Montréal

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Grandeur et naïveté de la génération étudiante

17-04-2013

Grandeur et naïveté de la génération étudiante
           Par Michel Frankland                       
À Open Télé, Sophie Durocher recevait plusieurs leaders étudiants. Elle veut s’enquérir de leurs valeurs. En quoi sont-ils  différents de leurs ainés ? Essentiellement, ils insistent sur les compétences qu’ils ont à offrir. Ils veulent se réaliser au maximum. Et si le patron ne permet pas la réalisation optimale, ils chercheront mieux ailleurs. S’investir dans  une entreprise pendant 30 ans leur apparaît dépassé et en principe stérilisant. Il y aurait dans ce cas déficit d’épanouissement. D’ailleurs, ils pensent agir pour le mieux pour les générations passées et futures en fournissant à la société une efficacité maximale. Des jeunes rentables, quoi !

Loin de moi de mépriser cette attitude positive. Il demeure cependant qu’ils ne saisissent pas une des deux nécessités de la vie : l’enracinement, qu’ils perçoivent implicitement comme passéiste et stérile. Rien de valable ne croît ni ne progresse sans  prendre racine.  Il n’y a pas de civilisation possible sans le sens de l’histoire et la transmission qui permet l’approfondissement. Au vrai, ces jeunes gens m’apparaissent des victimes inconscientes de la mondialisation. L’international économique a remplacé l’international marxiste. Les potentats du monstre économique se réjouissent de leur déracinement. Sans racines,  ils  seront manipulables à souhait. Pire, leurs amours-compétences, forcément changeantes parce que toujours à la recherche du couple parfait, ne pourra, dans ces conditions, rejoindre les valeurs plus profondes de la vie : don de soi, relation aux profondeurs de l’humain, enrichissement au sein des chefs-d’oeuvre (il faut y consacrer un temps «gratuit») sens spirituel de l’existence. La nécessité de l’enracinement les rejoindra, espérons-le, et si possible pas trop tard.