Montréal

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Dangerous Ways to Go.

12-06-2012

Dangerous Ways to Go.

Par Éric E.G. NOGARD

 

« Savoir tourner la page, chacun portant sa Croix,

N’est pas donné à tous, peu de gens y sont prêts :

Si les uns s’y résignent, s’ils consentent à ce choix,

D’autres pour une rançon sont toujours aux aguets. »

 

***     ***     ***

 

Pour n’y être jamais allé, nous ne pouvons pas dire comment se passent les choses au Paradis des Cieux.

 

Pour ce qui est du Tartare, nous savons par ouï dire que par des Chiens Cerbères il est fort bien gardé.

 

En revanche Ici-bas, nous ne savons que trop à quoi nous en tenir, attendu qu’Ici-bas, même par le trou de la serrure, tout peut vous arriver, sans votre consentement.

 

 

C’est comme le froid sournois qui vous fait éternuer, surtout par bonne grippe, bien que de votre mieux vous ayez pris grand soin de tenir clos, portes et fenêtres de votre logis.

 

Et c’est ainsi que notre bavarde de plume peut, non pas vous dire, mais vous inviter : elle préfère ne rien dire aujourd’hui, elle fait d’aujourd’hui, son jour d’invitation.

 

Aucun risque pour votre Bourse, on peut entrer chez-nous sans « graisser le marteau », c’est comme pour nos chroniques, c’est la Princesse qui Paie.

 

Il s’agit enfin d’une invitation à suivre dans votre imagination, les voies que peuvent prendre la Capture, la Contrainte, et d’en faire si possible l’Anatomie et la Physiologie comparées, voire d’en étudier l’Esprit.

 

 

Capture, Contrainte, Horreur, différences, ressemblances, conclusion.

 

Qu’il s’agisse d’un Esclave des champs de canne à sucre ou d’un champ de Coton, qu’il s’agisse d’un Travailleur des Mines, ou d’une personne crédule, assez crédule en tout cas, pour frapper à mauvaise porte.

 

Que ces cas nous soient connus peu ou prou, ou que nous cherchions à les envisager sans parti-pris aucun, n’est-ce pas un peu ça la démarche objective, l’esprit scientifique, l’esprit transcendant.

 

 

Dans lequel de ces cas, n’y-a-t-il pas capture et, en matière de capture, n’y-a-t-il de différence que dans le procédé :

 

–       ou physique comme la glu, la fosse, la trappe ;

 

–       ou physiologique comme la faim, l’incitation à la faim, le leurre d’un régal ;

 

–       ou moral, par exemple, la recherche d’un refuge, le devoir à accomplir, le besoin d’une place au Paradis.

 

N’est-ce pas bien vrai qu’une Capture est une Capture.

 

Est-il faux de dire qu’une fois Capturé, on est pris bel et bien.

 

Choisit-on de se faire capturer.

 

S’échappe-t-on sans un p’tit brin de chance.

 

 

Que ce soit enchaîné, que ce soit entre des barreaux, que ce soit en liberté surveillée, dans la mesure où la liberté surveillée n’est l’apanage, ni que de la Police, ni que de la Justice car on ne sait jamais quel œil vous épie.

 

Même l’Excommunication, n’est-elle pas une Forme de Capture.

 

Le propre de l’Homme n’est-il pas de naître pour se faire Capturer et pour Mourir.

 

 

Et la Contrainte, dans ce décor.

 

Peut-on s’expatrier – il n’est pas dit faire du tourisme – sans y être contraint.

 

Le Super Diplômé quitte-t-il son Pays sans y être contraint par le manque d’Emploi.

 

Plonge-t-on à des centaines de mètres, au fond de la Mine de Charbon, pour le Confort des autres, sans y être contraint, vu qu’on a charge d’âmes.

 

Se ferait-on piéger par certaines « Sociétés » ou même par son prochain si l’on s’était douté qu’il puisse vous sortir le cerveau de la tête pour vous utiliser comme des Zombis qui se meuvent entre l’État de la Matière Inerte et l’Ėtat animal, toujours sous la peur, le chantage ou l’hypnose.

 

 

Et, volontaire ou pas, et, subie par ignorance, par faiblesse ou par nécessité, une Contrainte n’est-elle pas un Cachot, une Chaîne.

 

De même, une situation de guerre, ne concerne-t-elle pas également et les jeunes, et les vieux, et les militaires, et les Civils, et les Hommes, et les Femmes, et les Bleus, et les Blancs, et les Rouges.

 

Il n’est que de considérer ce qui se passe en cas de Guerre, quel qu’en soit le Casus, quel que soit le Pays, d-s-lors qu’un obus vous pète dans les pattes.

 

Le porteur d’armes est-il plus exposé au danger que les bébés au berceau où les vieillards au grabat.

 

Le porteur d’armes n’est-il pas plus protégé, son fusil à l’épaule, sa gamelle sur le dos, son bidon au côté, son repas assuré quand les autres n’ont ni arme, ni bagage et crèvent souvent de faim.

 

 

Comment parler de Contrainte avec les larmes aux yeux ou toutes médailles pendantes sans un vice inavoué ou sans hypocrisie, pour en tirer profit.

 

Capture, Contrainte, Horreur, c’est tout ce qu’il faut dire, sans verser une larme, sans se croire plus lésé que celui d’à côté.

 

Comme on le voit, il y a ici-bas des voies très dangereuses dans lesquelles s’engager.

 

Cependant, chaque fois qu’il le faut, on doit avec courage faire entendre sa voix, car, après tout, la vie n’est faite que de Dangerous Ways to Go.

 

Remarque : Nos chroniques expriment l’opinion de « Martinique Province Française », un Mouvement Français dont la consistance se confirme de jour en jour.