Montréal

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Suicides chez les militaires

13-12-2013

Objet : Suicides chez les militaires

Le 5 décembre 2013

M. Yvon Godin, député
Chambre des Communes
Ottawa, ON

Monsieur le Député,
Je suis fortement attristé chaque fois que j’entends dire que des militaires se sont enlevé la vie à la suite d’un choc post-traumatique.

Tous les intervenants s’accordent à dire que le syndrome post-traumatique est extrêmement difficile et long à traiter, surtout chez les anciens combattants. La plupart du temps, les autorités n’ont pas tenu compte de la gravité de leurs plaintes. Ils ont aussi, souvent, des douleurs physiquesqui masquent leurs problèmes émotionnels.

J’ai entendu, hier soir, le Premier ministre Harper faire le commentaire suivant: «Il faut encourager les militaires à aller chercher de l’aide.»Manifestement, il n’a aucune idée de ce dont il parle. Les services d’aide sont très faibles. Le ministère des Anciens Combattants, quand il paie pour des sessions, limite le nombre de rencontres à une dizaine, ce qui est loin d’être suffisant. Juste comprendre le parcours militaire et les différents traumatismes vécus prend plusieurs sessions, sans compter la vie
post-militaire et l’impact des symptômes sur la vie personnelle, sociale et professionnelle. Il faut ensuite passer beaucoup de temps à montrer comme gérer la colère et l’hostilité et traiter des pensées suicidaires qui sont souvent présentes. Les intervenants ont à peine commencé à toucher le fond du problème que le traitement est interrompu.

Le gouvernement a tout fait pour minimiser les problèmes de santé mentale au sein des forces armées et les traumatismes liés au service militaire. Ceux qui souffrent de stress post-traumatique ont des cauchemars, vivent de l’isolement, ont des troubles du sommeil et sont parfois suractivés, c’est-à-dire qu’ils sursautent au moindre bruit, sans compter qu’ils ont peu de capacité de concentration. En d’autres mots, ils perdent leur capacité fonctionnelle.

Souvent aussi, ils attendent trop longtemps avant de consulter, mais même quand ils demandent de l’aide, les services qu’on leur offre sont inadéquats ou insuffisants. Les antidépresseurs, à eux seuls, ne règlent pas tout. Le pire, c’est qu’ils ne veulent pas révéler leur faiblesse, de peur d’être rejetés par leurs pairs. Plutôt que d’affirmer ouvertement qu’ils ont un problème, ils vivent dans la honte et le déni et pendant ce temps, leur vie se dégrade.

Malheureusement, le ministère des Anciens Combattants reconnaît beaucoup plus facilement l’impact des troubles physiques que psychologiques et ainsi, les victimes de stress post-traumatique ne sont pas compensées adéquatement pour cette condition tellement incapacitante. Il est désolant de constater qu’il a fallu plusieurs suicides pour que ce sujet retienne l’attention du grand public. Souhaitons que ceux qui sont décédés ne sont pas morts en vain et que les militaires auront accès dorénavant à de meilleurs services.

Claude Snow, Caraquet