Mesures de l’agir humain -1
Types de travailleurs selon Belbin
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           Par Michel Frankland         Â
J’amorce ici quelques articles sur un sujet passionnant et capital. Il s’agit des diverses mesures de l’agir humain. Ces mesures sont malheureusement trop peu connues. On connaît le QI. On a des notions vagues sur les tests de projection. Certains citeront même les considérations de Jung sur l’extraversion et l’intraversion. Mais on n’insiste pas, ayant un souvenir diffus sur des considérations plus étendues de ce psychologue.
Autant on a développé la pensée dans les diverses avenues des sciences, autant on demeure flou sur certains aspects du comportement. Ils recèlent pourtant une complexité par définition plus considérable que les sciences exactes. Celles-ci sont de nature univoque ; ce qui connote l’humain relève de l’analogie et voisine son mystère. Voilà une raison additionnelle pour inventorier le mieux possible les comportements humains et appliquer à ce champ d’action une gestion analytique précise.
Cela s’avère particulièrement vrai, et déterminant, dans le monde du travail. Il est de constat courant que l’élément humain constitue un facteur de premier plan dans la réussite ou l’échec d’une entreprise.
Plus précisément, considérant l’objet du présent article, la pensée commune peut se résumer ainsi : «Ça prend un bon gérant et un bon psychologue.» On ajoute, par bonne mesure : «Quelqu’un qui n’a pas peur du travail.» c’est vraiment aussi simple ?…
Nigel Belbin produit une analyse du travail de groupe qui s’est imposée dans le monde industriel. Décrivons-là . Le point de départ porte sur un constat à première vue étonnant. Quand vous unissez dans un groupe de travail des gros quotients, le résultat déçoit [1]. Ces esprits brillants veulent d’abord établir leur supériorité cérébrale. L’énergie sert alors à la guerre des intellects, et fort peu à la solution de problèmes.
Par l’observation de divers groupes expérimentaux, l’équipe de Belbin en est venue à dégager neuf types de travailleurs. Cette conclusion s’est avérée une constante dans les groupes de vérification. Considérons ces types, en précisant leur nature, qualités et défauts.
- 1.    LE CRÉATEUR. Balbin l’appelle «Plant». Au sens où ses premiers travaux avec des groupes expérimentaux manquaient de bonnes idées à moins de «planter» un créateur dans le groupe. Souvent «dans les nuages» pour les travailleurs conventionnels, il apporte facilement des idées fécondes à l’entreprise. La pensée d’Einstein «Think out of the box» semble avoir été créée pour lui. Il faut néanmoins leur établir un environnement où ils ne se sentent ni rejetés ou considérés comme une bizarrerie tolérée avec un soupir trop facilement perçu. Si la majorité des travailleurs de l’entreprise est trop terre à terre, il pourrait arriver que le créateur dérègle le fonctionnement de l’entreprise. C’est alors que celle-ci n’a pas suffisamment de ressources adaptatives pour progresser vraiment.
- 2.    LE SURVEILLANT ÉVALUATEUR (Monitor Evaluator). Monsieur Analyse en personne. S’empare des intuitions du créateur et les soupèse sous tous les aspects.On ne lui en passe aucune. Il est très valable pour l’entreprise parce qu’il ne se laisse jamais embarqué dans le chariot des émotions. Sa tête est toujours claire. Monsieur Analyse, Monsieur Objectivité.
- 3.    LE COORDINATEUR clarifie les objectifs, amène l’équipe à prendre les décisions et a le tour de trouver le meilleur poste pour chacun. Il saisit intuitivement les débalancements dans le groupe, les excès potentiels, les irritations. Il est naturellement calme. Un subtil, le coordinateur. C’est un président naturel. À tout le moins, quelqu’un qui devrait siéger au conseil d’administration.
- 4.    LE CONCRÉTISEUR (implementer). On remarquera que le trio précédent n’a encore rien fait de concret. L’équipe a donc besoin d’un réalisateur. Le concrétiseur travaille méthodiquement. Il s’acharne à mener le projet complètement à terme. Sans être la lumière de l’équipe, il compense par son cœur à l’ouvrage. Plusieurs membres d’une équipe ont tendance à ne faire que le boulot qui leur plaise, quitte à laisser de côté discrètement des aspects moins intéressants de leur tâche. Pas le concrétiseur : il abat tout le boulot qui lui est imparti, intéressant ou pas.
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Une équipe complète comprend cinq autres types. Nous les aborderons dans le prochain article.
L’essentiel, pour le moment, consiste à comprendre que toute réalité humaine, aussi mystérieuse et ineffable soit-elle, ne peut se révéler utilement que par une réflexion de qualité. Voilà l’apport de Nigel Belbin, et voilà pourquoi le monde industriel le porte à bon droit en si haute estime.
[1] Voir l’article de Vicki Herd, Mensa Canada, novembre 2012 et janvier 2013.
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