Discernement des esprits -2
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         Par Michel Frankland             Â
Dans ce deuxième volet du discernement des esprits, nous considérons comment chacun, à divers degrés, se renvoie à soi-même une image qui exclut pour une certaine part, souvent considérable, les pulsions provenant de notre soubassement.
Une comparaison m’apparaît bien illustrer cette relation défigurée entre le conscient et l’inconscient. Notre conscient agit comme un capitaine. Il voit clair, possède les instruments pour s’orienter. Mais il prend les matelots pour acquis. Ils sont subordonnés à lui, payés par lui – ou alors, financés par une entreprise dont le capitaine est l’intermédiaire.
Les matelots, dans la cale, émettent des signaux au capitaine. Celui-ci ne les écoute pas toujours. Ils ne correspondent que quelquefois à la perception qu’il a de lui-même et de son noble rôle.
Il interprète donc fréquemment ces messages selon la définition qu’il s’est construit de lui-même – définition dont il est fier et qui forme un élément majeur de ses convictions. Si bien que l’agression par le capitaine-en-nous contre une connaissance, voire un ami, se transforme dans le ciel bleu de la conscience, en une plaisanterie.
Schématiquement, ça serait ceci :
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                                                            CONSCIENT (capitaine)
                                 Bons sentiments, esprit plaisant. Amical.
Ou :                                      Personne bien ordinaire
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↕
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                                   Inconscient (matelots)
           Désir de pouvoir   agression   Effluves sexuelles           Désir de paix Désir de satisfaction
         Désir d’entente et de participation
                Importance de la tribu
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Donnons des exemples concrets. Vous vous êtes fait couper les cheveux par un jeune coiffeur à ses premiers ciseaux. La coupe pourrait être meilleure. Une connaissance, sourire en coin, vous demande si vous aimez votre coiffure. Le but est d’humilier. Si vous révélez ce sentiment à son auteur, il réagira avec un amusement souvent sincère : «T’es bin susceptible ! T’es pas capable de prendre une farce ! » Sourire entendu avec les personnes présentes. Cela constitue une moquerie à peine voilée de votre supposée fragilité émotive… Entendons : l’auteur de cette «farce» continue son opération défensive. Non seulement l’autre a tort de «mal prendre ça», mais il est également ridiculisé pour bien prouver que la tentative de la personne blessée de percer la carapace que s’est bâtie l’agresseur se trouve sans fondement. La personne visée touchait à un interdit majeur chez l’agresseur : il mettait en cause la valeur de l’image que cet agresseur s’était façonnée de lui-même au fil des ans. Bref, son explication allait percer la muraille défensive élaborée par le rieur pour justifier moralement une gestion désobligeante des relations humaines.
Un autre exemple nous éclairera davantage. À un club de bridge que je fréquente, je rencontre un ancien étudiant d’il y a environ 35 ans. J’échangeais en même temps avec une autre de mes connaissances témoin de ma rencontre avec cet ancien étudiant,  que je salue avec quelques mots sympathiques sur notre relation passée. Mais voilà ,  l’étudiant a l’air plus vieux que moi. Le témoin s’exclame devant le vieillissement accéléré de mon étudiant. Reprenant nos échanges une fois loin de la présence de mon ancien pupille, je fais remarquer à mon ami que son commentaire est franchement blessant pour l’autre. Sa réponse est désarmante de simplisme – elle contraste particulièrement avec ce cerveau de première qualité. «Bin voyons, il a souri !» Je rétorque qu’il n’était pas pour encaisser le coup en montrant ce qu’il ressentait vraiment. Il a droit à sa dignité. Cela, entre autres, implique qu’il ne veut  pas ajouter  au plaisir, bien inconscient mais réel, du farceur en manifestant  l’amertume que l’exclamation a ne peut faire autrement que provoquer chez lui.
Notons cependant l’envers de la médaille. Certains se créent une perception d’eux-mêmes en-dessous de leur valeur réelle. Il m’est arrivé de confier à l’occasion à l’un ou l’autre de mes étudiants à la sortie d’un cours : «Merci d’avoir été là !» Ils réagissent alors avec étonnement. Ce sont toujours des personnes humbles et bonnes, avec un cœur aussi gros que leur ignorance de cette merveilleuse qualité. Il m’est arrivé une rencontre dont l’émerveillement  suscité chez moi s’est étendu sur quelques mois. Vous devinerez difficilement. Voilà  : je suis dans le métro. Je suis assis en face d’une vieille dame ridée de plus de 80 berges. Sans être laide, ce n’est pas particulièrement une réussite plastique. Mais il se dégage d’elle une telle bonté – cette simplicité chaleureuse mariée à une authenticité parfaite ! Quelle réussite humaine en regard des masques multiples dont foisonne la société, tant privée que médiatique. Vous lui auriez révélé sa splendeur discrète d’âme-perle qu’elle vous aurait regardé sans trop comprendre. Elle se perçoit comme une dame sans relief, peu douée, qui fait son possible dans un monde où elle se trouve pas mal dépassée.
Bref, un des premiers devoirs envers soi-même et les autres consiste à discerner les esprits multiples qui séjournent en nous. Mais ils occupent les créneaux les plus subtils de notre être. On ne peut gérer la demeure intérieure que par l’humilité de la démarche. Les spécialistes patentés du psychisme s’avèrent généralement utiles pour débrouiller nos anfractuosités intérieures. J’ajoute, y croyant tellement plus que tout : cela n’est ultimement possible que par le recours à Celui qui nous aime infiniment d’un amour tout personnel de toute éternité.  Le recours au Père de toutes lumières demeure la source des besoins de l’âme.
Dans un prochain article, nous considérerons ensemble un schéma explicatif des problèmes entourant le cinéma québécois.
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