Montréal

Nouvelles

Des Louanges ou le Pain !..

13-11-2012

Des Louanges ou le Pain !..

         Par Éric E.G. NOGARD                          

 

« Nous avons dit un jour que seul Harry BAUR pouvait être Jean VALJEAN.

 

Imaginons aujourd’hui l’actuel DEPARDIEU dans le rôle de José dans Carmen.

 

Imaginons la sémillante BARDOT dans celui de Carmencita.

 

Demandons-nous le pourquoi du succès de « Dieu créa la Femme ».

Pourquoi le Bossu Quasimodo a imploré le Prince LUCIFER.

Pourquoi le bon vieux Docteur FAUST a vendu son âme à MÉPHISTO.

Pourquoi le neveu du « Papé » s’est pendu pour Manon des Sources.

Pourquoi José NAVARRO usa comme il l’a fait de son couteau.

En vérité, n’y-a-t-il pas un âge pour chaque rôle.

N’est-ce pas à son anthèse que la fleur ensorcelle ».

 

***     ***     ***

 

Il fut un temps ou ici on entendait :

 

« La Bourse ou la vie !.. »

 

Quand là c’était :

 

« Stand Still or die !.. »

 

A moins que ce ne soit :

 

« La Bolsa o la vida !.. »

 

Cependant, nous sommes en Martinique quand

Nul n’ignore que la Martinique est une Île,

Dont la Spécificité première est d’avoir ses spécificités.

 

Que l’Afrique produise du Diamant, soit.

Que l’Arabie fasse couler le pétrole, passe.

Que l’Amazonie soit verte de forêts, qu’importe,

La Martinique a ses spécificités et c’est là ce qui compte.

 

Qu’ici on vous lance « la bourse ou la vie »

Que là vous entendiez « Stand still or die »

Qu’ailleurs on vous menace « La bolsa o la vida »,

En Martinique on vous mettra en garde sans jamais

Vous le faire entendre « Des Louanges ou le Pain ».

 

C’est ça l’une des Spécificités Martiniquaises, notamment dans le domaine artistique.

 

En conséquence, dans l’expression de la critique, des louanges sine qua non.

 

Autant dire une condamnation, pour l’Art ou pour le sens critique, that is the very question.

 

 

Et cela nous conduit à parler de « Carmen », cette nouvelle de Prosper MÉRIMÉE, le mentor d’Eugénie de MONTIJO, épouse BONAPARTE, petite fille de Joséphine TASHER De La PAGERIE, épouse BEAUHARNAIS, puis épouse BONAPARTE, née aux Trois Îlets de la Martinique.

 

« Carmen », cet Opéra-Comique inspiré à Georges BIZET, ce virtuose dont le Génie s’est déjà révélé à travers sa Symphonie en « ut » majeur comme dans son « Arlésienne » bien connue d’Alphonse DAUDET.

 

 

Nonobstant ses nombreuses interprétations cinématographiques ou théâtrales à travers le Monde, nous jetterons notre regard sur la projection de Carmen proposée par les salles cinématographiques Élizé : le film d’un Opéra.

 

Nous l’avons trouvé bien interprété, néanmoins anachronique et cher.

 

 

  • La baignoire nous a régalé.

 

Un Chef à la hauteur, un authentique Maestro.

 

Sous sa baguette, flutes traversières et hautbois, clairons, tambourins et violons ont été merveilleux dans leur interprétation, notamment dans « Je t’aime, prends garde à toi », « La fleur que tu m’avais jetée », « Toréador en garde », « l’amour n’a pas de Loi », « Revoir mon beau village ».

 

Oui, mon village en ce beau Pays Basque, cette belle Province de Navarre dont notre Joséphine fut la Duchesse tout comme le Vert Galant en fut le Roi.

 

  • Décors et assistants se sont révélés sans reproche, Cécil B. De MILLE n’eût pas mieux fait à moins d’être un prodige.

 

  • Les Comédiens – dont hélas nous ne nous rappelons pas les noms – se sont surpassés, tant dans leur jeu que dans le rendu de leur voix.

 

 

Malheureusement, il y a un âge pour être ou la Carmen de MERIMÉE-BIZET, ou la Esméralda de Victor HUGO, ou la Manon des Sources de Marcel PAGNOL.

 

A l’âge de ces talentueux Comédiens, Carmen, Esméralda et Manon avaient depuis longtemps rejoint le paradis, sauf à reconnaître que Manon était mariée.

 

Le Feu de Certaines Passions, le Tumulte de certaines Pulsions, les Ravages de certains Sentiments son d’un âge, pas d’un autre.

 

A moins d’être de leur âge, nul ne peut faire et réussir que du Re-Chauffé et quelque part, de l’artificiel.

 

On n’enflamme pas le spectateur, on ne subjugue pas le témoin.

 

On fait du « bien joué, c’est tout ».

 

 

  • Quant au prix des tickets, Vingt Euros, est-ce juste.

 

Nous aimerions bien le croire.

 

 

Un Film s’achète une fois pour toutes et d’ailleurs, sa réalisation se paie une fois pour toutes.

 

S’agissant d’un Opéra, pour chaque représentation, il faut payer de A à Z, depuis le décor, les figurants, les « machinistes et les Comédiens, jusqu’à ce qui se fait derrière le rideau après qu’il soit tombé.

 

Bref. Pour la Scène, chaque fois il faut payer.

 

Pour l’Écran, on ne paie qu’une fois.

 

Dans le cas qui nous occupe et qui consiste en la projection filmée d’une pièce jouée et donc rémunérée en soi, le tarif de Vingt Euros nous semble démesuré.

 

Nous aimerions nous être trompé.

 

Dans l’ordre décroissant des Coûts du ticket nous voyons l’Opéra, le Film et le Film de l’Opéra.

 

 

De toute façon, nous savons le sort qui nous attend.

 

Il n’est pas celui de Carmen qui hélas s’est exprimé en trois mots « Amor O muerte ».

 

Aussi, comme Carmen accepta le sien, nous consentirons au notre :

 

« Pas de Louanges, Pas de Pain ».

 

 

Subsidiairement.

 

Cette pièce a été jouée en Angleterre, comme l’indiquent l’emblème de la Royauté Britannique (le Lion et la Licorne coiffés de la Couronne) et le Monogramme ER =  Elizabetha Dei Gracia Regina = Elizabeth Reine = E.R.

 

 

« La Brigitte BARDOT de Vingt ans n’aurait eu qu’à paraître pour qu’on s’ébahisse subjugué « OH ! Carmen » !..  

 

Celle d’aujourd’hui aura beau faire qu’elle ne sera pas Carmen car il est un âge pour toute chose ».

 

Remarque : Nos chroniques expriment l’opinion de « Martinique Province Française », un Mouvement Français dont la consistance se confirme de jour en jour.

N.B. :

Le Tourisme Martiniquais ne gagnerait-il pas à s’informer auprès de la Navarre de la présence de sa Duchesse Joséphine de BEAUHARNAIS.

Il est vrai qu’à voir sa statue sur la Place de la Savane de Fort-de-France, il faudrait du culot pour cela.