Montréal

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Nous croyons tout comprendre, hélas.

23-01-2013

Nous croyons tout comprendre, hélas.

       La Chronique d’Éric E.G. NOGARD                  

 

« Un Riche, ça se fait aisément à partir de celui qui sait se priver.

 

Il suffit de l’entourer de gens qui n’ont jamais assez de ce qu’ils ont. »

 

***     ***     ***

 

Comment ne pas comprendre que chacun veuille avoir son portable haut de gamme, son antenne parabolique, sa superbe voiture, sa belle piscine et sa belle maison.

 

N’est-ce pas le moins que l’on puisse comprendre.

 

 

Comment ne pas comprendre que pour Noël, chacun ait son sapin tout couvert de cadeaux et joujoux, sa cave regorgeant de champagne, son frigo débordant de caviar, de foie gras, de magret de canard, de civet de lapin, de ris de veau, de souris d’agneau, de cuisseau de cabri, de jambon de Bayonne, de liqueurs, chocolats, nougats de Montélimar, sans compter le filet de saumon, et ceatera.

 

Comment ne pas comprendre cela.

 

 

Cependant, il y a hélas, ce qu’on ne comprend pas.

 

Ainsi,

 

–       Qu’un enfant n’ait pas eu son joujou et en soit plus malheureux que d’être lâché par sa maman dans une crèche, aux bons soins d’une tatie qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam.

 

Nous n’en revenons pas.

 

Il est vrai que nous avons été gâté d’avoir toujours eu notre maman et très peu eu de jouets, les uns ayant si peu de sens pour nous, dès que l’autre est là.

 

–       Qu’on puisse se contenter d’un bifteck-frites et d’une orange puisque c’est la Saint-Sylvestre et parce qu’il y a bombance chez le voisin, cela paraît inouï et même criminel.

 

D’autant plus inouï et criminel qu’il y a ceux qui osent affirmer (nous en sommes) que souvent ils se sont contentés de frites ou de pâtes, sans bifteck ni pomme et se sont bien portés, disant Merci au Ciel dans leur Bénédicité.

 

N’est-ce pas faire injure à notre Créateur de récriminer après un joujou quand nous avons le boire et le manger, peu important le superflu, la farce aux marrons.

 

–       Qu’on puisse se passer de chanter, de danser, de produire des « albums », de se rendre en soirée chez Maxim’s, sous peine de manquer d’air, de manquer d’art, de manquer de raison, d’être heureux et de montrer sa joie.

Comme si les problèmes de l’Éducation, de l’Instruction et de l’Emploi ne devaient venir au premier rang de nos soucis, bien avant en tout cas le superflu qui fait que nous puissions dire à qui veut, en nous rengorgeant : « m’as-tu vu » !

 

–       Que surtout, hormis ceux qui, sans gagner des mille et des cents savent épargner leurs billes, il y ait tant de riches, tellement nous sommes « affamés » de voiture, de bateau, de piscine, de villa, de champagne, nougats et chocolats, dindes farcies et chapons truffés juste pour soi-même, les collectes de jouets « pour les pauvres » nous tenant lieu de bonne conscience, surtout quand, pour les donner à qui, nous ne cessons de quémander « Donnez-nous un petit sou que nous jouions les Père Noël ».

 

 

Attrape-t-on la malemort pour être de ceux-là :

 

  • qui jeunent quand d’autres se goinfrent,

 

  • Qui réfléchissent et imaginent quand d’autres font la fête pour après prendre leur pied, eux repus, s’allongeant sur la plage, écartant les orteils ou se balançant dans leur hamac, à l’ombre des cocotiers.

 

 

C’est qu’un riche, ça se fait, moitié par les contraintes auxquelles on s’astreint, moitié par l’addiction aux jouissances dans laquelle se complaisent les autres.

 

Comme quoi, nous comprenons tout, sauf comment il se fait qu’il y ait des riches et des pauvres, surtout quand les tricheurs, les Brigands, et leur Gagnant-gagnant, Donnant-donnant, trouvent des souteneurs pour les couvrir, même quand il arrive qu’on les prenne « la main dans le sac », évidemment.

 

Remarque : Nos chroniques expriment l’opinion de « Martinique Province Française », un Mouvement Français dont la consistance se confirme de jour en jour.