DE L’INÉGALITÉ
        Par Michel Frankland                Â
N’attribuez jamais à la malveillance ce qui peut très bien s’expliquer par l’incompétence
                              Napoléon
Nos relations sont tout ce que l’on a dit qu’elles étaient : fondamentales, instructives, enrichissantes, et tutti quanti. Mais leur carence s’avère souvent pénible : elles sont cacophoniques.  Entendons que leur signification échappe fréquemment.
Un test vous en convaincra. Devant 10 personnes choisies au hasard, exposez une de vos convictions en un paragraphe. Soit environ pendant une minute. Vous isolez ensuite ces personnes dans un local. Une règle communément acceptée stipule qu’elles ne communiquent pas entre elles pendant le test. Celui-ci consiste à écrire un texte qui rend correctement la pensée du paragraphe.
Vous serez déçus du résultat. Quelques personnes ont bien compris. Environ la moitié des autres ont interprété à leur façon. Soit elles sont pris une incidente pour l’idée principale. Soit elles n’ont retenu que certains mots et ont brodé autour. Ou pire.
Une expérience bien concrète a eu lieu dans l’armée anglaise il y a quelques décennies. Un officier a aligné 10 de ces soldats et a dit à l’oreille un message simple. : «Il y aura ce soir un film pour tous dans le local attenant au mess des officiers.» Chacun devait répéter à l’oreille du soldat derrière lui le message qu’on venait de lui dire. Le message a été transformé à mesure qu’il était acheminé dans la file de soldats. Le message final invitait à la création d’un documentaire sur le mess des officiers, mais requérait la permission des officiers pour pénétrer dans le mess… Et pourtant, chacun s’était efforcé de transmettre ce message tout simple avec rigueur et objectivité.
D’où vient cette difficulté à communiquer ? Évidemment de nos structures différentes. Chacun a une histoire, des expériences affectives et cognitives personnelles. C’est cet ensemble que nous projetons dans la conversation. Ainsi, nos émotions et les modes particuliers de nos perceptions brouillent par projection les échanges.
Mais un autre facteur, tout à fait objectif, entache nécessairement nos rapports. C’est l’inégalité des talents. Car l’expérience autant que la théorie nous convainquent que le talent connote presque toujours un rapport plus harmonieux et plus civilisé que chez les gens qui en ont peu. Les criminels, à part quelques lumières aussi rares que spectaculaires, se révèlent peu doués dans les tests de QI. Regardez les yeux des photos de prisonniers. Ils sont éteints. Ne pouvant abstraire, il leur est pratiquement impossible de comprendre vraiment le concept de loi et la valeur intrinsèque qui s’y trouve liée. La loi représente pour eux un emmerdement qu’il faut apprendre autant que possible à détourner. D’où le recours, naturel pour eux, à la violence, à l’intimidation, à l’extorsion. C’est pourquoi il y a tant de cas de récidives. Incluant celles qui ne sont jamais prouvées ou reliées à leur auteur.
L’univers des émotions n’est pas en reste. Il n’y a pas chez lesdits individus le filtre de la distanciation, du contrôle de soi. Si celui-ci existe, c’est au sens du couvercle qu’on met pour retenir une matière explosive. C’est pourquoi la vengeance constitue un trait de caractère des prisonniers. On trouve rarement dans ces catégories de personnes une capacité à assumer. Il n’y a qu’à peine esquissée l’aptitude à la sublimation vers le sens de l’idéal, de la dignité humaine ou d’autres valeurs qui relativisent l’insulte subie, la précarité ou le tort infligé.
Le réflexe normal d’une personne bien équipée mentalement consistera à juger si l’offenseur est apte à dialoguer. Un échange pourrait alors régler le conflit. Sinon, le doué coupera les ponts en prenant garde de ne pas offenser l’autre. Et dans les cas plus sérieux, il aura spontanément recours aux forces de l’ordre. Inversement, le prisonnier mettra son honneur à ne pas bavasser. Sinon, sa vie est en danger. On le voit, c’est la gang qui mène, pas les principes.
C’est à des fins de clarté que j’ai opté pour l’exemple extrême des prisonniers. Mais dans la vie courante, on rencontre beaucoup de difficulté de communication pour la même raison. Ajoutons cependant que des gens brillants peuvent s’avérer monstrueux. C’est qu’ils gèrent mal leurs émotions ; symétriquement, on trouve des gens peu doués agréables. La variable émotionnelle doit évidemment être prise en considération. Cependant, ma prétention demeure : il y a une corrélation entre le talent et le contrôle de soi. À cause de la capacité à abstraire. C’est-à -dire à se situer dans un ensemble plus vaste. Partant, à se sortir d’un problème. À le relativiser. À intégrer ses émotions dans une structure plus complexe.
La communication constitue donc souvent une épreuve, tant pour les doués que pour les autres. Les premiers, parce qu’ils vérifient souvent l’incapacité de l’auditeur à  saisir ce qu’ils comprennent ; les seconds, parce qu’ils vivent dans un monde qu’ils sentent passablement  leur échapper.
Bref, l’inégalité se trouve être cause de plusieurs entraves aux relations.
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