Fryderyk Chopin
(Note biographique )
       Par Gabi Cristescu
Tout commence lorsque Nicolas Chopin (père de Fryderyk), un français né à Marainville en 1771, décide de partir pour la Pologne à l’âge de 17 ans. Son mince bagage contient quelques livres, un violon, une flûte traversière et la tête remplie d’on ne sait quels rêves et idées. Le jeune français ne se doute sûrement pas à quel point il prendra part aux tourments de son pays d’adoption ni qu’il y restera à jamais…
Nul ne connait vraiment la réelle motivation de ce départ pour la Pologne. Néanmoins, nous savons que dans sa ville natale, Nicolas Chopin a probablement maintes fois entendu parler de ce pays de l’est. En effet, le duc de Lorraine se trouve alors à être StanisÅ‚aw LeszczyÅ„ski, roi polonais exilé en France qui a obtenu le rang de duc grâce au mariage de sa fille, Maria LeszczyÅ„ska, au roi Louis XV.
 C’est ainsi que Nicolas Chopin s’installe en 1787 à Varsovie pour y travailler en tant que comptable dans une usine dont le propriétaire est français. La capitale est alors une ville culturelle comptant de nombreux théâtres et palais.
 Et justement, au trône du palais royal se trouve le dernier roi de la Pologne indépendante, StanisÅ‚aw August Poniatowski, roi mécène, aux intérêts artistiques, mais homme également de faible caractère. Non loin du palais royal, se trouve le parlement ou toutes les décisions importantes du pays sont prises. Le jeune Chopin aime à s’imprégner du climat politique de son pays adoptif en se mêlant à la foule qui se presse à entendre les nouveaux décrets de la Diète et du Sénat au parlement.
 Nicolas Chopin devait-il se demander comment la Pologne en est venue ainsi tranquillement à sa perte… Il faut reculer de quelques années pour comprendre que la Pologne traverse alors une période sombre de son histoire. En effet, lors de la seconde moitié du 18e siècle, la structure politique interne est affaiblie et le pays se remet d’une guerre civile. Au parlement (la Diète), le pouvoir du roi est limité et toute tentative de réforme est freinée par l’égoïsme des représentants de la noblesse. Sans grande surprise, le droit de veto de ces représentants est plus souvent utilisé pour leur propre intérêt que pour l’avenir du pays. D’autre part, les 3 puissances voisines, l’empire de Russie, l’empire d’Autriche et le royaume de Prusse, profitent de la situation pour gagner en supériorité et même pour se mêler à la politique interne du pays. Tout ce chaos résulte en un premier partage de la Pologne signé en 1772. Le traité ampute à la Pologne environ le tiers de ses terres limitrophes à la Russie, l’Autriche et au royaume Prusse. C’est justement dans cette Pologne affaiblie que Chopin s’installe…
Le 3 mai 1791, en quittant son travail, Chopin surprend une foule agitée rassemblée devant le parlement. C’est qu’en ce 3 mai, le roi Poniatowski approuve une nouvelle constitution (Konstytucja 3 maja) qui devait donner un meilleur lendemain à la Pologne et, en quelques sortes, la ressusciter. Cette constitution est le pendant polonais de la révolution française, promettant aux classes moyennes plus de droits et devant affaiblir le pouvoir des représentants de la noblesse, qui avaient eux-mêmes mené le pays à sa perte.
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Tableau de Matejko, 1891 : l’adoption de la Constitution du 3 mai |
Malheureusement, les changements promis par la Constitution du 3 mai ne surviennent pas… La tsarine Catherine II de Russie et le roi de Prusse ne veulent pas redonner des libertés à la Pologne. Pendant ce temps, une armée de patriotes et réformateurs, avec en tête Tadeusz Kosciuszko, tentent de faire face aux armées russes






