à leurs yeux des polythéistes ! La dignité, et un certain bonheur, le musulman la trouve dans l’Oumma, soit la communauté musulmane. Les autres individus et leur religion ne constitue qu’un second ordre. D’où la Dhimma, ou la mise en tutelle des non-musulmans, chargés de lourdes taxes et objets de nombreuses vexations. C’est effectivement cette mise en tutelle vexatoire des dhimmi que l’Islam a appliqué aux pays conquis. Bref, chaque pays musulman, conquis de fraiche date ou non, forme une communauté exclusive aux seuls musulmans. Les autres sont des seconds violons. Au mieux.

4.     Le Coran, dicté par Dieu, ne souffre aucune interprétation. C’est pourquoi il n’y a de théologie musulmane.    La mosquée diffère de l’église. Dans notre culte, il y a un sacrifice. Jésus s’immole  sur l’autel, rappel efficace de la dernière Cène. Mais l’Imam n’est pas un prêtre musulman, notion tout à fait étrangère à l’islam. L’imam a pour fonction de diriger la prière.

D’autres différentiations entre le christianisme et l’Islam nous apparaîtront plus claires dans le cinquième article. Elles consolideront la solution que je vous proposerai.